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Sucre : Nando Bodha dévoile l?arsenal diplomatique,

29 juin 2004, 20:00

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La situation n?est pas idéale, mais tout n?est pas joué. Des dangers guettent certes le sucre mauricien en Europe, mais des initiatives de lobbying visant à faire pencher la balance en notre faveur sont en train d?être mises en route. C?est ce qui ressort de la réponse du ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, à la Private Notice Question (PNQ) de Navin Ramgoolam hier au Parlement.

Les exportations sucrières des ACP (Afrique Caraïbes Pacifique), dont Maurice, vers les marchés protégés en Europe sont menacées de deux côtés. Il y a d?abord la réforme du régime sucrier européen et ensuite le fait que cet arrangement est attaqué, à l?Organisation mondiale du commerce (OMC), par trois pays : le Brésil, l?Australie et la Thaïlande. Dans les deux cas, les acquis sous le Protocole sucre (durée du protocole, prix garanti et marché assuré) sont plus que jamais remis en question.

La menace la plus pressante se situe au niveau de la réforme sucrière en Europe. Le 14 juillet prochain, Franz Fischler, le commissaire européen à l?Agriculture, devra présenter ses recommandations sur la révision envisagée du régime. Un avant-projet de la réforme (leaked paper), en circulation depuis la semaine dernière, prévoit une chute de 37 % du prix garanti étalée sur les trois années à venir. Par ailleurs, les quotas connaîtront une réduction de 2,8 millions de tonnes. L?UE prévoit un arrangement compensatoire en faveur des ACP dans le sillage de ces changements.

Ces éléments ont été analysés de près lors du sommet des ACP la semaine dernière à Maputo, au Mozambique. Des initiatives diplomatiques urgentes ont été déployées en conséquence. Le vice-Premier ministre, Pravind Jugnauth, et le ministre de l?Agriculture se rendront à Bruxelles incessamment pour faire des propositions au commissaire européen avant que ce dernier n?annonce ses recommandations finales.

La demande de Maurice est simple, explique Nando Bodha : les réductions des prix devront se faire sur une période plus longue que celle envisagée par Fischler.

Package prévisible

En revanche, pas question de toucher aux quotas préférentiels. La diplomatie mauricienne milite, par ailleurs, en faveur d?un package prévisible. Aussi, toute perte de revenus dans le sillage de la réforme devra être entièrement compensée.

?Depuis que nous sommes au gouvernement, notre priorité a toujours été de préserver nos acquis sous le Protocole sucre?, affirme le ministre de l?Agriculture. Il a invité l?opposition à ne pas adopter une position partisane sur la question. Le leader de l?opposition a subséquemment choisi un ton très conciliant lors de ses interpellations supplémentaires.

En 2000, le Protocole sucre faisait face à deux attaques imminentes : une réforme radicale du régime sucrier échelonnée sur une période couvrant juillet 2001 à juin 2006 et l?initiative du commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, l?EBA (everything but arm) qui prévoyait le démantèlement des barrières tarifaires à partir de janvier 2004.

Pour le ministre Bodha, c?est grâce à la campagne de lobbying entreprise par Maurice que le projet d?EBA a pu être différé, tandis que le régime sucrier a été reconduit pour la période juillet 2001 à juin 2006 avec des modifications mineures. Il n?y a plus qu?à espérer que la diplomatie fera, cette fois encore, preuve de la même efficacité?

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