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Un peu de folie!

6 janvier 2006, 20:00

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Les analyses du Fonds monétaire international ne sont certes pas paroles d?évangile. Elles sont surtout fondées sur les dysfonctionnements des politiques économiques par rapport à la toute puissance du libéralisme. Cela dit, elles ont le mérite de dresser le cadre dans lequel fonctionnent les économies modernes. C?est à ce niveau qu?il faut poser la question pour Maurice: sommes-nous une économie moderne ? Les premiers balbutiements des secteurs des services et des technologies de l?information augurent une ère de renouvellement. Cela peut être source d?espoir. Mais les limites en termes de ressources humaines et financières constituent de véritables pierres d?achoppement à un développement rapide de ces secteurs. Que faire en attendant?

On parle de consolidation des secteurs traditionnels. De programmes de soutien aux nouveaux projets. Mais surtout de «hub», de «hub» et de «hub»? S?il est vrai que ces projets peuvent se révéler viables, il n?en demeure pas moins que, seuls, ils ne sauveront pas l?économie mauricienne. Il faut autre chose.

En fin de mandat, l?ancien gouvernement avait annoncé le projet de faire de Maurice une île hors taxes. Une annonce qui avait suscité un certain espoir. Aujourd?hui, ce projet, même s?il est repris par l?actuel gouvernement, a perdu de son allure d?une grande ambition susceptible de donner un coup de fouet à l?économie mauricienne. Ce n?est plus en tout cas la priorité des priorités du gouvernement de l?Alliance sociale. Un choix légitime mais qu?il lui faudra compenser en identifiant un nouveau projet capable de générer espoir et confiance auprès de la population. Car c?est bien de cela qu?il est question.

Il ne s?agit ni de se livrer aveuglément aux forces du marché ni de confondre social et assistanat. Deux grandes tentations de ce gouvernement où les oppositions de styles et de convictions sont flagrantes. Tentations qu?il devra écarter pour se consacrer à l?essentiel. Il est évident aujourd?hui que le sucre et le textile sont des promesses qui n?engagent que ceux qui veulent encore y croire. Non pas qu?il faut y renoncer mais simplement les ramener à leurs justes proportions. L?exploration de nouveaux secteurs étant un processus long et pénible, il importe désormais de proposer une initiative qui garantit à la fois l?apport des investissements étrangers directs et la création d?emplois. Mais toute nouvelle initiative ne s?avérera rentable que si les dépenses publiques sont réduites et si le monde concurrentiel redécouvre le plaisir d?un investissement qui tend dans le sens de la diversification de ses activités.

Cet éventuel nouveau partenariat gouvernement-secteur privé, continuellement à l?ordre du jour, ne peut être effectif qu?avec une pleine participation de la société civile. A ce titre, les discours d?intention n?ont plus de sens. Il ne sert à rien de dire à la population qu?elle doit faire des efforts. Ce sont de sempiternelles exhortations qui font paradoxalement de la population un sujet passif. Alors qu?aujourd?hui, il importe surtout de s?adresser à elle pour qu?elle reprenne confiance en elle-même. Une confiance qu?elle a perdue en partie à cause de l?infantilisation dans laquelle elle a sombré avec la promesse que l?Etat allait pouvoir combattre tous ses malheurs.

C?est en ce sens que les dirigeants politiques, sociaux et économiques pourraient ?uvrer. La réussite de toute nouvelle initiative dépendra de leur capacité à sortir des grilles de fonctionnement usées. Lorsque la raison nous enracine dans une certaine platitude, il faut un peu d?étincelles, voire de folie, afin de créer une nouvelle impulsion. C?est maintenant que les décideurs devront en faire preuve.

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