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Sans ressources...

3 novembre 2004, 20:00

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Le rapport d?un stagiaire français en ingénierie jette un nouveau pavé dans la zone cressonnière de Carreau-Esnouf. Atmaram Balchand, président de la Watercress and Vegetables Planters Association (WVPA), s?appuie sur les conclusions du rapport pour réclamer de nouvelles analyses du service de la Water Resources Unit (WRU) pour que les cultivateurs continuent à gagner leur vie de cette plante, leur unique source de revenus. Or, les cressonnières n?ont plus ce qui leur permet de survivre : l?eau.

Atmaram Balchand, président de la WVPA ne baisse pas les bras. Il continue de se battre pour que le service hydrologique de la WRU de la région fasse des analyses pour savoir si les forages qui sont effectués à proximité de leurs plantations ne seraient pas une des causes de la baisse du niveau d?eau dans les nappes souterraines qui alimentent les cressonnières. ?Ils (le service hydrologique) auraient dû recueillir les données et les informations requises pour définir avec précision l?impact du pompage et pour connaître leur véritable influence sur le système hydrologique dans cette région?, fait-il remarquer.

Les zones exploitées pour le cresson dans la région de Carreau-Esnouf s?étendent sur une superficie de plus de vingt arpents le long du ruisseau Mares-du-Tabac. Les planteurs de cette région approvisionnent le marché de 9 000 bottes de cresson chaque semaine.

Selon Balchand, si les hydrologues avaient fait leur travail convenablement, ils auraient décelé l?origine du problème.

Il s?appuie sur une étude qui a été soumise cette année par deux ingénieurs français qui étaient en stage à Maurice en juin.

Dans un rapport soumis par un des stagiaires, il est dit : ?Les pompages importants au niveau du forage BH227A , situé à proximité des sources et qui donnent naissance au ruisseau, peuvent abaisser le niveau de la nappe de manière importante. Cet abaissement important de la nappe au niveau des sources qui donnent naissance au ruisseau Les Mares-du-Tabac (NdlR : où se trouve la cressonnière de Balchand ) peut entraîner le tarissement de celle-ci. En effet, l?eau de la nappe qui ne pourra pas gagner la surface, va s?écouler de façon souterraine, pour finalement se jeter dans la mer. Par conséquent, elle ne pourra alimenter les cressonnières de Carreau- Esnouf.?

Sécheresse

Le but de cette étude était de savoir si les forages situés aux alentours des cressonnières ont une influence sur le débit de ce cours d?eau ou si celui-ci ne dépend que des paramètres hydrologiques. Ce travail a été effectué pour analyser les différentes données disponibles (précipations, évaporation, débit, et les différents forages en activité dans cette zone pour déterminer leurs principales caractéristiques et d?évaluer leur rayon d?influence et leur impact sur le niveau de la nappe et sur le débit du ruisseau.

Se basant sur les conclusions du rapport, le président de cette association dit souhaiter avoir une rencontre au plus vite avec Alan Ganoo, le ministre des Services publics, pour trouver une solution à ce problème de sécheresse qui menace l?avenir d?une dizaine de planteurs de la région.

?Nu nepli ena aukenn ressource. Nou pe sec pareil couma nou cressonnière?, explique Mangroo Teeluck, en désignant une cressonnière complètement asséchée.

Mangroo, qui cultive le cresson depuis 1989 dans cette zone, est pessimiste. Il ne sait où trouver de l?argent pour rembourser l?emprunt qu?il a contracté auprès d?une banque.

Comme Balchand, il craint de se retrouver dans une mauvaise posture avec le nombre de chômeurs qui augmentent dans la région.

Avec autant des problèmes rencontrés, Balchand croit difficilement que la nouvelle génération va se lancer dans la culture de cette plante herbacée pour assurer la relève.

Le président de la WVPA, qui est père de trois enfants, a déjà eu recours à des études hydrologiques pour justifier son combat.

En février dernier, il s?est appuyé sur les observations faites en 1998 par un hydrologue réunionnais dans cette zone cressonnière pour relever ce défi.

Dans son rapport, le Réunionnais suggère (1) d?arrêter le pompage et (2) de laisser remonter la nappe à son niveau d?équilibre et de mesurer l?effet sur le niveau de la cressonnière.

Quant à l?hydrologue français, il propose pour résoudre ce problème de fréquente sécheresse, la construction d?un barrage en amont pour stocker l?eau pendant la période humide et la relarguer lors de la période sèche.

Selon l?hydrologue français, il conviendrait plutôt de mieux partager les ressources en eau disponibles en les répartissant en toute intelligence entre les différents utilisateurs. Ainsi on pourrait imaginer de limiter temporairement les pompages sur le BH227A, lors des périodes d?étiage (niveau le plus bas) du ruisseau Mares-du Tabac, afin que les cultivateurs puissent continuer à exploiter leurs cultures.

WATER RESOURCES UNIT

?Des échanges souhaités?

n Une source autorisée de la Water Resource Unit (WRU) confirme qu?un stagiaire français a fait des observations sur la nappe souterraine de Rose-Belle, incluant Carreau Esnouf, sous l?égide de la WRU. ?On le prend au sérieux parce que pour arriver à de telles observations, cela nécessite des investissements, que ce soit sur le plan humain ou financier. Mais avant qu?il retourne dans son pays, nous prenons des dispositions pour des échanges, avant de le laisser à ses propres conclusions.?

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