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Condition de libération conditionnelle
Allysaheb Jagai peut désormais contacter quatre témoins
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Condition de libération conditionnelle
Allysaheb Jagai peut désormais contacter quatre témoins
■ Allysaheb Jagai est provisoirement inculpé de trois chefs d’accusation portant sur des biens qui auraient représenté, directement ou indirectement, le produit d’un crime.
Un verrou saute, mais la porte reste étroitement surveillée. Dans son ruling rendu hier, la magistrate Chrisinta Chavrimootoo siégeant à la cour de district de Port-Louis a assoupli une condition de libération conditionnelle imposée à Ashik Allysaheb Ameersaheb Jagai, lui permettant désormais de contacter quatre témoins dans le cadre de l’enquête de la Financial Crimes Commission (FCC). Une décision mesurée, qui intervient après plusieurs mois de restrictions.
Allysaheb Jagai, fils de l’ex-surintendant de police Ashik Jagai, avait été arrêté le 3 septembre 2025 et provisoirement inculpé de trois chefs d’accusation portant sur des biens qui auraient représenté, directement ou indirectement, le produit d’un crime. Sont concernés un Ford Raptor de Rs 2,87 millions, un BMW X5 de Rs 4,738 millions ainsi que deux terrains à Balaclava et Mare-Longue, évalués à Rs 2 millions et Rs 4 millions.
Lors de sa remise en liberté sous caution, une interdiction stricte lui avait été imposée : aucun contact, direct ou indirect, avec des suspects ou témoins liés à l’affaire. La FCC craignait une collusion avec les témoins et une atteinte à l’intégrité des preuves.
Allysaheb Jagai avait déjà demandé un assouplissement en octobre 2025. La cour avait alors préféré laisser à la FCC le temps de recueillir les versions des témoins indépendamment de lui. Depuis, l’enquête a avancé : les déclarations de plusieurs témoins ont été enregistrées et diverses vérifications effectuées.
Allysaheb Jagai affirme avoir déjà livré sept déclarations à la FCC. Il soutient qu’il ne pouvait toutefois plus répondre précisément à certaines questions sans consulter son comptable et son broker, et qu’il était disposé à poursuivre sa collaboration avec les enquêteurs.
La FCC craignait, elle, qu’un contact avant la confrontation des versions permette à Jagai d’adapter son récit à celui des témoins. Mais la magistrate relève un élément déterminant : aucune preuve ne démontre que Jagai ait directement commis une ingérence, ait tenté de le faire ou manifesté l’intention de le faire.
La cour n’ignore pas pour autant la nature et la complexité de l’enquête, en particulier son volet lié au blanchiment d’argent. Elle relève aussi qu’un proche de Jagai aurait tenté de contacter un témoin, sans toutefois que Jagai lui-même soit à l’origine de cette démarche.
Au final, le risque étant jugé faible, la condition est limitée : Jagai peut contacter Ajmal Toorabally pour les documents comptables, Doomun pour les documents d’importation, Yashveer Teeluckdharry pour le fonctionnement de leur restaurant et Polin pour du travail à entreprendre.
Mais une ligne rouge demeure : les quatre contacts devront obligatoirement se faire par écrit.
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