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Soobaha Fowdur inculpé d?entente délictueuse

7 septembre 2006, 00:00

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Le secrétaire permanent à la retraite Soobaha Fowdur, 59 ans, a été inculpé hier d?entente délictueuse (conspiracy) au tribunal de troisième instance de Port-Louis. Il a été arrêté à la suite d?une plainte déposée contre lui dans le cadre de l?enquête sur la vente à la barre.

Soobaha Fowdur est accusé d?entente délictueuse avec le notaire Jean Maxime Crouche pour commettre un acte préjudiciable contre Sheila Ginette Brette, une habitante de Rivière-du-Rempart. Celle-ci allègue avoir emprunté au chef de cabinet Rs 300 000 en hypothéquant son terrain en 2000. Sur les documents qu?elle signe, c?est la somme de Rs 450 000 qui est mentionnée. Elle doit la rembourser un an plus tard. Etant dans l?incapacité de le faire, elle aurait subi des menaces et aurait été contrainte, avec son époux, d?évacuer sa maison pour s?installer dans une autre à Rivière-du-Rempart.

Retraite prématurée

Hier, la police n?a pas objecté à la remise en liberté de Fowdur. Il a fourni une caution de Rs 50 000 et signé une reconnaissance de dette de Rs 250 000. Un ordre d?interdiction de quitter le pays a été déposé contre lui. Son avocat, Me Sunil Bheeroo, a requis hier la levée temporaire de cet ordre car son client doit se rendre en Grande-Bretagne le 16 septembre pour assister à la cérémonie de remise de diplôme de sa fille. Cette motion sera entendue le 12 septembre.

Soobaha Fowdur, qui était jusqu?à tout récemment chef de cabinet au ministère des Affaires étrangères, a soumis une demande de retraite prématurée. Requête qui a été acceptée. Il a été entendu hier par les enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (CCID) placés sous la supervision du surintendant de police (SP) Suthchidanand Lollbeeharry. La convocation du notaire Jean Maxime Crouche est également prévue.

?Allégations gratuites?

Dans sa défense consignée en présence de son avocat, Soobaha Fowdur déclare que les Brette sont venus le voir pour un emprunt car ils voulaient s?acheter des outils et une fourgonnette. Il leur aurait conseillé de s?en remettre au notaire Crouche pour rédiger un acte notarié. Au cours d?une réunion le 9 août 2000, le notaire, dit-il, a fait la lecture, en créole, de l?acte notarié et le montant de Rs 450 000 fut accepté.

Fowdur se dit victime dans cette affaire. Son avocat déclare ainsi que ?l?accusatrice ne peut venir six ans après pour dire qu?en fait le montant était de Rs 300 000?. Et d?ajouter, en parlant d??allégations gratuites?, que ?si une personne veut faire un retour en politique, qu?elle trouve d?autres moyens pour récupérer son gain politique?. Il précise également qu?on ne peut inculper une seule personne pour complot. ?On ne peut comploter avec soi-même.?

Harish Boodhoo : ?Ne me forcez pas à descendre dans la rue?

Harish Boodhoo hausse le ton dans son combat contre la vente à la barre. Il lance ainsi un appel à tous ceux ?qui ont eu affaire à Soobaha Fowdar?, leur donnant rendez-vous à Port-Louis vendredi au siège du défunt journal Sunday Vani. Pour le politicien, ces ?victimes? seraient plusieurs centaines. Et d?affirmer que ce haut fonctionnaire soupçonné d?être un ?casseur? aurait dû avoir été démis de ses fonctions au sein de la fonction publique.

Manifestation devant la Cour suprême

Harish Boodhoo avait déjà fait parvenir une correspondance au gouvernement, le 18 août. Adressée à Rashid Beebeejaun, qui assurait la suppléance au poste de Premier ministre, elle citait le témoignage de gens qui se disaient des victimes du haut fonctionnaire, notamment au sein de la fonction publique.

Harish Boodhoo, aujourd?hui, va plus loin. Il défie le Premier ministre, Navin Ramgoolam : ?Ne me forcez pas à descendre dans la rue?, lâche-t-il d?une voix forte, s?en prenant aussi à l?Attorney General, Rama Valayden qui, selon lui, ?porte certaines responsabilités?.

Les victimes de la vente à la barre demandent aux autorités de prendre des actions d?ici le 18 septembre. Au cas contraire, ils promettent de manifester devant la Cour suprême. ?Et je ne sais pas ce qui peut se passer, surtout avec la frustration qui règne en ce moment au sein de la population en général?, lâche Harish Boodhoo.

Plus que jamais, le directeur du défunt Sunday Vani réclame la mise en place d?une commission d?enquête, avec des ?gens solides?. Une commission ?ouverte? et taillée sur le modèle de la Commission justice et vérité d?Afrique du Sud.

Il fait aussi référence à la récente rencontre entre les victimes de la vente à la barre et le Premier ministre. ?Si le Premier ministre means business, s?il ne fait pas de cinéma, qu?il la nomme cette commission d?enquête?, insiste Harish Boodhoo.

Entre-temps, les représentants des victimes rencontrent, aujourd?hui, les partis d?opposition. Ils jurent cependant ne pas avoir de motivation politique, dans leur démarche. Et continuent de croire en une issue positive à leur combat. ?La victoire est proche?, annonce un Harish Boodho décidément plus déterminé que jamais.

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