Publicité

Turquie : élu président, Gül promet de préserver la laïcité

30 août 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Elu président de la Turquie avant-hier à l?issue d?un troisième tour de scrutin au parlement d?Ankara, le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül s?est engagé à défendre la laïcité républicaine en chef d?Etat impartial, montrant ainsi le souci d?apaiser les tensions intérieures.

Gül est le premier dirigeant issu de la mouvance islamiste à accéder à la présidence de la Turquie, pays à forte majorité musulmane où l?armée se pose en gardienne du système laïque. Le général Yasar Büyükanit, chef d?état-major des forces armées, a accusé récemment des ?centres du mal? de chercher à détruire la république laïque, laissant ainsi entendre que les militaires ne resteraient pas passifs au cas où le principe de la séparation de l?Etat et de la religion leur semblerait menacé.

?Tant que je serai en fonctions, je rassemblerai tous nos concitoyens sans aucun préjugé?, a déclaré le président élu dans son discours inaugural après avoir prêté serment. Il a promis de défendre les principes de la laïcité, en notant qu?ils garantissaient aussi la liberté de culte, et a également dit que la Turquie devait poursuivre ses efforts sur la voie d?une adhésion à l?Union européenne.

Gül, diplomate dont la réputation s?est solidement établie depuis la victoire électorale de l?AKP en 2002, a contribué à l?ouverture de pourparlers d?adhésion avec l?UE. Il entend parler au nom de tous les Turcs mais inspire de fortes réserves à l?armée, qui soupçonne l?AKP de nourrir secrètement un programme islamiste. Nombre d?observateurs pensent toutefois que Gül, qui a rompu en 1999 avec un parti islamiste, s?emploiera à éviter une épreuve de force.

La Commission et le Parlement de l?Union européenne ont salué l?élection de Gül en la jugeant propre à redynamiser les pourparlers entre la Turquie et l?UE. ?Un nouveau gouvernement va arriver au pouvoir et pourra reprendre le travail avec un mandat populaire clair?, a noté José Manuel Barroso, président de la Commission. L?élite laïque et les généraux turcs, qui ont renversé quatre gouvernements depuis 1960, se méfient du passé islamiste de Gül et s?inquiètent notamment de voir son épouse porter le foulard islamique au palais présidentiel de Cankaya.

Le foulard islamique est pour beaucoup un symbole provocant de l?influence religieuse éradiquée de la vie publique par Mustafa Kemal Atatürk, fondateur de la république moderne édifiée sur les ruines de l?empire ottoman. ?Ma mère n?ira pas (au Parlement)?, a déclaré le fils de Gül, Mehmet Emre, selon l?agence anatolienne de presse. Propos qui laissent penser que l?épouse du nouveau président, Hayrunnisa, cherche à éviter la controverse. Mais selon un sondage réalisé pour le journal Milliyet, 72,6 % des personnes consultées jugent normal que l?épouse du président porte un foulard de tête, contre 19,8 % qui en seraient gênées.

Par contraste avec les cérémonies d?investiture passées, le Parti républicain du peuple (CHP), première formation d?opposition, la haute hiérarchie militaire et une partie de l?élite laïque ont boycotté la prestation de serment de Gül. Quelques centaines de partisans de la laïcité ont convergé vers le palais de Cankaya pour protester contre l?élection de Gül.

Publicité