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Syndicats et managers du privé prêts pour des actions fortes

26 septembre 2006, 00:00

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Une fois n?est pas coutume, employés et employeurs sont prêts à s?unir pour exiger des réponses des autorités. Le syndicat de l?éducation secondaire privée a déjà déterré la hache de guerre contre le ministère de l?Education. Et la Fédération des managers des collèges privés se dit prête à entrer dans la bataille. Objec-tif : forcer le ministre de tutelle, Dharam Gokhool, à clarifier sa politique pour le secondaire privé.

L?Union of Private Secondary Education Employees (Upsee) et la Fédération se rencontrent cette semaine pour évoquer la création d?une plateforme commune visant à faire pression sur le ministre Gokhool. ?Le secteur est complètement délaissé. A plusieurs reprises, nous avons exprimé nos doléances, mais aucune solution ne nous est proposée. Pire, pour la première fois un ministre de l?Education ne nous consulte même pas sur les thèmes majeurs de l?éducation. Jamais jusqu?ici nous n?avons évolué dans une situation d?ignorance totale comme aujourd?hui?, critique Rajen Chamroo, porte-parole de la Fédération des managers des collèges privés. ?Il est grand temps qu?il vienne avec du concret. Quelle stratégie conçoit-il pour les établissements secondaires privés et quel est notre avenir ??

Reclassement des employés

Samedi dernier, l?Upsee a déjà franchi l?étape supérieure. L?assemblée générale spéciale convoquée avait pris la décision de faire la grève à la rentrée 2007 si le ministère ne levait pas le voile sur ses intentions réelles pour le secteur.

Une série de problèmes spécifiques tracasse le secondaire privé. Du côté de l?Upsee, c?est surtout l?intention du ministère de former un comité pour examiner la question de reclassement du personnel à la suite de la fermeture de collèges. Elle craint que l?accord signé entre le ministère et le syndicat en mai 2000, sur la question de reclassement des employés de collèges qui fermeront leurs portes soit remis en question.

La Government Secondary School Teachers? Union (GSSTU) et la Secondary & Preparatory School Teachers and other Staff Union (SPSTSU) affichent d?ailleurs leur solidarité avec l?Upsee. Récemment, le trio a d?ailleurs formé une fédération.

?Pas question de revenir sur cet accord. Si le gouvernement ferme ne serait-ce qu?un seul collège et s?il ne redéploie pas chaque membre du personnel, nous boycotterons la rentrée 2007?, insiste Girish Ramsahye, président de l?Upsee.

Autre dossier sur lequel les syndicats font bloc : la séparation des filières pré-professionnelles du ?mainstream? telle que préconisée par le ?blueprint? préparé par la Private Secondary Schools Authority (PSSA). Dans ce document, qui a été remis au ministre de l?Éducation il y a quelques semaines, la PSSA propose de caser les étudiants du préprofessionnel dans les collèges les moins cotés. ?Inacceptable?, estime l?ensemble des syndicats du secteur de l?éducation secondaire et les managers du privé.

Autre point de frustration : la fermeture des collèges ?substandard?. ?Il faut permettre aux établissements dont les propriétaires ne veulent plus continuer ou ceux qui n?arriveront pas à remplir les critères minimaux de fermer. Mais il faut le faire de manière planifiée. Les professeurs doivent avoir des garanties et les managers compensés?, souligne Rajen Chamroo.

Les managers ainsi que les syndicats veulent aussi connaître la position du gouvernement sur la parité entre les collèges privés et les établissements publics. Alors que le précédent ministre de l?Education, Steven Obeegadoo, s?était clairement prononcé pour la parité, Dharam Gokhool n?a pas encore évoqué publiquement la question.

Selon les derniers calculs de la Fédération, l?Etat débourse Rs 18 000 par an par tête d?élève dans le privé contre Rs 36 000 pour ses propres établissements. ?Où est la logique ? Si le ministre veut vraiment une world class education, il doit établir la parité. Les collèges d?Etat accueillent les meilleurs éléments du CPE alors que nous prenons majoritairement en charge les autres, c?est-à-dire ceux qui obtiennent de moins bons points. Au lieu de doter ces élèves-là de moyens adéquats pour se remettre à niveau, c?est tout le contraire?, constate Rajen Chamroo.

Le rapport du Mauritius Audit Bureau et datant de 2003 et le ?blueprint? de la PSSA, publiés récemment dans la presse, n?ont fait qu?ajouter de l?huile sur le feu. Le premier fait un constat très négatif sur les infrastructures de certains collèges privés.

Il indique notamment que 23 collèges privés sur 87 établissements visités n?atteignent pas le niveau minimum en termes d?infrastructures. Parmi ceux-ci, une remise à niveau pour 18 d?entre ceux-ci sera difficile, voire impossible. Le secteur compte 119 établissements secondaires, dont 99 fonctionnent grâce aux fonds publics et éduquent 64 408 étudiants (soit 53 % de la population estudiantine mauricienne).

?Communication permanente?

Le document de la PSSA dresse pour sa part, un tableau très sombre de la situation dans les collèges privés et fait ressortir que le secteur évolue quasiment sans aucune règle. La PSSA y souligne également son impuissance à redresser la barre. Pour cela, une réforme profonde de l?autorité régulatrice du secteur s?impose, écrivent les rédacteurs du rapport.

Au ministère de l?Education, l?on indique que des lignes de communication ont été établies avec les syndicats et que les questions de la Fédération sont examinées. ?Nous avons établi une communication permanente. Dans ces réunions, c?est l?officier responsable du dossier qui est délégué. En dernier lieu, c?est le ministre qui intervient si besoin est, mais s?ils ne veulent pas venir aux réunions, ce n?est pas notre faute?, indique une source autorisée au ministère. Quant à la question de fermeture de collèges et le reclassement du personnel, elle explique que le ministre planche sur la question. ?Nous communiquons avec la PSSA et c?est à la PSSA de faire parvenir l?information à la Fédération.?

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