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Semaine de 40 heures : Les auditions dans trois mois

30 juin 2004, 20:00

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Les menaces qui pèsent sur l?industrie sucrière diminueront-elles les chances des syndicats de voir introduire la semaine de 40 heures ? Ils ne cachent pas leurs craintes, mais ils sont plus que jamais décidés à défendre leur cause.

Employeur et employés se retrouveront le 10 septembre devant le magistrat Rashid Hossen, qui préside le Tribunal d?arbitrage permanent (TAP). Les auditions reprendront les 4 et 8 octobre. Les avocats des deux parties, Mes Antoine Domaingue et Yves Hein, ont fixé hier ce calendrier.

Les employés de l?industrie sucrière réclament que pendant la coupe, la semaine de travail soit limitée à 40 heures comme c?est le cas en temps normal. La Mauritius Sugar Producers Association (MSPA), leur employeur, s?y oppose. L?industrie, dit-elle, est soumise à trop de contraintes financières.

L?industrie sucrière est en effet en pleine restructuration. Elle tente de réduire les coûts pour augmenter sa compétitivité. Or, si elle accédait à la demande des employés, elle devrait débourser plus de Rs275 millions annuellement, selon les estimations de la MSPA. A un moment si crucial de son histoire, cela semble impossible.

Les syndicats ne veulent rien entendre. Ils comprennent parfaitement la nécessité de restructurer mais ils pensent que l?employeur est en mesure d?assumer ce coût. En conférence de presse hier, la Plantation Workers Union (PWU) et la Sugar Industry Labourers Union-Union of Artisans of the Sugar Industry (SILU-UASI) ont avancé leurs arguments à qui mieux mieux.

<B>Légiférer pour contraindre l?employeur</B>

L?industrie sucrière, disent-ils, n?a pas autant de contraintes qu?elle le prétend puisqu?elle a déjà appliqué son programme de dégraissage, diversifié ses activités vivrières, morcelé de nombreux terrains, investi dans l?hôtellerie et autres secteurs.

La PWU évoque en particulier l?application du Voluntary Retirement Scheme (VRS), plan de retraite volontaire qui a vu le départ de 8000 employés. La perte de ces emplois devrait permettre à l?industrie d?honorer la dépense liée à la semaine de 40 heures, soutient son président, Nurdeo Luchmunroy.

La SILU-UASI va plus loin. Dans un mémoire soumis au ministère de l?Agriculture, elle met en doute la sincérité de la MSPA et demande ?une commission d?enquête pour savoir si l?industrie est réellement en difficulté?.

Malgré leur combativité, les syndicalistes ont de sérieuses craintes. La proposition de David Friquin, de la SIWA, pour une table ronde avec toutes les parties concernées, histoire de tenter de mieux convaincre, pourrait bien avoir la faveur des employés.

Ils évoquent également la possibilité de demander au gouvernement de légiférer pour obliger l?employeur à introduire la semaine de 40 heures si leur demande n?est pas acceptée. Ils ont peur aussi que ces auditions soient longues et que, si le TAP tranche en faveur des travailleurs, sa décision ne æsoit contestée en cour.

Une crainte fondée : le même exercice s?était tenu l?an dernier. La MSPA a contesté l?award du TAP et le tribunal avait été sévèrement critiqué par la Cour suprême. C?est ce qui donne lieu aujourd?hui à un nouvel exercice.

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