Publicité
Transports publics : «ébullition» programmée des tarifs
Par
Partager cet article
Transports publics : «ébullition» programmée des tarifs
La hausse du prix du diesel de 12,8 % n?arrange pas les affaires des chauffeurs de taxi roulant au diesel, ni celles des compagnies d?autobus. Pour eux, la répercussion de la hausse du prix du carburant sur le tarif appliqué aux clients n?est pas toujours chose aisée. Même si la flambée du cours du baril de pétrole affecte leurs activités, au point de susciter le besoin de revoir sérieusement les tarifs à la hausse.
Les chauffeurs de taxi hésitent entre augmenter les tarifs pour rester dans la course ou continuer à absorber eux-mêmes l?escalade des prix à la pompe, afin d?éviter de créer une situation insoutenable pour leurs clients. L?augmentation du prix du diesel, de Rs 31,55 à Rs 35,61 depuis hier est, pour ces transporteurs, un véritable casse-tête. De toute façon, une augmentation substantielle de leurs tarifs réduirait très vite le nombre de leurs clients comme une peau de chagrin.
Mais garder leurs tarifs toujours fixes et chercher à remplir eux-mêmes le gouffre n?est pas non plus évident à soutenir. La solution envisagée est une négociation directe avec le gouvernement. Sans l?apport d?une subvention gouvernementale, «il nous deviendra absolument difficile de surmonter la hausse du prix du carburant», assure Rafick Bahadoor, président de la Taxi Proprietors Union. «Nous aimerions que le ministre du Commerce et son homologue des Finances nous aident à déterminer dans quelles mesures le gouvernement pourrait réduire les manques à gagner que nous subissons en pratiquant un tarif fixe. A l?issue de la réunion que nous tiendrons lundi avec les membres de la General Taxi Owners Union, nous déciderons de propositions concrètes à faire au gouvernement. L?une d?elles serait d?enlever la taxe sur la valeur ajoutée sur le carburant pour les taxis», précise Rafick Bahadoor.
Hausse de 40 %
Du côté des opérateurs d?autobus aussi, seule l?attitude que le gouvernement choisira d?adopter déterminera si la hausse des tarifs se fera de façon modérée ou? démesurée. Viraj Nundlall, directeur général de Triolet Bus Service et président de l?Association of Bus Operators, est clair : «Les compensations pour le diesel accordées par la National Transport Authority à travers le Bus Recovery Account ont jusqu?ici contribué à garder les tarifs inchangés depuis octobre 2004.»
En effet, les tarifs pratiqués à ce jour par les opérateurs d?autobus ont été négociés sur la base du diesel coûtant Rs 11,4 le litre. Les transporteurs espèrent donc que le gouvernement choisira l?option d?éponger la différence entre le prix actuel de ce carburant (Rs 35,61 le litre) et le prix de base convenu en 2004 (Rs 11,4 le litre) comme il l?a toujours fait par le passé. Dans ce cas précis, la hausse des tarifs de transport ne serait que de l?ordre de? 40 % !
Viraj Nundlall explique que cette hausse de 40 % est nécessaire pour faire face à «la hausse des salaires de 15 % recommandée par le National Remuneration Board, sans mentionner d?autres avantages accordés aux salariés de ce secteur, le tout augmentant la masse salariale de 25 %. S?il faut ajouter à tout cela, la hausse du prix des pièces de rechange, l?augmentation du prix des pneus, l?assurance des véhicules, le Cost of Living Index des trois dernières années (2005-2007), vous comprendrez que l?augmentation du prix du ticket de 40 % est bien justifiée.»
Mais au cas où le gouvernement déciderait, toujours selon Viraj Nundlall, de passer la totalité de la hausse du coût du diesel aux usagers des transports publics alors «ces derniers auront malheureusement à supporter une hausse de l?ordre de 100 % au moins».
Nico PANOU
Publicité
Publicité
Les plus récents