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Services financiers

Relancer le dialogue pour préserver la compétitivité de Maurice

1 septembre 2026, 17:00

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Relancer le dialogue pour préserver la compétitivité de Maurice

Jyoti Jeetun lors de sa rencontre avec les principaux acteurs du secteur des services financiers, le 27 août.

La rencontre du 27 août entre la ministre des Services financiers et de la planification économique, Jyoti Jeetun, et les principaux acteurs du secteur financier intervient à un moment crucial pour l’industrie. Réunissant autour de la même table la ministre, les membres de la direction de la Banque de Maurice, de la Financial Services Commission (FSC), Mauritius Finance et des représentants du secteur privé, cette réunion avait pour ambition de faire le point sur les priorités de l’industrie après deux exercices budgétaires et, surtout, de jeter les bases de son développement à long terme.

L’enjeu est considérable. Les services financiers représentent actuellement 12,4 % du produit intérieur brut (PIB) mauricien et constituent l’un des principaux piliers de l’économie. Mais le gouvernement veut aller beaucoup plus loin. Dans le cadre de Vision 2050, l’objectif affiché est de porter cette contribution à 28 % du PIB. Une ambition qui suppose non seulement une croissance soutenue, mais aussi une profonde transformation du secteur et une diversification des activités.

Des initiatives nées de la consultation

La ministre a insisté sur la nécessité d’un dialogue permanent entre le gouvernement, les régulateurs et les opérateurs. Elle a rappelé que plusieurs initiatives mises en œuvre depuis son arrivée au ministère en novembre 2024 sont le fruit de consultations avec l’industrie. Parmi cellesci figurent le Private Wealth Management Framework, le renforcement du Stablecoin Framework, l’élargissement du mandat des Variable Capital Companies, ainsi que le repositionnement de Maurice sur les marchés de capitaux du Moyen-Orient.

La ratification du protocole amendant la convention de non-double imposition avec l’Inde constitue également une avancée majeure. Après deux années de négociations, Maurice est parvenu à obtenir des clarifications destinées à préserver ses intérêts sur son principal marché en valeur. Le dossier illustre toutefois les enjeux auxquels est confrontée la juridiction mauricienne dans un environnement international où la concurrence entre centres financiers est devenue beaucoup plus intense.

Ainsi, la compétitivité de ce secteur a occupé une grande partie des discussions lors de cette réunion. La ministre a annoncé un exercice de benchmarking destiné à comparer la fiscalité et l’environnement des affaires mauriciens avec ceux des juridictions concurrentes. L’objectif est de déterminer où Maurice se situe réellement et, surtout, d’identifier les contraintes qui pourraient faire perdre au pays des investissements ou des activités financières au profit d’autres centres.

Dans cette perspective, l’efficacité du régulateur apparaît comme un élément déterminant. Avec l’arrivée de Prabha Chinien à la tête de la FSC et de Soodesh Jowaheer comme Chief Operating Officer, le gouvernement veut donner un nouvel élan à l’institution. La feuille de route prévoit notamment de ramener à neuf jours le délai d’obtention des licences. La rapidité et la prévisibilité des procédures constituent désormais des facteurs essentiels dans les décisions d’implantation des investisseurs internationaux.

Mais le secteur privé estime qu’il faut aller au-delà des seuls classements internationaux sur la facilité de faire des affaires. Richard Arlove, membre de la Financial Services Consultative Committee, a notamment rappelé la nécessité de mesurer la compétitivité de Maurice sur des produits et services précis, notamment ceux à forte valeur ajoutée. Autrement dit, la question n’est pas seulement de savoir si Maurice offre un environnement propice aux affaires, mais si le pays offre des produits suffisamment sophistiqués, compétitifs et différenciés pour attirer de nouvelles activités.

Le message de Mauritius Finance va dans le même sens. Sa présidente, Rubina Toorawa, estime que le maintien de la compétitivité doit rester la priorité et que le secteur financier doit pouvoir jouer pleinement son rôle de moteur de la croissance économique.

L’objectif de 28 % du PIB en 2050 constitue donc à la fois une ambition et un défi. Ben Lim, Chief Executive Officer d’Intercontinental Trust, a résumé l’enjeu en soulignant qu’une telle croissance exige un alignement étroit entre l’État et le secteur privé, mais aussi une plus grande certitude réglementaire et politique.

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