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Souriez,vous êtes fliqués
La ville de Saint-Denis achèvera dans quelques jours les travaux d?installation de son dispositif de vidéo surveillance du carré piéton. Treize caméras seront pointées sur la foule de la rue Maréchal-Leclerc dès fin novembre. Les images seront transmises à un mur d?écrans, placé dans le sous-sol de la mairie, et analysées par des agents municipaux spécialement formés. Plus de 559 000 euros auront été débloqués pour financer ces installations. Une première à la Réunion, puisque, pour l?instant, aucune caméra n?est officiellement en fonction sur la voirie publique, hormis celles qui surplombent la route du Littoral. Apparemment, cette initiative en annonce beaucoup d?autres. Ainsi, la commune de Saint-Pierre lancera dans quinze jours un appel d?offres pour réaliser également son propre réseau de vidéo surveillance. La municipalité mise sur des délais de livraison très courts, de l?ordre de deux mois.
?Le maire m?a demandé de faire vite.?Il m?a dit : ?Fais les études toi-même?, explique Denis Léonis, directeur de cabinet de Michel Fontaine (UMP).
Une solution particulière pour économiser du temps, et de l?argent. Quoi qu?il en soit, la commission locale de sécurité ? dans laquelle siègent notamment le sous-préfet, le procureur et un représentant de la police nationale ? a donné son feu vert, suite à la proposition du maire. La plupart des sites à surveiller ont déjà été définis : ?Il s?agit tout simplement des endroits où il y a du monde le soir, comme la rue des Bons Enfants ou la rue Babet?, précise M. Léonis. Trois caméras filment déjà le port. Un prélude fort discret à ce qui se prépare. Car les projets de la ville sont de grande envergure.
<B>Un mois d?enregistrement</B>
Pour l?instant, ce premier appel d?offres ne concerne que dix caméras, dont une sera installée à la Ligne des Bambous et une seconde à la Ravine-des-Cabris. Une zone sera aussi surveillée à Pierrefonds. Le tout coûtera environ 150 000 euros, en comptant la location de ligne pour le système internet, et l?installation d?un poste de contrôle à la capitainerie du port. L?objectif est ensuite d?acquérir 10 caméras supplémentaires chaque année ! Quitte à employer un stratagème d?une simplicité déconcertante : ?Les caméras seront placées dans des dômes de verre teinté, nous pourrions donc installer plus de dômes que d?appareils, et les déplacer régulièrement sur différents sites.? De cette manière, l?effet dissuasif reste efficace, même si les dômes sont vides . Mais au fait, cette initiative plutôt musclée a-t-elle été proposée au vote lors d?une séance du conseil municipal ? La réponse est non. Le cabinet de Michel Fontaine envisage simplement d?organiser une conférence de presse, afin ?d?informer la population?. à Saint-Denis, comme à Saint-Pierre, les effets immédiats de la vidéo surveillance sont connus. Les faits qui peuvent être considérés comme des délits se déplacent tout simplement un peu plus loin, loin des caméras. L?essentiel est pour les élus d?instaurer un climat de sécurité, tel est du moins le message politique qu?ils expriment. La législation impose pour l?instant aux collectivités de stocker les images pendant un mois au maximum, dans un local sécurisé qui ne peut être ouvert qu?en présence d?un officier de police judiciaire. Le ministre de l?Intérieur proposera le 19 octobre de renforcer ce dispositif, qui date de 1995. Un effet ?domino? est désormais perceptible. Car les premières initiatives réunionnaises ont déjà fait des émules. Le maire du Tampon, André Thien-Ah-Koon (UMP), est en ?phase de décision? pour sa ville. En décembre dernier, le sous-préfet de la circonscription de Saint-Paul avait fait savoir, au cours d?une réunion du conseil local de sécurité, qu?il souhaitait ardemment voir se développer un système de vidéo surveillance dans la commune de l?Ouest. Enfin, Saint-Louis serait aussi sur le point de filmer ses citoyens dans les rues, à en croire certains fournisseurs de caméras. La vague de la vidéo surveillance citadine serait-elle en passe de devenir un tsunami du genre ? Il faut dire que le passage récent de Nicolas Sarkozy dans le département n?a pas franchement freiné cette tendance. La préfecture, qui doit donner son accord avant toute installation d?une caméra dans un lieu public, n?avait toutefois ? jusqu?à la semaine dernière ? pas reçu d?autres demandes que celle de Saint-Denis.
<B>Sébastien LAPORTE</B>
Clicanoo.com
<B>Sites sensibles</B>
Et les zones privées ? Les installateurs de caméras assurent que leurs appareils ne filment que les zones publiques, et non les zones privées.
Il existe un système de ?masquage dynamique des zones privatives?. Autrement dit, si l?objectif se braque sur une fenêtre d?un logement quelconque, celle-ci ne pourra être vue de l?agent de sécurité installé devant son PC. Une affirmation qui laisse encore dubitative une grande partie de la population.
Depuis les attentats de Londres, le plan Vigipirate est toujours au rouge à la Réunion. Les installations pétrolières de la SRPP et d?EDF au Port sont donc toujours surveillées de près. La centrale thermique de Bois Rouge n?a pas fait l?objet de dispositions particulières, il faut dire qu?elle est en permanence gardée par des vigiles et dispose d?un système de vidéo surveillance.
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