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Scandale des terres
L?affaire des terres de Triolet prend les dimensions d'un scandale. Il reste beaucoup de réponses à fournir avant que l?opinion publique puisse cerner le sujet mais, déjà, les détails qui ressortent des déclarations officielles suscitent de sérieuses interrogations. L?affaire tourne autour de l?acquisition de terrains par l'Etat en vue de l?extension du bâtiment de la «State Secondary School» de Triolet. Quatre portions de terrain sont identifiées en 2002. Dans un cas, l?acquisition se fait à l?amiable. Le propriétaire concerné accepte la compensation proposée par le «Government Valuer». Les trois autres ne sont pas d?accord avec le montant de l?indemnité fixée par l?Etat.
Suite au changement de gouvernement, le nouveau ministre des Terres, Asraf Dulull, confie le règlement du litige à une commission d?arbitrage. Puis, sans attendre le verdict de cette instance, il consent à payer aux trois propriétaires expropriés plus de dix fois le montant proposé par les techniciens de son ministère. La raison de ce geste est inconnue.
Le terrain du premier propriétaire se trouve dans une zone mi-résidentielle, mi-agricole. Il a reçu une compensation de Rs 5 millions par arpent. Les trois autres propriétaires n?allaient recevoir que Rs 450 000 par arpent parce que leurs parcelles se situent dans des zones exclusivement agricoles. Ces terrains possèdent une valeur moindre. Pourtant, en dépit d?un avis contraire donné par ses techniciens, le ministère a décidé d?indemniser au même taux tous les expropriés indistinctement.
Le chef de cabinet du ministère a informé la commission d?arbitrage, en février dernier, de la décision d?appliquer un taux uniforme à tous les terrains acquis. Il mettait ainsi fin au litige. Du coup, les propriétaires mécontents ont été compensés à des taux inespérés. Par exemple, l?un d?eux a vu le montant proposé pour sa parcelle passer de Rs 680 000 à Rs 7,5 millions.
Si une grande confusion règne sur l?affaire, c?est parce que le ministre s?est emmêlé les pinceaux lors de ses déclarations au Parlement. Le mardi 6 novembre, il soutenait que la commission d?arbitrage « was set up to evaluate the plots and in its own deliberate judgment and assessment, this amount (Rs 5 millions par arpent) was awarded". Hier Asraf Dulull devait donner une version différente : c?est son PS qui, dit-il, « advising on the stand of my ministry », a informé le parquet que le ministère n?objectait plus à la requête des trois contestataires. La commission d?arbitrage a seulement « made its award accordingly», précise-t-il cette fois. Ce qui signifie que celle-ci n?a pas eu à trancher, les deux parties étant parvenues à un accord.
De même, il est difficile de suivre le ministre quand il déclare que « the four plots of lands have the same features and characteristics? » et que «quite justifiably» les trois propriétaires qui se sentaient lésés méritaient une compensation de Rs 5 millions par arpent. En fait, les parcelles appartenant à ces derniers se trouvent, elles, dans des zones exclusivement agricoles et valent moins cher que les terrains résidentiels.
Asraf Dulull affirme que « the area where the four plots of land are situated has a tremendous potential for non-agricultural development». Cela contredit le rapport officiel du «Government Valuer». Celui-ci avait soutenu que «In view of the location of the three properties being found outside the limits of permitted development and within the operational irrigation zone, development for any higher use other than agricultural will not be allowed». Ces terrains n?avaient donc aucune vocation résidentielle, contrairement à ce qu?affirme le ministre.
L?ouverture d?une enquête sur cette affaire est souhaitable pour dissiper le mystère de la somme payée pour ces terres. La commission anti-corruption a une nouvelle occasion de montrer qu?elle peut s?intéresser aux affaires susceptibles de gêner le gouvernement.
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