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Fête nationale
15 août : l’Inde célèbre son Indépendance, Maurice sa mémoire
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15 août : l’Inde célèbre son Indépendance, Maurice sa mémoire
Le safran, c’est la force. Le courage. L’esprit de sacrifice. Le blanc porte la paix, la vérité. Le vert, lui, célèbre la fertilité, la croissance, la promesse. En son centre, le Dharma Chakra, une roue bleu marine à 24 rayons. La roue de la loi. Ce samedi 15 août, le Tiranga, le Tricolore indien, flottera dans le ciel. Porté par le souffle de la liberté. Une liberté arrachée le 15 août 1947, après des décennies de lutte contre la Couronne britannique.
La veille, peu avant minuit, Jawaharlal Nehru prononçait son Tryst with Destiny (Notre rendez-vous avec le destin). Devant l’Assemblée constituante réunie à New Delhi, le premier Premier ministre de l’Inde proclamait l’aube d’une nouvelle ère. «Nous sommes aujourd’hui un peuple libre et souverain, débarrassé des fardeaux passés», déclarait-il. Soixante-dix-neuf ans plus tard, le message résonne toujours alors que l’Inde regarde déjà vers 2047, vers le centenaire de son Indépendance.
Cette année, deux thèmes. Le 150e anniversaire du Vande Mataram, l’hymne qui a galvanisé la lutte pour l’azadi, la liberté, et la Yuva Shakti, la force de la jeunesse, au service d’un Viksit Bharat.
Première historique ce samedi : le Vande Mataram chanté depuis les remparts du Lal Qila, le Fort Rouge, à New Delhi. À l’arrivée du Premier ministre indien, Narendra Modi, avant le discours et la levée du drapeau. Deux mille cinq cents cadets formeront le texte sanskrit de l’hymne sur l’esplanade du Gyan Path. Un hélicoptère Mi-17 survolera le Fort Rouge en répandant des pétales de fleurs. Du grand spectacle, à l’indienne.
Ce poème – écrit par Bankim Chandra Chattopadhyay dans les années 1870, adopté comme chant national en 1937, puis par l’Assemblée constituante en 1950 – résonnait sans doute déjà dans les champs de canne de Maurice. Chanté par des travailleurs engagés qui avaient quitté une Inde pas encore libre. Sachant qu’entre 1834 et 1920, près d’un demi-million d’entre eux avaient débarqué à l’Aapravasi Ghat, aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Un site de 1640 m², point d’entrée de la plus grande vague migratoire de l’histoire de l’océan Indien.
À New Delhi, 19 médaillés aux Olympiades internationales de physique, chimie, biologie et mathématiques seront assis sur les remparts du Fort Rouge. Quelque 5 000 invités ont été conviés. Innovateurs, artisans, infirmiers, travailleurs de la propreté urbaine. Pas de VIP. Un geste délibéré et assumé, pour rompre avec cette culture.
À Maurice, la communauté indienne célèbre à sa façon. Ce samedi soir, le haut-commissaire indien, Anurag Srivastava, accueille une réception au Trianon Convention Centre. En présence, notamment, du président de la République de Maurice, Dharam Gokhool. Ce matin, levée du drapeau à l’Indira Gandhi Centre for Indian Culture, à Phoenix. Tous les Indiens et amis de la Grande péninsule étaient invités.
Pour notre île, cette trajectoire est familière : Enhanced Strategic Partnership, Special Economic Package de 655 millions de dollars américains, destiné notamment à financer des projets dans la santé, les infrastructures, la connectivité et le développement durable, échanges au plus haut niveau entre Navin Ramgoolam et Narendra Modi… Les deux pays se parlent.
La devise nationale indienne, Satyameva Jayate (Seule la vérité triomphe), empruntée au Mundaka Upanishad, rappelle que l’azadi conquise n’a de sens que si elle s’accompagne d’une exigence morale. Pour les centaines de milliers de Mauriciens dont les ancêtres ont chanté le Vande Mataram dans les champs de canne avant même que l’Inde ne soit libre, cette exigence-là n’est pas étrangère. Elle est, en partie, la leur.
Jai Hind (Vive l’Inde).

Anurag Srivastava, haut-commissaire de l’Inde à Maurice : «Chaque 15 août nous rappelle les réalisations de l’Inde, ses aspirations et son parcours constant vers un avenir meilleur. Célébrer notre fête de l’Indépendance à Maurice est spécial ! C’est particulier parce qu’il existe peu d’endroits en dehors de l’Inde où le drapeau tricolore indien suscite des sentiments aussi profonds. Et rares sont les pays en dehors de l’Inde qui peuvent se prévaloir de liens historiques, démographiques, culturels et affectifs aussi étroits avec l’Inde. Aujourd’hui, nous célébrons non seulement l’Indépendance de l’Inde, mais aussi une amitié qui s’est approfondie, renforcée et enrichie de sens au fil des décennies.»
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