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Suicide ou accident ?
Vimala ne sait plus à quel saint se vouer. Chaque jour, elle invoque le ciel pour que Deven, son époux, soit retrouvé en vie. Ce dernier, qui s?était rendu à une partie de pêche mardi, n?a plus donné signe de vie. À bord de sa petite pirogue retrouvée coincée sur les récifs, les gardes-côtes ont récupéré son casque, son blouson et des poissons. Tout laisse croire que Deven est tombé accidentellement à l?eau et qu?il a été englouti par les flots.
Au domicile des Murugan à Arsenal ce vendredi après-midi, tout le monde s?est réuni sous la varangue en attendant d?avoir les dernières nouvelles concernant les recherches. Assise sur une chaise avec son bébé qui ne cesse de pleurer dans les bras, Vimala, visiblement angoissée, tente de le calmer. À bout de forces, elle demande à ses proches de le prendre.
La jeune femme, mère de trois enfants, refuse de croire que son époux n?est plus de ce monde. « Tou dimounn pe dir kan pou gaign lekor mo mari. Se pa so kadav ki mo pe atann. Mo espere li retourn lakaz pou gett so bann zanfan », nous lance-t-elle avant d?éclater en sanglots. Les yeux cernés par la fatigue, Vimala semble n?avoir pas fermé l??il depuis plusieurs jours.
« Mo pe pass mo letan espere li retourn dans so lakaz. Kan li ti kitt lakaz li ti ale, moi avek mo bann zanfan finn dir li : ?Bye bye papi. Pas retourn tar?? » Vimala ne peut retenir ses larmes en disant cette phrase.
Assise à côté d?elle, l?une de ses proches ne reste pas insensible à cela. Concernant le drame qui s?est produit ce mardi, Vimala pense que son époux est tombé accidentellement à l?eau. « Mo panse letan li finn avoy kazie dan dilo, lakord finn may dan so lipie et li finn tombe. »
L?espoir de revoir son fils
Mais les parents de Deven ne sont pas de cet avis. Pour eux, leur fils s?est suicidé. Mooniama, la mère du disparu, est inconsolable. Si son fils n?est plus là, c?est selon elle à cause de sa belle-fille. « Li ti pas so letan batt mo garson avec balie ek soulie et li ampess li vinn guett moi. Fode mo piti sove pou vinn kit poisson pou moi. »
Sarojini, la s?ur de Deven, nous raconte que son frère avait laissé entendre un jour qu?il avait perdu goût à la vie. « Monn plein avek mo lavi. Enn zour mo pou disparett », aurait-il confié quelques semaines avant qu?il ne disparaisse en mer.
Selon une voisine de Deven, le couple se disputait presque tous les jours. « Mo ress a kote avek zot. Tou les zour mo tann lager », confie-t-elle.
Pendant ce temps, Moonien, le père de Deven, attend dans la rue. Assis sur un morceau de béton en face de sa maison, l?homme garde toujours l?espoir de revoir son fils au bout du chemin. Perdu dans ses pensées, il semble se demander ce qui s?est vraiment passé, la veille, à Balaclava.
Suicide ou accident ? Nul ne le saura. Deven a emporté avec lui ce grand mystère, laissant ses proches dans les affres du doute et de la douleur.
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