Publicité

Trop de boulot pour Ramgoolam

6 juillet 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Même avec trois vice-Premiers ministres, Navin Ramgoolam cumule un nombre im-pressionnant de responsabilités : outre d?être Premier ministre, donc chef du cabinet et « Leader of the House » de l?Assemblée nationale, il s?occupe de la défense de notre territoire, de la sécurité intérieure, de la fonction publique et des réformes administratives, de la Commission électorale, des services météo et de l?institut océanographique. À ce « portfolio » déjà fort impressionnant, il s?est auto-attribué les responsabilités supplémentaires de deux autres ministères : celles de Rodrigues et des « outer islands » et plus récemment, après le limogeage de Madun Dulloo, celles des Affaires étrangères ! Et on ne parle pas de ses activités de chef politique, chargé de dénouer et de nouer des alliances stratégiques pour conserver le pouvoir de la dynastie Ramgoolam. Reste que la propagande de l?opposition pourrait toujours prétendre qu?il ne mérite pas son nouveau salaire, qu?il est moins expéditif que Bérenger, décrit comme un « hyperactif »?

Sans verser dans la démagogie légendaire des militants, il ne faut pas pour autant louer « The Right Honorable Prime Minister » pour son overdose de responsabilités ? la MBC existe pour cela. Notre propos, au vu des récents événements, que ce soit au Zimbabwe ou à Candos, s?articule plutôt autour du fait que la qualité du gestionnaire ne se mesure pas à la quantité de dossiers dont il s?occupe, mais à sa capacité de déléguer ses nombreuses responsabilités, afin de se donner le recul nécessaire pour en assurer le suivi.

Comme garant de la paix, Navin Ramgoolam a davantage à craindre le climat interne du pays que des agressions venant de l?extérieur? Géographiquement, on est assez loin des pirates somaliens qui sévissent à l?entrée de la Mer Rouge, et nos voisins réunionnais ou malgaches, seychellois ou comoriens, ne sont pas de nature belliqueuse, heureusement. Alors cette cellule anti-terroriste dans laquelle on veut caser Mahen Gopalsingh est davantage une voie de garage qu?une mission périlleuse, de prime importance.

Le « law and order » du pays suscite davantage d?inquié-tudes urgentes. Au lieu de protéger les citoyens, notre police est protégée par la VOH à Candos ! Au lieu de traquer les corrupteurs et les corrompus, l?ICAC s?attaque au contrôleur des douanes et à la MRA. C?est à la prison que le gros du trafic de drogue est orchestré?

Comme réformateur de la fonction publique, Navin Ramgoolam a surtout réformé son capital politique jusqu?ici ; on s?attend maintenant à ce que les nouveaux salaires entraînent un rehaussement du niveau des services publics. Extension des heures d?ouverture des guichets et autres bureaux essentiels qui ferment dès 15 h 45, mise en ligne des services, par exemple ceux liés aux collectivités locales, entre autres.

Sur le plan des Affaires extérieures, s?il fallait une illustration que ce n?est pas une bonne chose que les décisions sont concentrées entre les mains d?un seul homme, il suffit de suivre la diplomatie quasi-inexistante de Maurice, en particulier, ces derniers jours, sur les questions africaines. Nous n?avons pas voix au chapitre, malgré la place que nous revendiquons dans la région.

Il ne s?agit pas seulement de nommer un ministre aux Affaires étrangères. Il importe que le mépris exprimé, jusqu?ici, pour ce ministère laisse place à une stratégie bien définie, entre politique domestique et diplomatie économique.

En conservant les affaires intérieures tout en prolongeant l?intérim aux Affaires extérieures, Navin Ramgoo-lam n?arrive pas toujours à lever la tête du guidon.

Et ainsi mieux cerner ce qui se passe autour de lui. Pourtant, avec autant de députés qui passent leur temps à voyager, il ne devrait pas avoir de problème pour remplacer Madun Dulloo ! Si tant qu?il existe une « Equal Opportunities Policy » ? en attendant le fameux projet de loi ? et que la question des castes à respecter ne se pose pas au sein du gouvernement.

Publicité