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Transformers
Edward D. Wood ou Ed Wood (1924 ? 1978), cinéaste américain, connut durant les années 1950 une certaine notoriété, peut-être même la gloire grâce à ses authentiques nanars. Bride of the Monster (1956), Plan Nine from Outer Space (1959) : des films réalisés n?importe comment, avec quelques bouts de ficelle, sans véritable scénario et avec une désinvolture qui avait pour motivation une certaine intégrité. Beaucoup finirent par reconnaître que d?une manière tout à fait perverse, ses films ne manquaient ni de substance et encore moins de saveur. Aujourd?hui de par le monde, la mémoire d?Ed Wood est toujours saluée avec émotion par tous les vrais cinéphiles amateurs de série Z. Dans sa passion pour les personnages hors du commun, Tim Burton lui consacra d?ailleurs un film en 1994. Bien de notre époque, le réalisateur Michael Bay a, lui, toujours disposé de moyens qu?on pourrait qualifier de phénoménaux. En ce qui le concerne également, on pourrait bien parler d?une certaine désinvolture, mais d?un tout autre genre. Sa désinvolture, à lui, a jusque-là, toujours été aux dépens de toute forme d?intégrité.
Transformers, son dernier film, contient ce qu?il faut en termes de matériel militaire sophistiqué, d?hommes d?action gesticulant et vociférant, d?explosions et d?effets numériques avec pour motivation première, celle d?attirer le public payant dans les salles. Un client satisfait étant la meilleure publicité pour toute exploitation commerciale, le public payant en a donc pour son argent. Les autres séquences d?action dans ce film, s?enchaînent, toutes spectaculaires, bien que le spectacle aille plus dans le sens de la quantité (puissance des explosions, production de gravats et de vieille ferraille) que de la qualité. Même en admettant, sous couvert d?anonymat évidemment, qu?on a aimé un film de Michael Bay, force est de reconnaître qu?il y a chez ce réalisateur une farouche volonté de remplir l?écran de bruit et de fureur, sous n?importe quel prétexte et peu importe le propos, la finesse n?ayant jamais été sa marque de fabrique, comme tout un chacun le sait.
Transformers, film inspiré de jouets d?enfants, était donc un sujet tout indiqué pour ce réalisateur. Une voiture, un semi-remorque, un hélicoptère et des 4x4 qui se transforment en de gigantesques robots doués d?une personnalité qui et font la guerre sur le territoire des États-Unis. Il y a des gentils d?un côté, des méchants de l?autre et un jeune américain du nom de Sam Witwicky / Shia Labeouf aidera les bons à sauver l?univers en gagnant du même coup le c?ur et le corps de Mikaela -Megan Fox, la pin-up de son lycée.
Il serait mesquin de reprocher à ce film certains défauts, alors qu?on peut tout lui reprocher ?sauf de se prendre au sérieux. Transformers était peut-être l?occasion qu?attendait Michael Bay pour se laisser aller. En plus du spectacle tapageur, on retrouvera dans ce film tout ce qui chez ce réalisateur fait normalement grincer des dents. Mais cette fois, les tares qui caractérisaient les films précédents ont été transformées en des moments d?un véritable humour au second degré tout à fait volontaire. Michael Bay y fait de fines allusions à la politique américaine, aux méfaits de la mondialisation et même à ses propres films, entre autres. Ses acteurs sont habituellement mal dirigés, mais il les laisse cette fois en roue libre et John Tuturro s?en donne à c?ur joie. Quant aux robots, ils ne sont pas si idiots et leur allure est assez impressionnante pour assurer le spectacle. Et, le scénario, tout bancal qu?il soit, nous épargne l?habituel pathos. Bien évidemment, tout cela est complètement idiot, mais de là à dire qu?on s?ennuie?
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