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Suite aux tensions à Sable-Noir

Mort d’Adam Dubois : Sa famille réclame des réponses

1 septembre 2026, 15:00

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Mort d’Adam Dubois : Sa famille réclame des réponses

La mort d’Adam Dubois (photo), 38 ans, retrouvé sans vie dans le lagon de Sable-Noir, continue de susciter l’émoi dans la région de Résidence Vallijee. Si le rapport d’autopsie attribue le décès à un œdème pulmonaire, la famille de la victime réfute cette conclusion et réclame une enquête approfondie, évoquant des zones d’ombre autour d’un dortoir de travailleurs étrangers, situé à proximité d’un chantier de construction.

«Mon frère était un bon nageur»

Samuel Jefferson Dubois, 35 ans, musicien, ne décolère pas depuis la découverte du corps de son frère. Selon lui, plusieurs éléments ne concordent pas avec la thèse officielle. «Mon frère était un bon nageur. Il a grandi ici, il venait pêcher régulièrement à Sable-Noir. Que sa mort soit attribuée à une noyade me paraît absurde», a-t-il déclaré, la voix tremblante.

Il affirme avoir reçu des témoignages selon lesquels des pêcheurs auraient aperçu Adam Dubois près du dortoir peu avant sa mort, sans toutefois pouvoir confirmer les circonstances exactes de sa présence sur les lieux. «Des gens disent avoir vu des hommes courir après lui avec des outils. Quand j’ai vu le corps, il y avait des traces de sang coagulé», soutient-il, tout en reconnaissant que ces éléments n’ont pas été établis par une enquête formelle.

Samuel Dubois affirme également que des tensions existaient depuis un moment autour du dortoir, certains habitants du quartier disant craindre des allées et venues de travailleurs munis d’outils de chantier, accompagnés de chiens. «Je l’ai vu le matin même, avant que le drame ne se produise. On n’a pas eu de dernière conversation», confie-t-il, visiblement bouleversé. «Je demande à la police de venir sur place, de mener une véritable enquête, de vérifier les caméras, s’il y en a dans le coin», a-t-il lancé, disant avoir contacté la presse pour que la lumière soit faite sur ce qu’il qualifie de zones d’ombre.

Des habitants du quartier, rencontrés sur les lieux, affirment eux aussi avoir remarqué une présence inhabituelle autour du chantier ces dernières semaines, sans pour autant que cela établissent un lien direct avec la mort d’Adam Dubois. Aucun de ces éléments n’a encore été corroboré par une source policière ou judiciaire.

C’est dans ce climat de suspicion que les événements se sont précipités. Le dimanche 30 août, vers 13 heures, Samuel Dubois avait convié un activiste, ainsi que des habitants de Résidence Vallijee, à un rendez-vous filmé près du chantier de Sable-Noir, dans le cadre d’une interview consacrée à la mort de son frère.

Express.mu (620 x 330) (42) Des habitants déplorent que des travailleurs étrangers se baladent avec des outils et des chiens de race à Sable-Noir depuis quelques semaines.

Selon les informations recueillies, l’arrivée du groupe à proximité du site a coïncidé avec la sortie de quatre ouvriers du chantier, où ils logent également. La situation s’est rapidement envenimée : des membres du groupe, constitué d’une quarantaine de personnes, ont commencé à caillasser le chantier. Des jets de pierres ont été échangés dans les deux sens. L’activiste présent a filmé toute la scène.

Un agent de sécurité, employé sur le site, aurait alors appelé du renfort parmi ses collègues, qui se seraient rendus sur place munis de leurs outils de travail – utilisés, précise-t-on, uniquement à des fins de protection et non comme armes. Un ouvrier aurait été atteint par une pierre au niveau de la hanche, sans blessure ni plainte déposée par la suite.

Face à la tension croissante, du renfort a été demandé auprès de la Special Supporting Unit (SSU) et des postes de police environnants. Des effectifs de la SSU, de la Criminal Investigation Division de Port-Louis Sud, de l’Emergency Response Service et de la Divisional Crime Intelligence Unit, ainsi que des policiers du poste des Line Barracks, se sont rendus sur les lieux pour apaiser les esprits et ramener le calme. Le junior minister Kugan Parapen s’est également déplacé sur les lieux et a fait une déclaration, appelant au calme et à laisser la police faire son travail.

Aucune charge retenue contre les quatre ouvriers

Quatre ouvriers ont été conduits au poste de police des Line Barracks pour la prise de leurs dépositions, avant d’être relâchés, aucune charge n’ayant été retenue contre eux. À hier soir, les allégations d’agression avancées par la famille d’Adam Dubois restent non vérifiées par les autorités, et la police n’a établi aucun lien entre le dortoir du chantier et les circonstances de sa mort.

Une double enquête reste ouverte : l’une sur le décès d’Adam Dubois, l’autre sur les échauffourées du 30 août à Sable-Noir. La famille, elle, espère que ces investigations apporteront enfin des réponses claires à ce qu’elle considère comme une affaire non résolue.

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