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Téléphonie internationale : les tarifs en baisse
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Téléphonie internationale : les tarifs en baisse
Chez les compagnies de téléphonie internationale, la compétition devient de plus en plus rude. A tel point que l?on tire déjà la sonnette d?alarme et qu?on crie à l?asphyxie. De Rs 24 la minute il y a un an, les tarifs sont passés à un minimum de Rs 6. Pourtant, trois opérateurs : Emtel, Hotlink et IBL préparent leur arrivée sur le marché le mois prochain, à l?instar d?Outremer Telecom (OT) qui a fait son entrée cette semaine.
OT, qui opère à Maurice sous le nom City Call, propose des tarifs de Rs 6.50 la minute à monter pour les principaux marchés tels que la Grande-Bretagne ou la France. Chaque abonné pourra également appeler vers l?étranger de son portable aux mêmes tarifs à travers le service mobi+. Il lancera, en outre, son service de cartes prépayées « Alo » le 22 mai.
Depuis l?arrivée de Mauritel (avec Worldcard), premier concurrent de Mauritius Telecom (MT) sur le segment de la téléphonie internationale, en décembre, les prix n?ont cessé de dégringoler. Pendant plusieurs mois, Mauritel et Data Communications Ltd (avec Easicall) se sont senties comme des poissons dans l?eau. Leur principal concurrent, MT, ne pouvait, avec son service de téléphonie classique, rivaliser avec leurs tarifs avantageux. Et pour cause. En commercialisant la téléphonie par Internet (Voice over IP), ils ont trouvé le bon filon : un type de téléphonie peu cher et donc commercialisable à un tarif encore inédit. Avec des tarifs débutant à Rs 6.50 la minute pour les principaux marchés, MT était mise hors jeu.
Il serait cependant naïf de croire que la compagnie, de loin la plus profitable du pays, allait rester les bras croisés. Et le 1er avril dernier vint la riposte redoutée. En jouant sur le même terrain que ses concurrents : la téléphonie par Internet, MT frappe un grand coup. Elle propose des prix commençant à Rs 6 la minute à travers son service de cartes prépayées SEZAM. Une riposte que les nouveaux entrants n?apprécient guère.
«SITUATION MALSAINE»
« La situation est devenue malsaine. L?on ne peut parler de libéraliser le marché, laisser des opérateurs investir massivement pour après laisser MT nous casser les reins. Si ça continue, la libéralisation sera un grand flop », s?insurge Ganesh Ramalingum, directeur exécutif de Data Communications Ltd. Pour pouvoir maintenir la compétition avec MT, il a récemment soumis une nouvelle grille de tarifs à l?Information & Communication Technologies Authority (ICTA). Il y propose les principaux marchés tels que la Grande-Bretagne et la France à partir de Rs 5 la minute.
Kenneth Yip Tong, patron de Mauritel, n?est pas plus clément envers l?autorité régulatrice. « MT pe fer dominer et l?ICTA slow to react. Si cela continue, la libéralisation sera morte dans deux ans. L?ICTA doit prendre ses responsabilités. Si l?autorité ne nous protège pas, nous serons obligés de fermer notre business. »
Les nouveaux entrants sont unanimes : ils demandent que l?ICTA pratique une discrimination positive en leur faveur. « Dans toute dérégulation, il y a un encadrement des prix de l?opérateur qui était dans une situation de monopole. Ici, ce n?est pas le cas. C?est une grande source d?inquiétude pour nous », indique Michel Rigot, directeur d?Outremer Telecom.
Autre motif de mécontentement : le coût élevé devant être payé à MT et à l?autorité régulatrice. Pour chaque minute d?appel, l?opérateur doit verser Re 1 directement dans les caisses de MT. Re 1.50 supplémentaire est prélevée sur chaque minute d?appel pour être reversée sur un compte spécial de l?ICTA. Cet argent est ensuite reversé à MT pour financer son access deficit, en d?autres mots, son manque à gagner à cause de l?arrivée de la concurrence. Mais pour les nouveaux entrants, ce chiffre ne reflète pas la réalité.
Du côté de l?ICTA, on se défend de favoriser MT. « Il n?y a pas de régime protectionniste. La loi nous demande d?instaurer une compétition saine et nous le faisons. Nous ne permettrons à personne de pratiquer des tarifs qui sont en dessous des coûts réels pour ainsi tuer la compétition. Nous ne faisons de cadeau à personne », souligne Ashok Radhakissoon, président de l?ICTA. « Tous les opérateurs utilisent le réseau et les postes de téléphone de MT pour faire aboutir leurs appels. Contrairement à l?opérateur national, ils n?ont pas investi dans un réseau national ».
Maintenir une ligne de téléphone classique coûte Rs 257 mensuellement à MT. L?abonné résidentiel paie Rs 90 par mois, les Rs 167 restantes sont financées par les Re 1.50 que contribuent les nouveaux entrants au fonds spécial. Le consommateur sera donc le dernier à râler : il ne peut que se réjouir des baisses de tarifs de la téléphonie internationale.
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