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Selon le président de l?OPEP, le prix du baril pas trop élevé

9 janvier 2008, 00:00

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Le prix du baril de pétrole, qui a franchi à la hausse le seuil des 100 dollars à New York, mercredi 1er janvier ? il était redescendu aux alentours de 97 dollars lundi 7 janvier au matin ?, va-t-il continuer à grimper ?

C?est l?avis de Chakib Khelil, le ministre du Pétrole algérien, qui a pris au 1er janvier, la présidence tournante de l?Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). La hausse des prix du pétrole devrait «probablement perdurer jusqu?à la fin du premier trimestre pour se stabiliser durant le deuxième trimestre (...) plus bas que 100 dollars au moment où les stocks d?or noir devraient ?se renflouer?», a estimé M. Khelil, samedi 5 janvier, en marge d?une conférence à Alger.

Selon le ministre, l?envolée actuelle des prix du brut sur les marchés internationaux s?explique par les tensions politiques au Pakistan, l?escalade des violences au Nigeria ? premier producteur d?or noir en Afrique ? et le recul des stocks de brut américains. A cela s?ajoutent, pour M. Khelil, l?hiver «très rigoureux», la spéculation, le manque de capacités de raffinage ou le fait que les pays producteurs hors OPEP ne produisent pas autant qu?ils l?avaient prédit. Sans exclure totalement une augmentation de la production du cartel lors de la prochaine réunion de l?OPEP, le 1er février à Vienne, M. Khelil a néanmoins estimé que «le marché pétrolier est actuellement suffisamment approvisionné». Lors de sa dernière réunion le 5 décembre, l?OPEP avait maintenu sa production inchangée à 27,25 millions de barils par jour.

Dimanche 6 janvier, dans une interview à l?AFP, le ministre algérien a enfoncé le clou, estimant qu?un baril de brut à 100 dollars n?est «pas nécessairement très élevé», vu la forte demande pétrolière et les coûts de production d?or noir en hausse. Il a rappelé qu?il reste «aujourd?hui très peu de régions à explorer» pour découvrir du pétrole et que les «sources nouvelles» d?hydrocarbures comme les sables bitumineux au Canada ou les gisements en eaux profondes représentent «des investissements énormes».

<B>«Nouveaux records» prévus</B>

En outre, la demande pétrolière dans le monde «est aujourd?hui très élevée, tirée par la Chine et l?Inde mais aussi les pays du Moyen-Orient, dont la consommation augmente énormément». Il a par ailleurs estimé que le prix du baril doit être vu «en fonction du prix réel», c?est-à-dire en y retranchant l?inflation. A cette aune, le prix du pétrole n?a pas encore retrouvé ses niveaux records de 1980, évalué à «entre 102 et 110 dollars selon les estimations».

M. Khelil n?est pas seul à tenir ce discours. Le directeur général du groupe français Total, Christophe de Margerie, a estimé samedi à l?antenne d?Europe 1 qu?il fallait «s?attendre à des prix élevés (du pétrole) pendant longtemps». «Quand vous avez une demande qui est forte et une incapacité d?augmenter les productions, je ne vois pas comment les prix pourraient descendre rapidement et fortement», a-t-il ajouté. «La plupart des analystes prédisent de nouveaux records cette année, au-delà des 100 dollars», estimaient par ailleurs les experts de la maison de courtage Sucden, début janvier.

<B>Cécile Ducourtieux (avec AFP) © Le Monde 2007</B>

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