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Somdath Bhuckory réclame des examens en hindi au CPE

3 août 2006, 20:00

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Début d?août 1981, Me Somdath Bhuckory confie, à la presse, son désir d?une meilleure promotion de l?enseignement, de la maîtrise et de l?usage de la langue hindi, à Maurice, notamment par l?introduction, en fin de cycle primaire, d?examens, en cette langue et, dont les résultats seront comptabilisés pour l?octroi du CPE et le classement des meilleurs écoliers. ?Il faut que cette langue devienne un sujet d?examen? Les enfants mauriciens, qui le désirent, doivent pouvoir choisir et apprendre une langue autre que l?anglais et le français? C?est une question d?équité.? Le gouvernement dépense déjà beaucoup d?argent pour l?enseignement des langues orientales. ?Si les élèves ne sont pas motivés d?une manière ou d?une autre, nous n?aurons jamais les effets escomptés.?

Cette prise de position suscite, bien sûr, des interrogations supplémentaires auxquelles Somdath Bhuckory répond avec sa sérénité et son bon sens coutumiers. Le linguiste passionné par l?hindi n?efface jamais en lui le légiste, progressant, à pas lents peut-être, mais sûrs.

Un sujet d?examen en hindi au CPE appelle, peut-être, un autre en créole. Qu?en pense Somdath Bhuckory ? Il revient directement au principe de base, ayant déjà répondu à cette question mais concernant l?hindi : ?Les Mauriciens doivent être libres de choisir leur moyen d?expression.? Il précise tout de suite : Toute valorisation de la langue créole appelle automatiquement celle du bhojpuri. ?Toutes les langues doivent co-exister. On ne peut exiger d?un Mauricien de s?exprimer exclusivement dans une langue quelconque.? Surtout si celle-ci lui est totalement étrangère.

Somdath Bhuckory évoque les débuts de l?enseignement de l?hindi à Maurice. Il commence au début du 20e siècle, sinon avant, dans les baïtkas qui fonctionnent comme des écoles du soir. Plus tard, on commence à l?enseigner dans le cycle primaire et, depuis l?indépendance, ici et là, dans le cycle secondaire.

Le recrutement d?enseignants d?hindi motive davantage de Mauriciens à apprendre cette langue. Leur motivation s?explique par de meilleures chances d?obtenir un emploi, exigeant la maîtrise de cette langue. Mais elle ne suffit pas. On peut la parfaire par le truchement d?examen comptant pour les résultats globaux du CPE. Sans ces examens de fin de cycle primaire en hindi, une majorité d?écoliers préféreront continuer à apprendre l?anglais et le français, dont les points obtenus sont pris en considération. Permettre à un nombre plus grand d?enfants mauriciens de devenir trilingues est promesse d?un enrichissement incontestable pour notre île Maurice. (Cela est d?autant plus vrai, en 2006. L?Inde et la Chine se présentent de plus en plus comme de futures grandes puissances industrielles et commerciales. La maîtrise du mandarin, de l?hindi et d?autres langues indiennes par certains Mauriciens sera sans conteste un net avantage par rapport aux peuples monolingues ou seulement bilingues).

Somdath Bhuckory précise tout de suite : l?enseignement de l?hindi ne signifie en aucun cas l?abandon de celui de l?anglais et du français. Il faut apprendre les trois langues en même temps. Au niveau du CPE, il faut donner le choix aux écoliers d?être interrogés en français ou en hindi, en sus de l?anglais, obligatoire pour tous.

Il n?y a pas que la langue hindi. Il y a aussi sa littérature. ?L?île Maurice peut se vanter d?avoir une littérature d?expression hindi assez développée.? Ce développement pourrait être plus ample encore si l?on peut mieux régler les problèmes d?édition, de diffusion et de financement, encore que ces problèmes s?étendent malheureusement à toutes les autres littératures pratiquées à Maurice.

Les auteurs mauriciens d?expression hindi ont la chance de pouvoir publier leurs ?uvres en Inde. Mais, dans ce cas, leurs ?uvres littéraires ne sont pas assez connues du public mauricien. Il y a un manque criard de traductions en anglais ou en français des ?uvres littéraires mauriciennes en hindi. ?Nous savons ce que les Russes et les Américains publient mais nous ignorons ce que font nos écrivains.? La littérature mauricienne d?expression hindi doit être mise à la portée de tous. ?Il faut briser la barrière, existant entre nos différentes littératures.?

Me Somdath Bhuckory partage sur ce point le pessimisme de son double confrère, en droit comme en littérature, Me Maurice Rault : le public mauricien n?est pas assez talentueux pour nos écrivains locaux. Nos livres, même les meilleurs, attendent désespérément des lecteurs et des clients. Pourquoi écrire et publier si les lecteurs manquent à l?appel ? La diffusion laisse aussi à désirer. On ne peut pas demander à un villageois de se rendre en ville pour acheter les livres devant enrichir son horizon intellectuel.

Mais il en faut davantage pour décourager un passionné de littérature du calibre de Somdath Bhuckory, aussi à l?aise dans la lecture comme dans l?écriture de l?anglais, du français, de l?hindi. L?ancien secrétaire en retraite de la cité de Port Louis a en chantier deux récits de voyage en anglais (Journey to America et Russian Rhapsody) et deux recueils de poèmes en hindi. Son éditeur de Delhi lui annonce la parution, en août 1981, d?un autre recueil de poèmes en hindi. Le MGI en fera de même à la fin de la même année. La revue littéraire de cette institution publie, chaque mois, ses articles relatant ses activités culturelles en hindi. Il commence ?le récit de ma vie d?une façon originale. Cela prendra un peu de temps mais j?espère terminer bientôt ?. Qu?est devenu ce manuscrit, précieux entre tous ?

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