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Sylvio Michel ne cède pas sur la compensation

22 août 2004, 20:00

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Le leader des Verts-Fraternels ne lâche pas prise. La compensation pour les descendants d’esclaves est un engagement électoral, insiste-t-il. Et Sylvio Michel demande à ses deux partenaires du gouvernement de respecter cet engagement.

Dans le cadre de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition, les Verts-Fraternels ont organisé une manifestation, partant du Champs-de-Mars au jardin de la Compagnie, hier. Ils avaient réuni quelque 2 000 personnes .

“To croire nu dormi ti Paul, to croire nu dormi Pravind. To croire nu blié l’engagement qui zot fine faire.” Le ton est donné : les participants étaient très enthousiastes et les ségas n’ont pas manqué de servir leur cause.

La détermination de ces partisans était palpable. Leur enthousiasme revigore Sylvio Michel qui lance : “Zot dir si mo derape, mo zafair pa pu bon. Mo bien fou pa mal. Mo pa per enn révocation. Cela ne me fait ni chaud ni froid.”

Ton modéré

Il se gardera néanmoins de lancer des menaces ou des ultimatums au gouvernement. Le ton est modéré même si les critiques contre le gouvernement ne manquent pas.

L’ultimatum viendra de son frère, Elie Michel. Ce dernier donne au gouvernement jusqu’au 1er décembre pour initier des actions concrètes.

Le député Jean-Claude Armance se fait pour sa part encore plus passionné. C’est le Parlement de la “honte”, s’insurge-t-il. Le député de la majorité se déchaîne contre les dirigeants de l’alliance gouvernementale. Il rappelle les “difficultés” qu’il a rencontrées à l’Assemblée nationale pour discuter sa motion. Mais il maintient qu’il ne compte pas abandonner. Le manque de quorum, les difficultés auprès du speaker pour mettre sa motion à l’agenda ne le découragent pas. Sa motion est une fois de plus à l’agenda ce vendredi pour le Private Motion Day.

La bataille, Sylvio Michel s’en rappelle également. Il évoque ses années de lutte avec le Mouvement militant mauricien (MMM) Le nombre de tickets obtenus, la considération qu’il obtient quand on l’envoie à “labatoir” pour combattre Sir Gaëtan Duval à St.-Croix, l’a “découragé de ce parti, d’autant qu’après une grève générale, l’on était les seuls à soutenir le MMM à l’époque”.

Et malgré ses désillusions avec le MMM, il regagne ce parti en 1987. L’espoir renaît, dit-il, avec le Mouvement socialiste militant (MSM) en 2000 lorsque Sir Anerood Jugnauth accepte une des conditions des Verts : le paiement de la compensation. “Nando Bodha avait rédigé ce terme de l’accord acceptant que Maurice paie, à travers un fonds international, sa part pour récompenser les descendants d’esclaves”, soutient Sylvio Michel.

Et ce dernier rappelle que le gouvernement a “gâché les chances de Maurice pour la compensation lors d’une conférence à Durban en 2002”. Il explique également qu’il n’a pu assister à la conférence qu’à la dernière minute et cela, après avoir insisté auprès du Premier ministre par l’intermédiaire de son secrétaire permanent. Sylvio Michel était alors en mission à l’étranger.

Mais face à la démarche des Verts, Paul Bérenger demeure intransigeant. “Quand nous avons conclu l’alliance, nous avons décidé de nous souscrire à une démarche internationale pour payer la compensation aux esclaves de même qu’aux coolies.” Ainsi, selon le Premier ministre, il n’a jamais été question de gérer le problème sur le plan local. “Nous allons alors diviser la population. L’unité nationale est très précieuse pour le pays et nous n’allons rien faire pour le mettre en danger.” C’était lors d’une rencontre avec le leader des Verts Fraternels il y a trois semaines.

Face aux ultimatums lancés par Sylvio Michel et ses partisans, Paul Bérenger estime que “bann delai, li pa pu chanz nanie dan nou latitud. Aparsa, nou alez avek le Verts”. Cette question devrait être discutée de nouveau lors des prochaines législatives. Une éventualité que refusent catégoriquement les partisans de même que les dirigeants des Verts Fraternels hier.

Ils avancent que “l’échéance des prochaines élections est trop longue et il faut rapidement retrouver notre dignité pour le crime contre l’humanité qu’a été l’esclavage”.

“Nu pu marche are zot, si zot rann nu cas.” De la cité Briquetterie, à Gooldlands, les partisans sont venus de plusieurs régions de l’île pour montrer leur détermination…

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