Publicité
Séparer le bon gain de l’ivraie
À la suite de la découverte d’un réseau de « vrais-faux » spiritueux, le consommateur se demande si les produits sur le marché sont « authentiques ». Comment les producteurs s’assurent-ils de la qualité et de l’authenticité de leurs produits ? Voici quelques éléments de réponse…
La mise au jour d’une filière de « vrais-faux » whisky et de rhum dans le circuit commercial fait froncer les sourcils de nombreux consommateurs : le whisky ou le rhum que l’on achète serait-il frelaté ? La qualité à la sortie de l’usine est-elle celle qui est attendue par les distillateurs étrangers qui fournissent les embouteilleurs locaux ? Les produits commercialisés sont-ils fiables ?
Jean Thierry, Production Manager de Grays, et Patrick Fanucci, Managing Director de Scott, deux des principaux embouteilleurs de spiritueux à Maurice, parlent d’une même voix : le produit qui sort de leur usine est « garanti authentique et a fait l’objet d’un contrôle de qualité strict et fabriqué selon les règles de l’art ».
Il faut savoir qu’embouteiller un whisky à Maurice suppose le respect d’un protocole particulier. De plus, chacune des étapes de la production est closely monitored par les douanes. « L’usine est ouverte le matin et fermée le soir par le douanier », résume Jean Thierry.
Distillé en Écosse, le breuvage fait entre 55 et 60° à sa mise en fûts. À son arrivée à Maurice, il fait autour de 54°. Avec le douanier, les responsables de Grays se livrent alors à un audit par fût : seule une variation d’un degré d’alcool est tolérée. Deuxième étape : la liqueur est stockée dans des réservoirs en inox pour qu’elle « repose » pendant 24 heures. Puis, viennent plusieurs étapes de mélange avec de l’eau déminéralisée – une eau qui a été précédemment traitée et analysée.
Arrive ensuite la macération de plusieurs semaines, avec vérification régulière du volume d’alcool, où l’on a atteint 40,2 ou 40,3°. Les appareils sont ajustés pour le type de bouteilles nécessaires et la liqueur passe le test gustatif d’un panel d’experts. Si la réponse est positive, les bouteilles sont remplies. Préalablement lavées et stérilisées, ce sont des bouteilles neuves, non consignées. Toute bouteille non conforme ou ébréchée est aussitôt enlevée du circuit.
Puis, c’est au tour de la « capsuleuse », appareil servant à mettre les bouchons, d’entrer en scène. Encore une étape de vérification visuelle pour le niveau de remplissage, des bonnes capsules, et de l’absence de corps étrangers dans la bouteille. Suivent l’étiquetage et les repères de traçabilité. Grays et Scott mettent des repères quant au numéro du lot et de la date de production sur la capsule. On passe ensuite à la mise en cartons. Tout est vérifié et mis sous douane. Un rapport officiel est remis à ce service. Les bouteilles peuvent alors être livrées aux différents points de vente.
Le fournisseur étranger s’assure également que le produit respecte ses normes en procédant à des analyses inopinées régulières et à des inspections à l’usine. « Nous pouvons garantir à nos clients que nos produits en vente aujourd’hui sont authentiques », déclarent, à l’unisson, les porte-parole de Grays et de Scott.
Publicité
Publicité
Les plus récents