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Souveraineté mauricienne : aucune victoire à l?horizon
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Souveraineté mauricienne : aucune victoire à l?horizon
Si le Groupe réfugiés Chagos a remporté haut la main une bataille juridique, en revanche, la guerre pour que Maurice retrouve sa souveraineté ? qui demeure l?enjeu principal de toute cette affaire ? n?est pas prête de cesser. Cette question de souveraineté mauricienne est certes reconnue par les Nations unies et les pays non alignés, mais au niveau de la Grande-Bretagne et des États-Unis, les réticences sont manifestes.
La presse étrangère, davantage peut- être que les militants mauriciens de cette cause, fait une analyse lucide de la question. Selon Ewen Macaskill, journaliste au journal britannique The Guardian, qui suit depuis des années le dossier chagossien, il ne fait pas de doute que les autorités anglaises ne renonceront en aucune manière à sa souveraineté sur le BIOT (British Indian Overseas Territories).
« The Diego Garcia, is too valuable to the British. In 2000, there was a letter from the Pentagon to the Foreign Office and it spelt out that the Chagossians should not be allowed to return. The base is important to the British as well as to the Americans. And in no way they will return it back to Mauritius by 2016 (NdlR : date de l?expiration du bail entre la Grande-Bretagne et les États-Unis.). »
La récente déclaration de Geoff Hoon, ministre de L?Europe, à la Chambre des Communes mardi, ne laisse d?ailleurs aucun doute sur les intentions du gouvernement britannique : « The government does not recognise the claim by Mauritius to sovereignty over the BIOT. However, we have recognised Mauritius as the only state which has a right to assert a claim of sovereignty when the United Kingdom relinquishes its own sovereignty and successive governments have given undertakings to the government of Mauritius that the territory will be ceded when no longer required for defense purposes. » En termes clairs et nets, ce n?est pas demain la veille que Diego Garcia sera inutilisée?
Le gouvernement mauricien a déjà sollicité une rencontre avec Tony Blair. « Je n?ai épargné aucun effort depuis qu?il (Blair) est revenu au pouvoir pour réaffirmer notre souveraineté sur les Chagos. Jusqu?ici, le gouvernement britannique n?a donné aucune indication sur une possible rencontre avec les autorités mauriciennes. Il se pourrait qu?une décision soit communiquée au gouvernement mauricien, après que le gouvernement britannique ait pris une décision dans les 28 jours, pour faire appel ou non au jugement de la Haute Cour de Londres », a déclaré Navin Ramgoolam au Parlement.
« Au bord du précipice »
Cette affaire donne le tournis aux observateurs. Et elle risque d?échapper au contrôle du gouvernement mauricien. Si pour certains spécialistes des relations internationales, les Britan-niques voudraient maintenir le statu quo en attendant que sur le plan juridique la situation se décante, pour les Américains par contre, la position stratégique des Chagos est un avant-poste géostratégique non négligeable, surtout en raison du climat au Moyen-Orient.
Si d?aucuns pensent que le récent jugement ne met pas en péril la question de la souveraineté mauricienne et au contraire que cela ouvre la voie, la réalité risque d?être tout le contraire. Me Hervé Lassémillante, homme de loi du Groupe social chagossien de Fernand Mandarin, estime que ce jugement britannique, « suite à l?action légale logée par Olivier Bancoult, en tant que citoyen britannique », mène et le gouvernement et le peuple mauriciens « au bord du précipice ».
Selon Me Lassémillante, « L?Angle-terre a toujours le choix de réhabiliter Peros Banhos et Salomon, en vue de permettre le rétablissement des Chagossiens. Dans cette éventualité, il y aura une communauté de Chagossiens britanniques sur les îles de l?archipel. Et la conséquence politique sera un gouvernement comme ceux que l?Angleterre depuis Robin Cook a favorisés dans les BIOT comme Anguilla, St Kitts, St Helena, Gibraltar et les Falklands. Un tel gouvernement sera dépendant et responsable envers Londres et il aura un chef ministre à sa tête. Et qui sont mieux qualifiés que les anglophiles Allen Venkatessin et Olivier Bancoult, deux chefs de groupe chagossien ».
Malgré les cris de victoire ici et là, la question de la souveraineté reste entière pour le quadricolore mauricien. Le droit de retour est le cheval de bataille des Chagossiens, soit. Est-ce pour autant que Maurice doit crier victoire ? Les récents développements nous disent non?
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