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Spontanéité et pARTage
Maurice qui ne figure même pas sur certaines cartes du monde. Faut pas croire tout ce que l?on voit. Venues d?Afrique du Sud, du Kenya, d?Estonie et de Maurice, quatre plasticiennes étaient en résidence artistique. Le tout organisé par l?association pARTage.
Quinze jour de création en tout intensité. Le principe étant que tous leurs besoins sont pris en charge ? matériaux de travail, nourriture, logement etc. les libérant ainsi de toutes contraintes. Pour pouvoir crée.
Libres de rester en atelier ou de se promener. Libres de muscler leurs méninges ou de faire marcher leurs membres, c?est au bout de quinze jours que les artistes sont invitées à exposer leur production.
Une série d??uvres qui resteront accrochées au siège de l?Alliance Française, à Bell Village, jusqu?à demain. Celles de Ena Carstens d?Afrique du Sud, Maryann Muthoni du Kenya, Olga Jurgenson d?Estonie et de Neermala Luckeenarain, mauricienne.
Elle dit d?emblée «No barrier». Abolition des frontières dans un triptyque. Du tableau du milieu ressort surtout le rouge-bleu ?jaune-vert national. Au-delà des formes que l?on devine plus que l?on ne voit. A gauche, les mêmes formes portées par du blanc et noir dans tout ses états. Porté par du collage de papier, son volume, ses déchirures qui l?assimile à de la paille. A droite, des tons plus mélangés, plus foncés, plus prononcés.
Trois états qui contrastent par exemple avec le triptyque photographique d?Olga Jurgenson, «Mauritian winter». D?abord plus de noir que de couleurs. Comme au point du jour où à la tombée de la nuit, en cette saison. Et puis, on devine l?angle d?une fenêtre ? ou est-ce d?un meuble ? Un carré de vitre, ou est- un pan de drap. Un bout de porte ? ou est-ce le dossier du lit ? univers plus sombre que clair, plus flou qui fait appel au flair. Mais ce flou opaque, froid rappelle, par association d?idées, les nuits douillettes. Où l?on oublie l?heure. Quand on n?aperçoit pas encore les jeunes rayons du soleil. Que l?on croit qu?il est 5h du matin alors qu?il est exactement 7 h.
Plus loin, une Eve pas frileuse du tout. Croquée par Ena Carstens, «after eating from the tree of knowledge». Un nu grand format au charbon. Un auto-portrait. Où l?on voit surtout le décalage entre la silhouette allongée, en repos apparent, et le regard qui trahit un bouillonnement intérieur, accentué par les sourcils froncés. Une Eve entourée de feuillage ? pas coussin gracieux pour ses formes mais presque menaçant de la recouvrir, de l?étouffer. Est-ce pour que la connaissance ne sorte pas du jardin d?Eden. Manière de lui dire de profiter de ses toutes dernières secondes de paradis juste avant son expulsion.
Autre voyage, plus littéral cette foi, les trajets de Maryann Muthoni, durant son séjour dans l?île. Ses aller-restours entre Beau-Bassin, Saint Pierre, Moka, Belle- Rose, Curepipe. Recherche de repères de la kenyane qui était à sa première visite à Maurice. Recherche de repère dans des noms de lieux qui lui sont inconnus. Des noms comme une chanson vide, avant qu?elle n?y associe un visage, un paysage, un regard, une gare. Comme dans son collage Memwar lil moris/ my diairy. Un souvenir émerge du lot : les courses de chevaux, que Maryann Muthoni restitue en récupérant des tickets de pari en ligne. Sur lequel elle grave la course et la foule en mouvement. Hippique !
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