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Tony Farla The inner soul

28 juillet 2006, 20:00

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Voilà un artiste qu?on reconnaîtrait les yeux fermés. On ne peut occulter ses talents d?auteur et de compositeur «de son», se défend-t-il, car il ne sait pas jouer de la musique, et cette voix mélodieuse, qui s?épanouit depuis dix ans, entre Rn?B, soul et sonorités africaines.

Le public, touché et séduit, ne s?est pas trompé. Tony ou Soul T, fait partie du cercle fermé des artistes locaux avec qui il faut compter. Un succès qui est loin de lui avoir fait tourner la tête.

Depuis dix ans, ses «messages conscients», comme il les appelle, n?ont eu de cesse de redonner confiance aux jeunes qui sont en panne de repères.

Cet artiste attachant, propose un répertoire à la fois léger, subtil et grave, bercé par une belle richesse musicale, héritée de ses idoles, Stevie Wonder, Scorpions, Cheb Mami, Bob Marley, mais surtout Tupac Shakur.

Ses influences musicales l?ont inscrit dans la lignée des grands chanteurs de hip-hop soul. Sa ferveur musicale qui milite pour une société mauricienne plus juste, où il fait bon vivre, le rend doublement attachant.

L?histoire de Tony Farla, est celle d?un jeune homme né dans une famille pauvre de Tranquebar. Son père était docker, sa mère, couturière. Mais chez lui, pas question de mots déplacés et de rébellion d?aucune sorte.

Ses parents leur apprennent, à ses deux frères et à sa s?ur, le respect des uns et des autres, et surtout le respect de Dieu. Tony, l?aîné des fils, apprend à être responsable, pour lui et pour les autres.

Inscrit à l?école De la salle à Port-Louis, il est toujours premier de sa classe. L?éducation sera sa porte de sortie. Au collège Royal de Port-Louis où il poursuit son éducation secondaire, il lit, épluche les magazines, excelle dans toutes les matières. Il rêve alors de football, de s?aligner comme son père au sein de l?équipe de la Fire Brigade. Il se rend également, régulièrement, le samedi après-midi, au Champ-de-Mars pour suivre, les yeux ronds, les courses hippiques.

Le garçon maladif qu?il était, conjugue ses journées au rythme des charts internationaux. Il aime déjà «tenir les livres» et couche sur ses cahiers d?écolier, les progrès des chanteurs. Avide de tout savoir, il s?interroge sur le succès de tel ou tel chanteur et sur ceux qui travaillent dans l?ombre, pour que leurs chansons soient n°1 des charts.

Tony Farla va ensuite poursuivre des études de comptabilité, pour jongler à la fois avec les chiffres et avec les sons. Forgé, il est prêt à affronter la vie. Tony Farla, c?est un jeune homme sensible, d?une authentique gentillesse, calme, de talent brut et de charme irrésistible. Malgré une carrière professionnelle qui démarre sur les chapeaux de roues dans des sociétés privées, il reste plongé dans la musique.

En 1997, alors que Kaya chez nous, les Boyz to men sur la scène internationale, cartonnent, Tony et ses deux cousins, ne veulent plus rester les bras croisés. Leur passion commune pour la musique, leur talent conjugué, va donner naissance à Negro pou la vi.

«Le chemin pour y arriver a été long, mais la confiance, la foi et la persévérance ont été des moteurs dans la vie.»

Malhéré, le premier album, auto-produit avec un budget dérisoire, va lancer leur carrière. Anne-Marie, la maman de Tony, lui reproche alors de s?égarer dans cette musique black à laquelle elle ne comprend pas grand-chose, plutôt que de songer à sa carrière. Tony s?accroche malgré tout. Dix ans plus tard, Anne-Marie ne peut qu?être fière du chemin parcouru par son fils.

Ses chansons sont le reflet fidèle de ce qu?il est. Un homme dont la vie s?est articulée autour du respect, mais aussi celle d?un garçon né dans un quartier défavorisé, qui voudrait les mêmes chances de réussite pour tous les jeunes. Lui, s?estime extrêmement chanceux d?avoir réussi.

Comme toutes les musiques qu?il écoute sans préjugés, il voulait que sa musique traverse toutes les frontières. Rien n?arrive avant l?heure, l?un des titres du sixième et prochain album de Negro pou la vi, qui sortira d?ici le mois de décembre, pourrait être le miroir de toutes ses années de dévouement à la musique. Rien, dans son parcours, n?est arrivé par hasard.

Seules la persévérance et la détermination lui ont permis de faire son petit bonhomme de chemin. «J?ai une confiance inébranlable en moi, dans ce que je veux faire pour moi et pour les autres. Le chemin pour y arriver a été long, mais la confiance, la foi et la persévérance ont été des moteurs dans la vie,» explique-t-il simplement.

La force de croire en soi et la détermination d?un vrai leader, ont fait de Tony Farla le Soul T que l?on écoute, que ce soit à travers ses chansons ou à travers son émission What?s up, what?s up, sur Radio One. Avec lui, c?est toute la musique locale qui en sort gagnant.

<B>Concert événement le 5 août au Kulcha Klub </B>

Le concert événement pour marquer les dix ans de Negro pu la vi se déroulera à partir de minuit samedi prochain, 5 août au Kulcha Klub à Grande-Rivière. Outre les Negro pu la vi, Gérard Louis, le complice, l?arrangeur des morceaux reggae du groupe, Natty Jah, Sandra Mayotte, Nasty Black et Exotical Man, invitent tous les fans de Negro pu la vi à souffler les bougies pourmarquer d?une pierre blanche l?anniversaire du groupe.

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