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Competition Commission

Enquête sur les Rs 19 milliards de la santé privée

25 septembre 2026, 11:30

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Enquête sur les Rs 19 milliards de la santé privée

La Competition Commission intensifie ses interventions sur plusieurs fronts. Dans sa dernière édition de Competition News, publiée en août 2026, elle revient sur ses activités d’enforcement, les opérations de concentration, la lutte contre les pratiques anticoncurrentielles et plusieurs dossiers concernant directement les consommateurs.

Au 30 juin 2026, 133 plaintes et problèmes avaient été reçus ou identifiés par la Commission. Le commerce de détail, comprenant les supermarchés et la distribution, arrive en tête avec 29 cas, devant la catégorie «Others», qui en compte 25. Les services bancaires, financiers et d’assurance totalisent 19 cas, tandis que le transport et la logistique en comptent 15. Les télécommunications et les marchés numériques en enregistrent neuf, contre huit pour les produits pharmaceutiques et la santé. Au total, le bilan fait également état de 22 enquêtes préliminaires (enquiries) et de six investigations.

L’un des principaux développements concerne la santé privée. La Competition Commission a lancé sa première Market Inquiry sur l’offre de services de santé privés à Maurice. Cette démarche intervient dans un secteur qui, selon l’organisme, a connu une croissance importante au cours de la dernière décennie, avec des dépenses annuelles estimées à environ Rs 19 milliards.

L’enquête doit examiner la fixation des prix, les accords commerciaux, le pouvoir de négociation, la transparence des prix, les pratiques de référencement ainsi que les relations entre les assureurs et les prestataires de soins. Les parties prenantes ont été invitées à soumettre leurs observations et informations. Selon les constatations, l’exercice pourrait conduire à des recommandations de politique publique ou à des mesures d’enforcement.

Fusions-acquisitions

Les fusions et acquisitions constituent un autre volet important. Dans le cadre de sa collaboration avec la COMESA Competition and Consumer Commission, la Commission mauricienne a examiné 51 opérations en 2025-2026, contre 28 en 2023-2024 et 28 également en 2022-2023. Elle intervient lorsque des transactions régionales sont susceptibles d’avoir un impact sur le marché local.

Dans le secteur pétrolier, l’acquisition d’Engen Limited par Vivo Energy a ainsi été approuvée sous condition. À Maurice, Vivo doit céder Engen Petroleum (Mauritius) Limited à Beta Oil Terminal Ltd. Selon la Commission, cette opération doit permettre de maintenir quatre acteurs sur le marché et préserver la pression concurrentielle.

Le dossier des cartes de paiement figure également dans le bilan. Une enquête portant sur les frais liés aux cartes Visa et Mastercard avait donné lieu à une décision en 2019. Celle-ci avait ensuite été annulée par la Cour suprême en 2024, avant que l’affaire ne soit renvoyée à la Commission. Après réexamen en 2026, les Commissioners ont estimé que les informations à l’origine de l’enquête étaient devenues obsolètes et ont décidé de clore le dossier, sans exclure une nouvelle investigation. La Commission revient aussi sur ses interventions concernant les prêts immobiliers et les assurances habitation. Elle souligne que les emprunteurs doivent disposer d’un choix entre au moins trois assureurs différents. Dans le secteur de la construction, elle évoque également son intervention concernant le marché du ciment afin de protéger le choix des consommateurs et les conditions de concurrence.

Pratiques anticoncurrentielles

Parallèlement, la lutte contre les cartels et le bid rigging se poursuit. À travers le Trade Association and Cooperatives Amnesty Program, les associations professionnelles, coopératives et leurs membres sont encouragés à signaler volontairement certaines pratiques anticoncurrentielles. La Commission rappelle que les sanctions pour pratiques de cartel peuvent atteindre 10 % du chiffre d’affaires annuel pour une période maximale de cinq ans.

Dans les marchés publics, plus de 90 officiers ont par ailleurs bénéficié de formations visant à identifier les signes de collusion et de trucage des offres. La Competition Commission poursuit également sa collaboration avec le Central Procurement Board et le Procurement Policy Office afin de renforcer la concurrence et la transparence dans les procédures d’achat public.

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