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Un homme d?affaires se dit ?harcelé? par le ministre Soodhun

21 septembre 2004, 20:00

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Il a klaxonné, la semaine dernière, parce que la voiture d?un ministre lui barrait la route et il en paie les conséquences. C?est du moins ce que raconte A.M. (nom fictif), un homme d?affaires qui se dit ?harcelé? par Shawkutally Soodhun. Celui-ci nie.

Les bureaux de la victime alléguée se situent à rue Saint-Louis, à proximité de la Victoria House, bâtiment abritant les départements du ministère du Travail. L?histoire en trois actes.

Mercredi, 9 heures. L?homme d?affaires, en voiture avec son épouse et sa fille, s?engage dans la rue Saint-Louis. Une grosse cylindrée s?est arrêtée au milieu de la voie. Il patiente, puis klaxonne ?une seule fois?. La BMW démarre. Alors qu?il gare sa voiture, à l?arrière de la Victoria House, deux policiers s?approchent pour dresser une contravention contre lui. Pour A.M. la raison motivant la contravention est qu?il avait klaxonné. Il argue que le fait de klaxonner n?est pas un délit en soi. ?Ils m?ont précisé que c?est le ministre qui voulait qu?il en soit ainsi et que je devrais l?accepter ?, raconte A.M. Il a droit à une mise en garde : aucun klaxon à l?avenir.

Interrogé, le ministre du Travail rejette les allégations. Il dit être témoin que A.M. a refusé de donner son nom et qu?il a ?insulté les deux policiers?. ?Tout le monde a été témoin, notamment mon planton et mon garde du corps. Il a eu des démêlés avec la police et il se sert de moi comme bouc émissaire. D?ailleurs, ces deux policiers ne sont pas attachés à mon ministère, mais sont affectés aux Casernes centrales. Il y a trois affaires contre le monsieur : refus de donner son nom, insulte aux policiers. Pour le troisième délit, je ne sais pas.?

Le lendemain,16 septembre. La routine, à un détail près. A.M. dit avoir vu le ministre le suivre jusqu?au siège de son entreprise. Version de Soodhun : ?C?est faux. Je le connais. Je sais où il travaille. Cela fais trois ans que mon bureau est à la Victoria House?.

Acte final. Lundi après-midi, l?homme d?affaires reçoit un appel du ministère du Travail. Un inspecteur l?informe de sa visite dans ses locaux. Le lendemain, il débarque, vérifie les fiches salariales des employés, les interroge et s?en va. Rien de compromettant à signaler, indique le comptable. ?En 16 ans d?existence, je n?ai jamais reçu la visite d?un inspecteur du Travail. L?incident est grave. Le ministre ne peut s?arroger des droits du commissaire de police, ou abuser de ses pouvoirs pour harceler les entreprises. Dans mon cas, cela n?a été qu?un coup de klaxon.?

Version du ministre : la visite de l?inspecteur est en prélude à un texte de loi relatif au secteur d?opération de l?homme d?affaires. ?C?est un travail qui a démarré auprès de toutes les agences concernées, un exercice de routine, nécessitant la collaboration de ceux concernés.?

Soodhun affirme être prêt à témoigner dans cette affaire ?d?injures aux policiers?. ?S?il y a une offense, qu?il me poursuive.? Mais A.M. estime que poursuivre la polémique lui porterait préjudice. Il a néamoins averti le bureau du Premier ministre.

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