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Un an après le “non” , l'Europe reste en panne
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Un an après le “non” , l'Europe reste en panne
Un an après les “non” français et néerlandais à la Constitution européenne, l'Europe reste embourbée dans une crise d'identité sans précédent et sans perspective de sortir de l'ornière dans un avenir prévisible.
Les ministres des Affaires étrangères des Vingt-Cinq se retrouvent samedi et dimanche dans un monastère autrichien pour évaluer la situation lors d'un exercice dont on attend peu.
Quand les ministres achèveront leur réunion monacale, les militants fédéralistes de Jeunes Européens France ont d'ailleurs prévu de manifester à Paris tout de noir vêtus pour commémorer leur "deuil" de la Constitution à la veille du 29 mai. Un an plus tard, la crise est multiforme.
Malgré les promesses des partisans du “non”, qui prédisaient qu'un “plan B” était prêt dans les tiroirs des gouvernements en cas de défaite, aucune initiative de ce type n'est visible. “En un an, il ne s'est rien passé”, a déploré mardi un des candidats socialistes à l'élection présidentielle, Dominique Strauss-Kahn, partisan du "oui", sur les ondes de France Inter.
Même si le jugement est peut-être trop sévère – un accord sur le financement de l'UE jusqu'en 2013 a ainsi été conclu en décembre dernier –, il est réaliste sur le plan institutionnel.
Quinze pays ont désormais ratifié la Constitution et la Finlande devrait suivre dans les semaines à venir, maintenant ce texte artificiellement en vie dans l'espoir de le ressusciter en tout ou en partie lorsque le contexte sera meilleur.
Il s'agit d'attendre le renouvellement des exécutifs français et néerlandais au printemps 2007, mais cela ne résout pas la question fondamentale: comment faire revoter en France et aux Pays-Bas et comment convaincre des pays comme le Royaume-Uni et la Pologne d'organiser des référendums suicidaires?
Mais ses principales propositions - harmonisation fiscale et sociale préalable à tout nouvel élargissement - sont soutenues par une poignée de pays de l'Union européenne à peine, tous les nouveaux et la plupart des anciens y étant opposés.
“C'est typiquement une proposition française”, ironise un diplomate espagnol. “Fabius n'a pas compris que le centre de gravité de l'Union européenne n'est plus en France”.
La Commission européenne et la France en ont pris leur parti et tentent de faire fonctionner “l'Europe des projets”, notamment dans le domaine de l'énergie, tout en faisant entrer en vigueur quelques améliorations prévues par la Constitution.
"Commençons à regarder quelles sont les améliorations qui sont déjà possibles", a récemment déclaré la Française Catherine Colonna, ministre déléguée aux Affaires européennes.
Mais en faisant cela, par exemple en accordant aux parlements nationaux un droit politique de veto sur ses propositions, une des clauses les plus importantes de la Constitution pour eux, la Commission leur donne une raison de moins de ratifier ce texte qui les dépouille de pouvoirs.
Pour le chef des socialistes au Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, Barroso envoie ainsi un "signal fatal" de la mort de ce texte alors que "le président de la Commission, plus que tout autre, devrait se battre pour la Constitution".
D'autres critiquent l'exécutif européen pour sa timidité, puisqu'il se retire complètement du champ institutionnel.
Bref, la cacophonie la plus totale règne sauf, peut-être, sur un point: le Parlement et la Commission de l'UE, ainsi que de nombreux Etats membres, France en tête, sont désormais beaucoup moins pressés d'élargir l'Union aux Balkans.
"Avec des citoyens européens apeurés par l'intégration européenne, le monde des affaires craint que des éléments fondamentaux de l'UE comme le marché unique, la monnaie unique ou la politique commerciale commune puissent être remis en question et remplacés par une conception étroite des intérêts nationaux", a-t-il déclaré la semaine dernière.
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