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Sensibiliser aux polluants persistants

22 avril 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Ils voyagent dans l?air, dans la mer, provoquent le cancer, attaquent le système nerveux et détruisent l?environnement. Ils, ce sont les douze Polluants organiques persistants (POP). Le DDT, les BPC et les dioxines en font partie. Le problème des POP persiste à travers le monde, mais Maurice est à l?avant-garde du combat contre ces substances chimiques néfastes, aussi appelées les dirty dozen.

Le ministre de l?Environnement, Rajesh Bhagwan, a annoncé hier le début de la troisième phase de la mise en ?uvre de la Convention de Stockholm ratifiée par Maurice en juillet 2004. ?Les études confirment que le phénomène des POP est très limité à Maurice. D?autant que la plupart des substances chimiques interdites par la Convention sont déjà interdites à Maurice, ou soumises à des restrictions sévères. Cependant, certaines pratiques traditionnelles peuvent être néfastes à l?environnement. D?où la nécessité de cette troisième et dernière phase, qui comprend l?identification des meilleures techniques pratiques environnementales pour réduire et éliminer les rejets des POP et la sensibilisation de la population?, a-t-il expliqué.

Le Fonds pour l?environnement mondial (FEM) a financé ce projet pour plus de Rs 10 millions. Les deux premières phases comprenaient l?étude des infrastructures et des moyens nationaux, l?inventaire des POP et l?évaluation juridique. Elles ont été complétées récemment.

Ces études ont révélé que, des neuf pesticides qui font partie de la dirty dozen, seul le DDT est encore utilisé à Maurice. Il l?est toutefois de manière limitée, uniquement pour le contrôle du vecteur de la malaria. Le Pesticide Control Board, organisme régulateur, n?autorise pas l?importation de ces pesticides, même s?ils ne sont pas prohibés par les textes de loi.

Autre source de polluants, les transformateurs électriques qui sont des zones à risques habituels pour ce qui est des BPC (utilisés en tant que sous-produits industriels). Une fois encore, les études ont démontré que moins de 2 % de ceux du Central Electricity Board (CEB) sont susceptibles de provoquer la contamination. L?incinération de la bagasse crée les dioxines qui, toutefois, ne posent apparemment pas de problèmes localement.

La coordinatrice des Nations unies à Maurice, Aase Smedler, a expliqué les enjeux du projet national : ?Les POP peuvent, par exemple, être créés en brûlant des déchets sans les mécanismes de gestion appropriés. Le projet national vise précisément à trouver des moyens pour promouvoir des alternatifs efficients aux POP, à accroître la sensibilisation du public et à mettre en place une infrastructure et une technologie appropriées à Maurice.?

L?unité de coordination du projet, dirigée par Sajiwan Ramyead, a identifié les objectifs à atteindre à travers sa campagne de sensibilisation : faire connaître la Convention de Stockholm au grand public, stimuler l?intérêt de tous quant à l?impact néfaste des POP sur la santé et l?environnement et démontrer la nécessité pour un plan national de mise en ?uvre. Cette phase concernera certes les ministères, les organismes parapublics, les médias, les ONG et le secteur privé, mais certaines outreach activities viseront les groupes à risque, tels les utilisateurs de pesticides.

Rajesh Bhagwan a souligné les caractéristiques des POP, qui sont une menace insidieuse. ?Les POP sont des substances chimiques dont la dissémination dans l?environnement est devenue problématique du fait de propriétés particulières : leur faible biodégradabilité, leurs effets toxiques et leur capacité de s?accumuler dans la chaîne alimentaire (bio accumulation). Ce caractère persistant, couplé à une certaine volatilité, explique qu?on peut trouver des POP très loin de leurs lieux d?émission : ils sont transportés par les courants atmosphériques et marins, ce qui rend l?élimination des POP un enjeu planétaire. ?

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