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Un adolescent battu par des policiers

27 août 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Un homme accuse un adolescent de 15 ans d?avoir volé un portable. Mais il va d?abord à la police et ne demande pas de confrontation avec le garçon. Les policiers appellent ce dernier et lui demandent de se rendre au poste. Là, les policiers frappent le mineur à coups de matraque, lui donnent des coups de pied et des coups de poing. Et ce, en l?absence de ses parents. C?est du moins ce que prétend l?adolescent.

L?affaire remonte au 19 août. L?adolescent, Mohammed Hoota, est un étudiant qui travaille à temps partiel pendant les vacances. C?est son patron qui appelle la police en l?accusant d?avoir volé un portable à l?insu de ses parents. Au poste de Mahébourg, Mohammed est référé aux officiers de la CID qui, d?après lui, le battent. «Lor so ledo, lor so talon ek so derier. Apre zot finn apiy li ek miray ek zot finn tap li 2 kout pie lor so lestoma? », écrit son père, dans une lettre adressée à la ministre du Bien-être de l?enfant, Indira Seeburn.

Choquée, la ministre a rencontré le père de l?adolescent et a appelé le commissaire de police pour « condamner cet acte très grave ». Elle a aussi contacté Rama Valayden, le ministre des Droits humains, qui reçoit le père de la victime ce matin, à son bureau. Dès lundi, une plainte sera aussi logée à la commission des droits de l?Homme.

Le père, Abdool Hoota, est révolté, « mo leker fermal ». La mère, elle, est « inconsolable». Les policiers mis en cause auraient, par la suite, appelé Mohammed Hoota pour lui demander de retirer sa plainte, ajoutant qu?en échange, ils abandonneraient l?affaire du portable volé. Ils auraient entrepris cette démarche après avoir appris que le père avait été à la police de Rose Hill pour se plaindre. Mais le père est déterminé à agir « pou ki sa na pa ariv lezot zenfan».

Cette affaire est parvenue aux oreilles de la ministre par l?intermédiaire d?un officier de son ministère. Ce dernier avait vu l?enfant au poste et la mère lui aurait tout raconté. L?officier, un dénommé Nunkoo, a emmené l?enfant, accompagné de sa mère, à l?hôpital où il a pu être examiné. C?est là qu?une Form 58 a été remise à la mère car au poste, le document lui aurait été refusé. Le ministère a aussi mis les services d?un avocat, Me Joy Beeharry, à la disposition du père. Cet avocat est le conseiller légal du ministère des Droits de la femme et du bien-être de l?enfant.

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