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Siddick, tué pour son terrain
Le meurtrier de Siddick Sohomow n?était finalement pas Mackenzie Gungabissoon, un menuisier qui opérait illégalement un atelier et contre lequel Siddick avait consigné une déposition quelques semaines avant sa mort. Ce sont en fait sa belle-fille, Dioudy Husnoo, 29 ans, et l?ex-compagnon de celle-ci, Pierre-Yves Maratcha, âgé de 27 ans, qui sont à l?origine du drame. Arrêtés dans la soirée de mercredi par les enquêteurs de la Major Crimes Investigation Team (MCIT), ils ont été traduits en cour de Mahé-bourg le lendemain. Les deux suspects lorgnaient en fait le terrain qui avait été cédé à Siddick par son ex-épouse.
Propriétaire d?un élevage de volailles à Barlow, Belle-Vue-Maurel, Siddick et son épouse avaient entamé une procédure de divorce. Le couple comptait se séparer, mais il restait cependant un point litigieux, celui du terrain qui appartient à l?épouse de Siddick. Celle-ci avait accepté de le partager avec son mari afin qu?il puisse poursuivre ses activités. Une décision qui était mal vue par sa fille, Dioudy, qui ne s?entendait pas avec Siddick. Elle espérait par ailleurs pouvoir convaincre sa mère de lui laisser une partie du terrain.
Accusation provisoire d?assassinat
C?est ainsi que Dioudy et son ex-époux, employé dans une usine de Belle-vue-Maurel, se seraient mis d?accord pour « donner une leçon » à Siddick en espérant qu?il renonce au terrain tant convoité. Les enquê-teurs de la MCIT avaient, dans un premier temps, considéré Mackenzie Gungabissoon comme le principal suspect. Mackenzie et la victime n?entretenaient pas de très bonnes relations.
Le menuisier fait également partie d?un groupe d?habitants de la localité qui s?étaient opposés à la construction d?une mosquée sur le terrain de Siddick. Pour se venger, Siddick s?était rendu au poste de police pour consigner une déposition contre Mackenzie. Il a expliqué aux policiers que celui-ci opérait une menuiserie illégalement, ce qui constituait une nuisance sonore. Une forte animosité existait depuis entre les deux hommes.
Mais les limiers en charge de l?enquête ont rapidement délaissé cette piste pour se concentrer sur l?entourage familial de Siddick. Les relations entre ce dernier et sa belle-fille, ont-ils appris, n?étaient pas au beau fixe. C?est ainsi que les policiers ont procédé à l?arrestation de Dioudy et de Pierre-Yves dans la soirée de mercredi. Sous le coup d?une accusation provisoire d?assassinat, ils ont été maintenus en cellule policière jusqu?au 3 août.
Jambes, bras et côtes fracturés
C?est dans la nuit du 19 juillet que Siddick a connu une triste fin. Ses agresseurs l?attendaient à l?entrée de sa ferme lorsqu?il est arrivé à moto. Armés de tuyaux, ils se sont acharnés sur lui, le blessant grièvement. Réunissant ses dernières forces, Siddick est parvenu à leur échapper. Mais il sera vite rattrapé et tabassé avant d?être abandonné, agonisant.
Son fils parviendra à alerter les secours après s?être enfui de la ferme et pris un taxi jusqu?au poste de police. La victime est conduite d?urgence à l?hôpital du Nord où il rend l?âme. L?examen post mortem effectué par le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer, a attribué la cause du décès à des blessures multiples. Siddick a, en effet, eu les jambes, les bras et les côtés fracturés. Les tuyaux ayant été utilisés pour tabasser Siddick ont été retrouvés sur place le lendemain matin par les policiers.
La victime n?était pas très appréciée à Barlow parce qu?il lui arrivait souvent d?avoir des accrochages avec les habitants de la localité. « Li ti pe gaign problem ar tou dimounn. Pa ti kapav coz ar li sink minit san ki enn lager leve », laisse entendre un des voisins de la victime. Les villageois aiment ainsi à raconter que Siddick aurait, dans le passé, tiré des coups de feu sur un individu qui avait pénétré sur sa propriété pendant la nuit.
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