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Questions à…
Michel Mey : «La MASA est une bonne société des droits d’auteurs»
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Questions à…
Michel Mey : «La MASA est une bonne société des droits d’auteurs»
Michel Mey,délégué régional de la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM) pour l’océan Indien.
Court séjour du délégué régional de la SACEM, début août. Venu (re) prendre la température de la Mauritius Society of Authors (MASA). Il dit constater des progrès dans la répartition.
Vous êtes de passage pour «mettre les choses à plat» avec la MASA. Est-ce que cela veut dire que la MASA n’est pas en règle avec la SACEM ?
La MASA est en règle, nous sommes deux sociétés sœurs. Le principal problème concerne les ayants droit mauriciens qui sont inscrits à la SACEM. Les auteurs, compositeurs, arrangeurs et éditeurs mauriciens qui ont une adresse à La Réunion ou à Paris peuvent contracter avec la SACEM. L’idée, c’est que tout artiste mauricien soit à la MASA.
Il y a aussi des cas où des ayantsdroits mauriciens sont enregistrés auprès des deux sociétés de droits d’au- teurs. C’est ce que vous ne voulez pas ?
La MASA est souveraine sur le territoire mauricien (NdlR : elle collecte les redevances pour l’utilisation de la musique d’auteurs locaux et étrangers. Les droits des ayants droit étrangers sont reversés par la MASA aux sociétés où ils sont enregistrés).
Et donc, que signifie «mettre à plat» dans ce contexte ?
Il y a certains habitants de l’île Maurice qui ont réussi à n’être qu’à la SACEM.
Ce n’est pas bien ?
Non. Il faudrait que chaque auteurcompositeur mauricien soit inscrit à la MASA.
■ Michel Mey a échangé avec Joëlle Coret et Gérard Louise, respectivement présidente et directeur de la MASA.
Des ayants droit ont estimé qu’à cause des problèmes auxquels la MASA est confrontée, que c’était mieux de confier la gestion de leurs droits à la SACEM.
Il y a des problèmes qui sont en train de s’aplanir grâce à Gérard Louise (NdlR : le directeur de la MASA).
Certains des problèmes, surtout concernant la collecte et la répartition, sont chroniques. C’est aussi pour ça que les artistes mauriciens se tournent vers la SACEM.
L’artiste mauricien est avant tout MASA. Il y aura de moins en moins de problèmes grâce à l’arrivée de Gérard Louise.
Son retour, vous voulez dire ? (NdlR : le directeur de la MASA a été suspendu de 2011 à 2025. Il a repris son poste le 1er juillet l’an dernier)
Il faut redonner confiance dans la MASA aux Mauriciens.
Le fond du problème c’est que les artistes disent qu’ils ne sont pas assez payés. Qu’est-ce qu’il reste à faire à la MASA, pour inspirer davantage confiance ?
La MASA fait tout son possible. Pour vous donner une idée, sur YouTube, 1 000 passages rapportent à la SACEM 0,72 euro (environ Rs 38,90 au cours actuel).
Donc il faut des millions de passages pour véritablement rappor- ter aux ayants droit ?
Exactement. Soit le public aime, soit il n’aime pas. Ce sont les ayants droit qui touchent le moins qui râlent le plus.
Si un artiste mauricien est enregistré à la SACEM, il ne touche pas les droits sur les diffusions YouTube, pour le territoire mauricien ?
Les redevances pour YouTube sont perçues par la MASA et réparties selon les règles (NdlR : Le système n’est pas encore en place pour la collecte de redevances YouTube à Maurice). Prenons un exemple : si la musique d’un artiste mauricien est utilisée en Allemagne, la société GEMA va reverser les droits à la SACEM qui va les reverser à la MASA.
S’enregistrer à la SACEM allonge le processus.
Mais surtout, chacune des sociétés prélève sa part.
Donc la part finale des droits reversés à l’artiste se réduit.
S’il reste à la MASA, il touchera plus qu’en allant à la GEMA ou à la SACEM.
La MASA retient 30% de redevances comme frais administratifs. Le pourcentage est le même à la SACEM ?
Ce n’est pas un taux fixe comme à la MASA. Cela peut être 5% pour les concerts comme 40% pour d’autres catégories d’utilisateurs. Chaque diffuseur a sa propre clé de répartition selon, que c’est difficile ou pas.
Qu’est-ce que vous appelez difficile ?
Par exemple, les redevances pour la diffusion de la musique dans un magasin, c’est plus compliqué à collecter que pour un concert.
Les barèmes SACEM sont construits en fonction du service rendu par la musique. Dans un café, par exemple, les gens vont rester une demi-heure, une heure, alors que dans un magasin, ils vont rester 10 minutes. Un magasin de sport par exemple, paye 100 euros (environ Rs 5 400) à l’année. Un café va payer à peu près entre 400 et 500 euros (environ Rs 21 600 à Rs 27 000) par an.
Sans ambiguïté, vous dites que la MASA est une «bonne» société ?
C’est une bonne société. Je suis venu en novembre 2025 et je suis de retour maintenant. C’est le jour et la nuit, à la MASA. La répartition est mieux gérée.
On ne peut pas comparer la SACEM qui existe depuis 175 ans (NdlR : elle a été créée le 28 février 1851) avec la MASA qui a près de 40 ans. Il faut savoir que la SACEM a le même problème que la MASA.
Vous avez aussi des artistes qui râlent à chaque distribution ?
Bien sûr : 20% des artistes font 80% des droits (NdlR : à la MASA, pour la tranche de juillet 2026, sur un total de 2 160 bénéficiaires, 738 ont touché des royalties de plus de Rs 500 et 1 422 ont touché moins de Rs 500. Il y a 35 ayants droit qui ont touché entre Rs 25 000 et Rs 75 000).
Combien d’artistes mauriciens sont répertoriés à la SACEM ?
Il y en a 54. Ce sont les jeunes artistes qui viennent vers nous.
Persuadés qu’à la SACEM, ils toucheront plus de royalties.
Un auteur mauricien jouit d’abord des droits dans son pays. Si le succès est là, il ira à l’étranger. Il y a très peu d’auteurs mauriciens qui percent. Très peu dans les festivals. Ce qui fait le succès d’une chanson, c’est le public. Ce n’est pas l’auteur qui va décider.
Est-ce qu’au niveau international, l’image de la MASA s’est améliorée ?
Ils sont passés de membre fondateur à voyou (NdlR : au sein de la Confédération Internationale des sociétés d’auteurs et compositeurs).
Aujourd’hui, la MASA est toujours voyou ?
Non.
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