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Superstitions : Entre bonne étoile et mauvais sort

28 mai 2006, 00:00

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On dit que briser un miroir apporte sept ans de calamités, que croiser un chat noir est un mauvais présage. Il y a même des personnes qui mettent leurs sous-vêtements à l?envers quand elles vont à des funérailles. Certains sont convaincus que le nombre treize porte malheur.

Et puis, il y a tout le reste : le parapluie qu?on ne doit pas ouvrir dans une pièce, le bois qu?on doit toucher pour éviter la poisse, l?échelle dont il faut éviter à passer dessous, le lucky bamboo qui apporte la chance? C?est quoi être superstitieux ? Les exemples ne manquent pas pour illustrer cette attitude.

Une tendance à l?irrationnel

Il suffit d?une petite enquête autour de vous pour réaliser combien de gens croient dans les talismans, les gri-gris et combien d?autres évitent certaines choses, de peur d?attirer le malheur. Mine de rien, beaucoup de gens ont une tendance à l?irrationnel.

« J?ai rêvé un soir que ma mère s?occupait d?un bébé. Le lendemain, ma nièce m?a annoncé qu?elle était enceinte. Ma mère m?avait déjà fait un signe à travers mon rêve », explique une enseignante. Beaucoup croient à l?existence de rêves prémonitoires, et plusieurs accordent du crédit à la prédiction des voyants, parlant même parfois d?envoûtement.

Faut-il y croire ou pas ? Doit-on établir un lien entre un objet, un geste ou un mot, alors qu?il n?y a aucun rapport intelligible entre le signe et l?événement en eux-mêmes ? Pour le sociologue Ibrahim Kodoruth, il n?y a pas de réponse précise à cette question. « Les superstitions dépassent certes le rationnel, mais le fait de ne pas maîtriser quelque chose ne veut pas dire que ça n?existe pas ou que ça existe. » Pour lui, il est dans la nature de l?homme d?être superstitieux, car les superstitions découlent de traditions et se transmettent de génération en génération. « Forcément, à force d?entendre ces choses, on est tenté d?y croire ou sinon de prendre des précautions », explique-t-il.

Ce qui est grave c?est quand cela provoque des psychoses. « Il y a des gens qui sont tellement obnubilés par ce qu?ils croient, qu?ils finissent par voir toutes sortes de choses et à les mettre sur le dos du surnaturel. Le problème, c?est que cela rompt leur train-train quotidien. Ils vivent alors dans la frayeur, se mettent sur la défensive et cela explose un jour ou l?autre », explique le sociologue. Accorder trop de crédit aux superstitions peut cacher un problème de manque de confiance en soi, en son environnement. Certains peuvent trouver là un moyen de se déresponsabiliser de ce qui leur arrive. En fait, tout dépend de nos convictions, de notre personnalité, de notre spiritualité, de la façon dont on a été élevé.

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