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Sadec Jangeerkhan capture le silence marin

18 décembre 2005, 20:00

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La mère de ses envies, c?est la mer. Celle qui ingurgite des secrets dans ses profondeurs. Celle qui méduse. Sadec Jangeerkhan ne fait pas de l?abstrait. C?est un terre à terre qui peint la mer dans toutes ses euphories et ses vérités. Son inspiration provient d?un documentaire qui l?a laissé pantois. Il expose une vingtaine de tableaux du 20 au 24 décembre à la galerie Malcolm-de-Chazal à Curepipe.

Le thème parle de lui-même. Inner space. En opposition au superficiel. Son style de peinture est résolument réaliste. ?Du néoréalisme. Je croyais connaître la mer, explique-t-il, mais c?est le documentaire La Planète Bleue sur Canal + qui m?a poussé à faire cette exposition.? Une histoire qui débute à la télévision, il y a un an.

Peindre d?après ce qu?il percevait. Reprendre avec haleine, les images qui défilent. Le peintre n?a pas hésité une seconde à se passer ce documentaire en boucle. ?J?ai bougé, enlevé, prélevé ou ajouté des éléments??, souffle-t-il.

Sans prévenir. La créativité s?est imposée à lui. S?il parvient à démontrer tant de réalisme dans ses ?uvres, Sadec Jangeerkhan affirme que ce n?est pas dû à ses 20 années passées dans le domaine du graphisme. ?C?est un métier que j?ai exercé en freelance. Mais je peignais des tableaux principalement pour mes amis. Ils m?ont souvent demandé pourquoi je n?ai jamais exposé. Le déclencheur a été d?écouter mes deux neveux, artistes eux aussi.? Une première exposition captivante de par la recherche qui se trame derrière.

Il s?arrête en cours de route. Pour demander de deviner ce qui se cache derrière cette ?uvre. Un amalgame de couleurs et de formes orangées. Des piques étalées à gauche. C?est un calamar qu?il a soigneusement décortiqué.

A contre courant

Mais l??uvre qui frappe et qui prend par les sens, c?est celle qui se décrit comme telle. Des bulles bleutées se cachent au milieu. Tandis que des plantes aux multiples couleurs tournoient autour. Vert feuille, jaune d?ocre et orange saumon baignent ensemble. Et les tiges et les coquillages fleurissent dans l?obscurité de la mer. Sadec Jangeerkhan chuchote encore qu?il ne fait pas de l?abstrait. Mais à y voir plus clair, quand il se permet des gros plans, l??uvre devient abstraite. Elle perd ses contours de limpidité et capte l?attention par son mystère.

?J?ai une certaine préférence pour le figuratif, reprend-t-il, mais j?ai l?impression qu?on le dédaigne. Je ne voulais pas tomber dans cette tendance abstraite que les artistes ont bien souvent. Moi, je suis à contre courant !? A l?encontre de ce mouvement abstrait que beaucoup d?artistes malaxent. Ce peintre s?efforce d?être linéaire. Détaillé. Au plus près de l?objet. Tout son travail repose sur une analyse chirurgicale.

La mer devient prisonnière de ses réflexions. Elle l?entraîne dans un univers où l?imaginaire n?existe pas. ?Je ne veux pas communiquer de message dans mes ?uvres, confie-t-il encore. Cela m?a demandé énormément de patience pour certains tableaux. J?ai passé deux mois rien que sur un tableau. Le travail était éreintant, minutieux et c?est ainsi que j?entends faire de la peinture pour le moment.?

Inner Space se contemple dans le sens du poil. Il faut faire une escale à la galerie Malcolm-de-Chazal pour apercevoir Effervescence, sublime démonstration des plis et des replis de la mer. Où la lumière se fond dans l?ombre. Ou encore, flirter du côté de cette mer bleu roi, transpercée par les becs d?oiseaux qui sont à l?affût des poissons qui s?entassent dans les profondeurs. Une halte s?impose. C?est jusqu?au 24 décembre.

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