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Statistique d?inflation diversement appréciée
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Statistique d?inflation diversement appréciée
L?attente nerveuse de la Fed et une prévision décevante de General Motors ont pesé sur la Bourse, le marché obligataire ayant lui souffert d?une statistique d?inflation jugée mauvaise, cette dernière n?ayant par contre eu guère d?effet sur le dollar.
Le transfert de souveraineté en Irak, effectué avec deux jours d?avance et dans une relative discrétion, a un temps soutenu Wall
Street, mais la nervosité préludant à la décision monétaire que doit prendre la Réserve fédérale aujourd?hui a finalement repris ses droits lundi après-midi.
D?autant que General Motors (GM) a annoncé que les ventes de véhicules avaient été plus faibles que prévu en juin aux Etats-Unis. Il n?en fallait pas plus pour refroidir définitivement l?apaisement qui avait salué l?événement irakien.
?Quand GM a fait son annonce, on a eu un premier coup d??il sur ce qui s?était passé en juin?, commente Hugh Johnson (First Albany Corp). ?Ce n?étaient pas de bonnes nouvelles et, comme on pouvait s?y attendre, la Bourse a reculé.?
L?indice Dow Jones (DJ) perd 14,75 points (0,14 %) à 10.357,09, le Nasdaq Composite (NC) 5,65 points (0,28 %) à 2.019,82, et le S&P-500 (SP) 0,90 point (0,08 %) à 1.133,52. La réunion de la Fed se terminera aujourd?hui.
On relève par contre, croit-on sur le marché, un relèvement du taux des Fed funds d?un quart de point à 1,25 %. Ce n?est donc pas tant la hausse des taux elle-même que les commentaires qui l?accompagneront qui intéressent le marché. D?autant que la statistique d?inflation des dépenses de consommation (PCE) amène certains à penser que la Fed pourrait réviser son engagement à resserrer le crédit de manière mesurée.
Des cambistes ont fait l?analyse inverse et le dollar n?a pas tiqué parce que ces cambistes pensent que cette statistique témoigne d?une inflation maîtrisée et qu?elle n?obligera donc pas la Fed à changer son fusil d?épaule. Le gouvernement a fait savoir que l?indice des prix brut mesuré par les PCE, qui fait abstraction de l?alimentation et de l?énergie, a augmenté de 0,2 % en mai comme en avril, alors que le marché attendait 0,1 %.
En rythme annuel, sa croissance est de 1,6 %, là encore comme en avril. ?Ces chiffres montrent que l?économie américaine se comporte très bien et que les pressions inflationnistes s?accumulent, bien que lentement. Une inflation brute étouffée s?accorde au rythme mesuré de la Fed vis-à-vis des taux?, explique Peter Frank (ABN Amro, Chicago).
Par comparaison avec ce qui va encore tomber cette semaine, lundi n?était rien, fait-on valoir sur le marché, évoquant la décision de la Fed prévue aujourd?hui mercredi, la statistique manufacturière ISM jeudi, et, surtout, la statistique de l?emploi samedi.
En fin d?après-midi, l?euro était en hausse de 0,08% à 1,2182 dollar, tandis que le dollar gagnait 0,3 % à 107,92 yens. Le dollar gagnait aussi 0,1 % à 1,2487 franc suisse mais perdait 0,16 % à 1,8294 contre la livre sterling.
D?autres analystes des changes partagent les préoccupations des analystes boursiers vis-à-vis de la statistique PCE. ?Au vu de la hausse rapide des dépenses de consommation et de l?emploi, la Fed ne peut se permettre d?être nonchalante envers l?inflation avec des taux qui n?ont jamais été aussi bas en 46 ans, dit Michael Woolfolk (Bank of New York). La statistique du jour accroîtra la probabilité que le mot ?mesuré? soit retiré du communiqué.?
Sur le marché obligataire, la statistique PCE a été jugée très inflationniste et un mouvement de dégagements s?en est suivi qui a acquis ensuite sa propre autonomie. L?inflation est la pire ennemie de l?investisseur sur le marché obligataire car elle réduit la valeur relative des rendements des produits à taux fixe. Dans la mesure où le marché de l?emploi est en train de se raccommoder, et que cela est pris comme un fait acquis, tout ce qui touche l?inflation acquiert à présent une place prépondérante.
Trop d?inflation amènera la Fed à être beaucoup plus énergique sur les taux, ce qui ne peut que déplaire au marché obligataire car les futurs emprunts à venir seront alignés sur les nouveaux taux, au détriment des emprunts déjà sur le marché. Pourtant, certains économistes conseillent de ne pas s?affoler outre mesure. ?Même si l?inflation brute a doublé depuis décembre 2003, elle reste bien à l?intérieur de la marge objectif présumée de la Fed de 1 à 2 %, observe Steven Wood (Insight Economics). De surcroît, elle reste encore à un de ses niveaux les plus bas de ces 40 dernières années.?
La note à 10 ans a cédé 21/32, donnant un rendement de 4,74 % contre 4,65 % vendredi dernier. L?emprunt à 30 ans a perdu un point entier (5,41 % contre 5,34%). Les futurs eurodollars ont baissé après la statistique PCE, les investisseurs relevant le risque d?une hausse des taux d?un demi-point lors de la réunion de la Fed du mois d?août.
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