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Un nombre record détecté
Le nombre record de cas de dopage détectés lors de ces Jeux constitue aux yeux du président du Comité international olympique (CIO), Jacques Rogge, un succès qu’il a attribué à la politique de “tolérance zéro”. Quantité mais aussi qualité sans précédent du coup de filet avec six médaillés, dont deux d’or, dépouillés de leur trophée après avoir été pris en flagrant délit de tricherie.
Si réserve il y a, elle tient à la faible notoriété des réprouvés et, surtout, au fait que rien n’ait été révélé concernant, notamment, la capacité de détection du dopage à l’hormone de croissance (HGH) ou à l’hémoglobine de synthèse. Le CIO avait expliqué que ses éventuels progrès en la matière ne seraient révélés qu’avec l’annonce du premier cas qu’il dénoncerait. Le coup d’éclat espéré n’est pas venu. Faute de dopés ou faute de preuves pour les condamner ? Le mystère officiel demeure mais nul ne semble douter de la réponse.
Pour les premiers Jeux d’été disputés depuis qu’il a accédé, en 2001, à la présidence de l’institution olympique, le président Rogge s’est félicité que, comme il l’avait anticipé, “plus de vingt (24 exactement) tricheurs” aient été démasqués alors que, depuis la mise en place des contrôles antidopage aux Jeux, en 1968 à Mexico, le nombre de dopés repérés n’avait excédé la dizaine qu’en 1976 à Montréal (11).
Que l’image des Jeux ait pu être polluée par les annonces quotidiennes de nouveaux cas n’a pas ébranlé le chirurgien de métier qu’il est. Il considère qu’il faut trancher dans le vif et sait que cela peut, d’abord, être douloureux. “Chaque cas positif est au contraire une bénédiction. Plus il y a de contrôles positifs, plus on gagne en crédibilité”, a-t-il assuré.
L’analyse de la liste des condamnés et des produits ou méthodes utilisés donne toutefois à penser que, si la nasse est pleine, le fretin est menu quant aux enseignements à en tirer sur l’évolution du dopage tout autant que sur celle des moyens de le réprimer.
Les grandes nations épargnées</B>
Alors que l’antidopage avait marqué un point lors des JO d’hiver de Salt Lake en confondant les adeptes d’un dopant de nouvelle génération, la Nesp (darbopoïétine alfa), ceux d’Athènes n’ont mis en vedette que le stanozolol, un anabolisant datant des années 80, celui dont avait, par exemple, usé le Canadien Ben Johnson aux Jeux de Séoul en 1988.
À l’exception de trois Russes, aucun athlète des dix nations les mieux classées au tableau des médailles ne figure parmi les réprouvés. La plupart des contrevenants sont des ressortissants de l’ex-bloc de l’Est ou de pays en voie de développement qui ont hérité d’entraîneurs formés à l’école du dopage d’État.
La rocambolesque aventure de Costas Kenteris, le plus célèbre athlète grec (médaillé d’or du 200m des JO-2000) et de sa compatriote Ekaterini Thanou (2e du 100m dames à Sydney) a largement occupé la scène médiatique mais s’est terminée en queue de poisson. Eux que la rumeur désigne comme très en pointe en matière de dopage, n’ont même pas été contrôlés, ayant préféré renoncer aux Jeux plutôt que de risquer d’être démasqués.
À défaut d’arme de répression absolue, le CIO n’exclut pas de faire le ménage par le vide dans les sports qui ne parviendraient pas à faire entendre raison à leurs pratiquants. Lors de la session du CIO qui a précédé l’ouverture des Jeux, le président Rogge a fait adopter une liste d’une trentaine de critères qui, en juillet 2005, serviront à examiner chacun des sports, chacune des disciplines inscrits au programme des Jeux et juger s’il convient ou non de les y maintenir.
L’un des critères, certainement pas le moindre, est l’engagement de chacune des fédérations concernées dans la lutte antidopage ainsi que les résultats dont elle peut faire état dans ce domaine. Les moins déterminées ou les plus impuissantes risquent fort d’être exclues. Une menace qui devrait faire réfléchir celles, et elles sont nombreuses, qui ont un besoin vital de la manne olympique pour survivre.
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