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Madagascar
Le procès dans l’affaire des Boeing reporté, Mamy Ravatomanga parmi les 33 accusés
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Le procès dans l’affaire des Boeing reporté, Mamy Ravatomanga parmi les 33 accusés
■ Photo des Boeing 777-200 qui devaient être livrés à Madagascar.
Nouveau développement dans l’affaire des cinq Boeing 777-200 à Madagascar. Le procès qui devait s’ouvrir mardi 22 septembre devant le Pôle anti-corruption (PAC) d’Antananarivo a été reporté au 27 octobre. Selon L’Express de Madagascar, la juridiction spéciale explique cette décision par l’attente d’une réponse à une citation à comparaître de l’Aviation civile de Madagascar (ACM) ainsi que de Mamy Ravatomanga, homme d’affaires actuellement en détention préventive à Maurice.
Le PAC évoque également l’attente des résultats d’une «enquête numérique», dont aucun détail supplémentaire n’a été communiqué. Lors de l’audience, après l’appel des différentes parties, la magistrate qui la présidait a annoncé le report en relevant l’absence de la plaignante, identifiée comme étant l’ACM. Outre Mamy Ravatomanga, certains accusés étaient également absents, ainsi que trois des cinq entreprises figurant parmi les accusés.
L’audience a par ailleurs permis de révéler publiquement que l’ACM est l’entité plaignante dans cette procédure. Selon L’Express de Madagascar, au début de l’affaire en juillet 2026, les informations disponibles laissaient plutôt entendre que l’État avait saisi le PAC pour engager des poursuites contre les auteurs présumés des infractions.
Un élément a néanmoins suscité des interrogations : Faniry Alban Rakotoarisoa, directeur général de l’ACM, était au siège du PAC avant le début de l’audience. «Je suis ici pour m’enquérir de la vérité sur cette affaire», a-t-il déclaré aux journalistes, selon le quotidien malgache. Il a toutefois quitté les lieux avant l’entrée des accusés, du public et des magistrats dans la salle.
Présents et absents
La majorité des 33 personnes figurant sur la liste des accusés étaient, elles, présentes. Parmi elles, le général retraité Richard Ravalomanana, ancien président du Sénat ; Valery Ramonjavelo, ancien ministre des Transports et de la météorologie ; et le colonel Gervais Damasy, ancien directeur général de l’ACM. Rijasoa Andriamanarivo et Singh Khushwinder, présentés comme des promoteurs qui auraient contribué aux manœuvres ayant conduit à la livraison des appareils en Iran, étaient également présents.
Le nom de Mamy Ravatomanga figure aussi officiellement parmi les 33 personnes appelées à répondre devant le PAC. Le journal rapporte également qu’au moment où le scandale avait éclaté, «dans les coulisses», certains avançaient que Mamy Ravatomanga aurait été «aux manettes des transactions» liées à cette affaire. Il s’agit toutefois d’allégations rapportées dans le contexte de l’affaire, et le procès doit précisément permettre de déterminer l’implication éventuelle des différents accusés. Les débats en audience publique sont attendus pour apporter davantage de précisions sur le rôle attribué à chacun.
Son absence à l’audience de mardi est directement mentionnée parmi les éléments entourant le report. Le communiqué du PAC fait état de l’attente d’une réponse à une citation à comparaître le concernant, au même titre que l’ACM.
L’affaire trouve son origine dans la livraison à l’Iran de cinq Boeing 777-200 immatriculés à Madagascar, révélée par un média étranger en juillet 2025. La destination des appareils avait donné une dimension internationale au dossier, l’Iran étant soumis à des sanctions internationales.
Selon les éléments rapportés par L’Express de Madagascar, la genèse du dossier remonte à novembre 2023. Des promoteurs avaient alors fait état de l’intérêt d’un investisseur étranger pour Madagascar Airlines. Le projet présenté devait contribuer au renforcement de la flotte de la compagnie aérienne malgache.
Certificats expirés
L’opération prévoyait la livraison de Boeing 777-200 par une entreprise qui serait basée en Inde et qui disposait d’une filiale à Antananarivo, laquelle se serait par la suite révélée fictive. Les appareils avaient obtenu des immatriculations provisoires et des certificats provisoires de navigabilité. Ces documents devaient permettre leur acheminement vers un atelier de maintenance agréé au Kenya avant leur arrivée à Madagascar, une fois les certifications techniques obtenues.
Les documents provisoires expiraient respectivement les 17 et 21 avril 2025. Pourtant, selon le récit du quotidien malgache, les cinq Boeing ont finalement décollé du Cambodge en juillet 2025 pour rallier l’Iran avec ces documents dont la validité avait expiré.
L’ancien directeur général de l’ACM, le colonel Gervais Damasy, avait indiqué dans une réponse à une demande d’explications que les documents d’immatriculation avaient été accordés «sur instruction» de l’ancien ministre des Transports, Valery Ramonjavelo. Tous deux accusés.
Le dossier implique aussi plusieurs anciens responsables de l’ACM, des associés et présumés complices des promoteurs ainsi que des salariés d’entreprises concernées par l’enquête. Cinq sociétés sont également poursuivies, dont UDAAN Aviation, qui aurait servi d’interface dans les discussions avec les autorités malgaches.
Le report du procès a provoqué la déception de proches de plusieurs prévenus, certains étant en détention préventive depuis août 2025. Selon L’Express de Madagascar, 21 demandes de mise en liberté provisoire ont été déposées lors de l’audience. Le PAC en a accordé sept, dont celle d’une femme septuagénaire.
Les 33 accusés doivent répondre de plusieurs chefs d’accusation annoncés par le PAC : «Atteinte à la souveraineté de l’État, abus de fonctions, corruption, faux en écriture publique, usurpation de fonctions, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux». Le rendez-vous judiciaire est désormais fixé au 27 octobre.
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