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Sommes-nous influencés par la pub ?

29 mai 2004, 20:00

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Nous avons posé la question suivante à Véronique Wan Hok Chee, psychologue clinicienne et à Michael Joson, sociologue : « Sommes-nous influencés par la publicité? » Tous deux ont été unanimes à reconnaître que la publicité avait une influence quelconque dans le choix d?acheter tel ou tel produit. Ce qui reste à déterminer, « c?est dans quelle mesure elle influence les consommateurs dans leur choix », précise Michael Joson.

S?ils reconnaissent tous deux que la publicité permet aux consommateurs de découvrir les nouveaux produits, ils mettent en cause l?envahissement des espaces publics par la publicité. «La publicité exerce une sorte de magnétisme sur les gens. Je crois que la fête des mères pourrait bien expliquer ce nouveau phénomène. Beaucoup de personnes n?ont pas encore trouvé quel cadeau ils vont offrir à leur mère, mais il suffit qu?ils épluchent les nombreuses brochures qui leur sont distribuées pour que le cadeau idéal soit trouvé, » explique Véronique Wan Hok Chee.

« Aujourd?hui, le producteur ne crée pas que le produit, il crée également la demande pour le produit. Que l?on soit convaincu ou pas que la publicité influence nos achats, nous devons nous en accommoder, parce que la publicité fait partie intégrante de notre quotidien. Je dirai que la publicité c?est comme le viol de notre pensée, puisqu?elle pénètre notre pensée par la force. Elle fait travailler notre inconscient, » explique Michael Joson.

Ce qui est rassurant toutefois pour ce dernier, c?est que le consommateur est aujourd?hui un consommateur averti. « Il fait attention car il se méfie des publicités mensongères et des demi-vérités, » précise Michael Joson. « Je parlerai davantage d?une science de la publicité, plutôt que d?une industrie, tant ceux qui y travaillent et les instituts de sondages, fouillent le marché afin de déterminer la meilleure cible avant de trouver la meilleure stratégie pour toucher la fibre sensible du consommateur, » poursuit Michael Joson.

Pour Véronique Wan Hok Chee, la publicité peut-être un terrible « guet-apens » puisque certains consommateurs dépensent sans compter. « Dans ce cas, c?est le consommateur de type compulsif qui est le plus en danger. Il lui faut alors reconnaître qu?il a un problème afin de pouvoir le résoudre.»

L?ICP : la pub a un rôle d?informateur

60% des consommateurs sont intéressés par la publicité. C?est ce qu?a révélé une étude réalisée, il y a cinq ans. Mosadeq Sahebdin, directeur de l?Institut de la protection des consommateurs (ICP), explique que la publicité a une utilité car elle sert d?information. Selon lui, ceux sont des exercices utiles aux consommateurs. C?est le meilleur moyen d?informer le public.

Concernant la publicité télévisée, il explique que c?est surtout le sub-conscient qui est visé. « Quand le consommateur sera en présence du produit, l?image qu?il a retenu de la publicité qui le décidera. Ce n?est pas comme pour les soldes et les promotions où une réaction immédiate est attendue », souligne-t-il. Cependant, Mosadeq Sahebdin insiste sur l?importance d?avoir une loi pour régir la publicité pour éviter des dérives. L?Association des Agences de Publicités qui regroupe une quinzaine de membres a déjà un code d?éthique. Mais celui-ci n?est respecté que par ses membres.

La parole aux consommateurs

Les avis des consommateurs sont partagés sur l?influence de la publicité sur leur habitude. Raj, enseignant dans une école secondaire, explique qu?il se laisse influencer lorsqu?il s?agit de produits qui lui sont nécessaires. « Par exemple, il y avait une publicité sur une marque de rasoir très connue et je l?ai acheté en me disant que cela allait me servir. Lorsque je suis allé au supermarché, il y avait une promotion et je l?ai eu ainsi que des lames et un gel rasage pour Rs 700. J?étais content de mon achat. Je pensais avoir fait une bonne affaire. Car c?est quelque chose d?utile », explique-t-il.

Raj regrettera sa décision très rapidement. Le rasoir ne lui donne pas satisfaction. Le gel, quant à lui, lui procure une désagréable sensation de brûlure au visage. « La publicité a été un élément perturbateur car j?ai l?habitude d?utiliser des rasoirs jetables et je n?ai jamais eu le moindre ennui. Le produit n?a pas été à la hauteur de la publicité », déplore-t-il. Néanmoins, il précise qu?il ne se laisse pas influencer par la publicité tout le temps. Il est plus attentif à des produits qui lui seront utiles.

Nadine, assistante de direction, est, elle, une victime de la publicité? en ce qui concerne la nourriture. Biscuits, chocolats, boissons? sont ses péchés mignons. Même si elle se dit très influencée par la publicité, elle n?arrive pas à se souvenir d?un slogan qui l?a marqué en dehors de celui d?une célèbre marque de cosmétiques. « Je sais que je suis influencée lorsque je vois une publicité sur une marque de biscuit, par exemple. Lorsque je pars au supermarché, j?ai tendance à la chercher et à l?acheter. J?ai beaucoup de mal à me contrôler », explique-t-elle.

Patricia, mère de trois enfants, avoue regarder la publicité sans pour autant être sous son influence. Elle fera attention au produit vanté mais le prix et l?utilité sont les éléments déterminants pour elle. Pas question de faire des achats impulsivement ! « Moi, je n?ai pas besoin de publicité pour faire des folies. Il suffit que je parcoure les rayons d?un supermarché pour que je me laisse aller à des dépenses superflues. Cependant, après avoir pris de nombreux produits, il m?arrive aussi de me rendre compte de ma folie dépensière et alors, je vais replacer les produits sur leurs rayons respectifs», explique de son côté, Nandinee, étudiante à l?Université de Maurice.

Les avis sont partagés. Encore une fois, les consommateurs prouvent qu?ils ne se laissent pas avaler par une vague dépensière à cause de la publicité.

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