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Sept marques de lait indien passent le test

27 août 2005, 00:00

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Au c?ur de Réduit, le laboratoire d?analyses chimiques du ministère de la Santé est devenu depuis trois semaines une des étapes d?une bataille commerciale. Une guerre que livre en secret le ministère du Commerce contre certains importateurs qui chercheraient à saboter toute importation de lait de l?Inde.

Ils sont très peu nombreux à savoir que depuis trois semaines, le ministère du Commerce et la State Trading Corporation y ont expédié des échantillons de plusieurs marques de lait en poudre fabriqué en Inde.

«Il y a trois semaines, nous avons reçu un premier lot de lait en poudre. Puis la semaine dernière, nous avons reçu d?autres échantillons. Nous avons demandé au laboratoire de surveillance sanitaire des aliments d?analyser ces sept échantillons de lait indien et les résultats indiquent que ces sept marques de lait sont toutes propres à la consommation, entirely fit for human consumption», explique Dhaneeram Bucktowar, principal health inspector de la Food Import Unit du ministère de la Santé.

L?assurance avec laquelle il s?exprime est déroutante. Une confiance aveugle et totale dans les analyses du Chief Government Analyst.

Du coup, on s?interroge sur la crédibilité et la fiabilité de ces tests. On pense à l?impensable. L?impensable, Philippe Moothoosamy, ex-chief health inspector à la retraite l?a connu.

«En 1987, j?arrête un distributeur de lait frais, prend des échantillons de son produit et demande une analyse. Avant que les résultats ne soient connus, je rencontre l?homme et il me dit que résultat là pou sorti bon. Il connaissait les résultats avant même la fin des analyses et je suis certain qu?il avait payé pour que les résultats sorti bon. J?ai connu par la suite bien d?autres cas, y compris avec des prélèvements des échantillons de lait distribué aux malades des hôpitaux».

En clair, Philippe Moothoosamy est en train de dire qu?à son époque, des techniciens affectés au laboratoire de Réduit étaient des corrompus et falsifiaient des résultats.

L?ex-chief health inspector ne sait pas si la situation a changé, mais est rassurant sur les derniers analyses faites sur le lait indien.

«Vous savez, mes mésaventures avec des analyses de lait concerne du lait frais. Ce sont des échantillons de lait en poudre qui ont été récemment analysés et croyez mon expérience, il est très difficile de falsifier les résultats dans les circonstances actuelles. Les importateurs de lait voient se fondre des profits de plusieurs millions et croyez-moi, ils vont demander d?autres analyses et d?autres expertises, à Maurice et dans des laboratoires accrédités à l?étranger, pour essayer de coincer la State Trading Corporation. Le laboratoire le sait et la STC le sait et personne ne prendra des risques».

<B>Absence d?analyses bactériologiques</B>

Il y a cependant un hic dans toute l?affaire. Et les importateurs pourront exploiter ces manquements sous peu.

En effet, le Food Import Unit du ministère de la Santé explique que des analyses chimiques ont été effectuées et elles indiquent que les sept échantillons de lait sont propres à la consommation.

Ainsi, aucune analyse bactériologique n?a été jusqu?ici effectuée. Un impair surtout quand ce lait vient de l?Inde et que des campagnes de dénigrement peuvent facilement accrocher les consommateurs.

L?OMS a déjà tiré la sonnette d?alarme concernant le lait en poudre.

«If packed in airtight tins, dry milk keeps very well, especially if kept in an atmosphere of nitrogen which protects vitamin C? Dry milk for use in the tropics should not contain more than 2% moisture, as moisture has a deleterious effet on keeping properties? Bacteria are not all killed in the process of powdering, but their number are reduced. Probably, many organisms are introduced in the process of powdering and packing.

Tuberculosis bacilli may survive in the powder and laboratory tests indicate that they are capable of infecting guinea pigs, but their virulence is much diminished».

Autrement dit, les bacilles de la tuberculose peuvent survivre dans du lait en poudre et des expérience en laboratoire ont indiqué qu?ils peuvent infecter les cobayes. Leur virulence est cependant réduite, explique Philippe Moothoosamy.

Or la surveillance sanitaire du pays n?a pas pour habitude de demander des analyses bactériologiques sur le lait en poudre. Probablement en raison du peu de risque et du faible danger que la consommation de ce lait, même contaminé, représente.

Cependant, le nouveau Food Act est explicite. Tout produit alimentaire qui est nouvellement mis sur le marché, production locale ou importation, doit passer des tests chimiques aussi bien que bactériologiques avant d?être mis sur le marché.

Dans la guerre entre importateurs de lait en poudre et le gouvernement, les responsables de la surveillance sanitaire auront à prouver leur maturité et leur crédibilité.

<B>Les hauts faits de la surveillance sanitaire</B>

Maurice a un système de surveil-lance sanitaire qui est loin de ce qu?on trouve en Europe, mais en avance sur plusieurs pays d?Afrique et d?Asie.

Avec un effectif d?environ une centaine d?hommes et deux laboratoires bien équipés, les health inspectors ont épargné aux consommateurs bien de poisons ces derniers temps.

Coup sur coup cette année, ils ont fait saisir et retirer du marché deux différentes cargaisons d?eau de table.

La première cargaison d?eau avait été importé de Malaisie par une compagnie aérienne pour être servie à bord.

Des analyses faites par le laboratoire de Candos à la demande des health inspectors devaient indiquer que cette eau était impropre à la consommation car elle contenait un virus. Puis est arrivé l?épisode du haut taux de bromate dans deux différentes marques d?eau de table mise sur le marché local.

On se souviendra également de l?épisode des sauces de soja retirées du marché en raison de leurs compositions chimiques. Les analyses dans cette affaire avaient dû être effectuées en Grande-Bretagne.

Cette surveillance concerne non seulement les aliments importés, mais aussi les productions locales. Elle s?exerce aussi dans les marchés, les restaurants, les hôtels, les abattoirs et auprès des marchands ambulants vendant des produits alimentaires.

<B>Les fruits de l?Inde jugés impropres à la consommation </B>

Maurice importait des fruits et de la viande à des prix très compétitifs de l?Inde.Ces importations ont été interdites et aujourd?hui, le ministère de la Santé et celui de l?Agriculture se renvoient la balle et s?accusent mutuellement d?être à l?origine de cette interdiction.

«Les fruits venant de l?Inde se vendent à très bon marché et ont été interdits. Autant que je sache, personne n?est mort en consommant des fruits de l?Inde alors que l?interdiction de son importation a fait le bonheur de certains importateurs», s?insurgent certains health inspectors en poste, ainsi que Philippe Moothoosamy, ex-chief health inspector. Cette interdiction pourrait être revue sous peu.

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