Publicité

Réforme de la pension

Joe Lesjongard dénonce l’absence des fonctionnaires des Finances et de la Sécu sur le Comité d’experts

16 juillet 2026, 11:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Joe Lesjongard dénonce l’absence des fonctionnaires des Finances et de la Sécu sur le Comité d’experts

■ (De g. à dr.) Yannick Catherine, Mahen Seeruttun, Joe Lesjongard, Vikesh Sohodeb et Ekta Swamber. © Vashish Kiranchand Sookrah

La réforme de la pension était au cœur de la conférence de presse du Mouvement socialiste militant (MSM), animée hier matin par le leader de l’opposition et président de ce parti, Joe Lesjongard, au Sun Trust Building. Pendant plus d’une heure, il s’est livré à une charge en règle contre le gouvernement, qu’il accuse d’avoir géré ce dossier dans «la confusion», de manquer de vision et d’avoir rompu les engagements pris devant les électeurs.

Joe Lesjongard a expliqué que le MSM souhaitait revenir sur un dossier qui, selon lui, plonge la population dans l’incertitude depuis des mois. Il a soutenu que les multiples annonces, changements de cap et consultations successives témoignent d’un manque de cohérence au sommet de l’État. «Il y a un dysfonctionnement et un amateurisme dans la manière dont le gouvernement gère certains dossiers importants», a-t-il lancé, estimant que la réforme de la pension illustre parfaitement cette situation. Le chef de l’opposition a particulièrement insisté sur le fait que le report progressif de l’âge d’accès à la pension ne figurait pas, selon lui, dans le programme électoral de l’Alliance du changement. À ses yeux, le gouvernement a rompu le contrat de confiance conclu avec les électeurs lors des dernières élections générales. Dans ce contexte, il n’a pas hésité à qualifier cette réforme de «plus grande trahison faite par un gouvernement envers son peuple», affirmant que les Mauriciens avaient accordé une large victoire à l’Alliance du changement sur la base de promesses qui, selon lui, n’ont pas été respectées.

Joe Lesjongard est également revenu sur la manifestation organisée samedi dernier dans les rues de Port-Louis par la Platform Komun Syndikal. Il a salué le rôle joué par les syndicats dans la mobilisation contre la réforme, les félicitant pour leur travail d’information auprès de la population. «Lepep finn montre samdi dernie ki li toultan dibout pou defann so drwa», a-t-il déclaré, avant d’ajouter qu’«aujourd’hui le peuple est en colère, et il a raison de l’être.» Le président du MSM a soutenu que la pension constitue un droit acquis et a reproché au gouvernement de considérer les bénéficiaires comme un poids financier plutôt que comme des citoyens ayant contribué au développement du pays.

Un comité contesté

Une large partie de son intervention a été consacrée à la chronologie de la réforme. Joe Lesjongard a notamment remis en question la composition du Comité d’experts chargé de réfléchir sur l’avenir du système de pension. Selon lui, ce comité comprend principalement des représentants du secteur privé alors que des hauts fonctionnaires des ministères concernés, notamment ceux des Finances, de la Sécurité sociale ou du Travail, n’y siègent pas.

Il a également critiqué les différentes consultations et les nombreux revirements depuis la présentation du Budget 2026-2027, estimant que ces changements traduisent une absence de direction claire au sein du gouvernement.

Interrogé sur les arguments avancés par l’exécutif selon lesquels la réforme est nécessaire pour assurer la viabilité financière du système de pension, Joe Lesjongard a répondu que le gouvernement aurait dû faire preuve de transparence avant les élections s’il estimait réellement qu’une telle réforme était indispensable. Il a rappelé que l’augmentation de la pension avait au contraire été promise durant la campagne électorale. Le leader de l’opposition a aussi estimé que d’autres pistes devraient être explorées afin de financer les dépenses sociales. Il a notamment évoqué une contribution accrue des entreprises les plus rentables. «On doit voir aussi les profits des grosses sociétés que nous avons dans le pays, à commencer par les banques», a-t-il déclaré en réponse à une question sur une éventuelle hausse de la fiscalité pour les entreprises les plus prospères.

Questionné sur l’avenir de la CSG Income Allowance, appelée à diminuer avant sa disparition annoncée en 2027, Joe Lesjongard a rappelé que cette allocation avait été instaurée par l’ancien gouvernement afin d’apporter un soutien financier aux familles. Sans s’engager explicitement sur son rétablissement en cas de retour du MSM au pouvoir, il a indiqué que cette aide avait été mise en place «de bon cœur» pour accompagner les Mauriciens.

Enfin, le chef de l’opposition a appelé le Premier ministre à ouvrir un véritable dialogue avec les partenaires sociaux avant toute décision définitive sur la réforme. Selon lui, seule une approche concertée permettra d’aboutir à une solution acceptable pour la population,et éviter que la contestation sociale ne s’amplifie dans les semaines à venir.

Publicité