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Soulagement après les quotas US sur les vêtements chinois
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Soulagement après les quotas US sur les vêtements chinois
Une bouffée d?oxygène pour l?industrie du textile et de la confection du pays. Les Etats-Unis ont réintroduit des quotas d?exportation sur les vêtements en provenance de Chine. Trois catégories de vêtements sont visées : les t-shirts, les pantalons et les sous-vêtements. Les deux premières catégories concernent Maurice.
Cela fait plusieurs mois que le lobby du textile américain met la pression sur l?administration Bush pour qu?elle agisse contre l?explosion des importations de vêtements chinois.
L?industrie locale accueille la nouvelle avec joie. Les exportations de Maurice vers le marché américain sont en baisse depuis ces dernières années. Elles sont passées de Rs 8,4 milliards en 2003 à Rs 7,3 milliards l?année dernière.
Le fabricant de t-shirts Tropic Knits, qui écoule 25 % de sa production sur le marché américain, est rassuré. ?C?est une bonne nouvelle. Jusqu?à présent, nous n?avions pas senti directement la concurrence chinoise. Mais la réintroduction des quotas vient enlever une menace que nous sentions venir?, déclare François Eynaud, directeur de Tropic Knits.
Même si cette usine ne percevait pas encore la menace chinoise, les statistiques démontrent une croissance phénoménale ? de 1350 % ? des importations de t-shirts Made in China sur le marché américain. De janvier à avril 2004, la Chine y a exporté 8,1 millions de t-shirts. Entre janvier et avril 2005, ce nombre est passé à 117 millions de pièces.
?Nous ne sommes pas contre la Chine. Nous sommes pour un level playing field et la transparence. Or, avec la Chine, il n?y a pas de transparence. Nous n?arrivons pas à comprendre comment ils peuvent produire à si bas prix?, déclare Ahmed Parkar, président de la Mauritius Export Procession Zone Association.
Le lobby américain du textile accuse la Chine de fausser le jeu à travers des subventions directes de l?Etat aux fabricants et une sous-évaluation voulue de la monnaie chinoise. Ce qui permet à ce pays d?offrir ses vêtements à moitié prix.
La réintroduction des quotas sur les vêtements chinois est conforme à une des conditions imposées à Beijing lors de son accession à l?Organisation mondiale du commerce (OMC). Il avait été agréé que si un pays note une explosion des importations en provenance de Chine qui nuit à son industrie locale, il pourra prendre des mesures de sauvegarde comme la réintroduction des quotas.
Néanmoins, ces mesures de sauvegarde ne pourront être prises que jusqu?en 2008. Durant cette période, les exportations de la Chine dans les trois catégories de vêtements précitées ne pourront augmenter de plus de 7,5 % annuellement. L?imposition des quotas prend effet à partir de fin mai.
?C?est toujours un breathing space pour l?industrie locale du textile-habillement?, commente le commissaire au commerce, Peter Craig, de Washington. A ses yeux, le plus important est que la décision américaine de réintroduire les quotas peut créer des réactions en chaîne au bénéfice de l?industrie textile et de confection mauricienne.
Il existe, d?une part, la possibilité que d?autres grands pays importateurs tels l?Union européenne, le Japon, l?Australie et l?Afrique du Sud suivent les Etats-Unis pour imposer des quotas sur les exportations de vêtements chinois.
Mais, plus immédiatement, les grandes multinationales du vêtement se voient obligées de réviser leurs stratégies d?approvisionnement.?Elles se rendent subitement compte qu?elles ont eu tort de mettre tous leurs ?ufs dans le même panier. J?ai parlé avec de gros clients comme The Limited et ils disent qu?ils devront retourner vers des fournisseurs tels que Maurice?, poursuit Peter Craig.
Redistribution des commandes
?Cette décision va certainement créer de l?incertitude chez les gros clients?, renchérit François Eynaud. Il estime que la décision américaine de réintroduire les quotas rétablit la situation sur le marché international du textile, telle qu?elle était avant l?abolition des quotas en janvier de cette année.
Pour certains analystes, l?imposition des quotas ne change pas grand-chose à la donne. Car ce sont les autres grands producteurs mondiaux tels l?Inde, le Pakistan, le Bangladesh, le Vietnam ou encore la Turquie qui en profiteront en premier.
François Eynaud n?est pas d?accord avec cette analyse. ?Premièrement, ces pays n?ont pas la même capacité de production que la Chine. De plus, les grands acheteurs ont compris que s?ils se concentrent sur un autre pays fournisseur, des limitations de quotas pourront également frapper ces pays. Je pense qu?ils chercheront à redistribuer leurs commandes sur un plus grand nombre de pays.?
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