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16 janvier 2006, 20:00

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Paul Bérenger <I>leader de l?opposition</I>

?Il faut instituer une enquête judiciaire présidée par un magistrat pour faire la lumière sur les circonstances de la mort de Rajesh Ramlogun. Ce qui s?est passé samedi est extrêmement grave. J?espère que dès samedi tous les diary books ont été saisis et les policiers impliqués suspendus. Nous sommes tous consternés par ce qui s?est passé mais on pouvait prévoir cette évolution étant donné ce qui s?est passé dans certains secteurs de la police après les élections générales. La responsabilité du Premier ministre est engagée dans cette affaire. C?est lui qui a remis ce policier à ce poste. Je reviendrai dans les prochains jours sur toute l?affaire Raddhoa et sur ce qui s?est passé depuis les élections générales dans certains secteurs de la police. Je rappelle que j?ai dénoncé récemment encore l?ingérence politique au niveau de la police.?

Pravind Jugnauth <I>leader du MSM</I>

?Il n?est pas seulement question de brutalités policières. On a désormais aussi des cas de torture. Pour avoir toléré et encouragé par son silence Prem Raddhoa, le Premier ministre est directement responsable de la situation actuelle?, assure le leader du MSM Pravind Jugnauth à la suite du décès de Ramdoollur Ramlogun et de l?ordre d?arrestation émis contre le chef de la MCIT.

Pravind Jugnauth rappelle que son parti a à maintes reprises invité Navin Ramgoolam à intervenir sur la question de brutalités policières et sur le cas précis de Prem Raddhoa. ?Au lieu d?agir, le Premier ministre a accordé des promotions à Raddhoa. D?ailleurs, Raddhoa a fièrement déclaré qu?il ne rend compte qu?au Premier ministre? Aujourd?hui encore, le Premier ministre continue à soutenir Raddhoa à travers la MBC où on relève nettement une tentative de ?cover-up? dansl?affaire Ramlogun, son décès ayant été présenté comme la conséquence d?un manque d?alcool?, explique Pravind Jugnauth.

C?est, selon le leader du MSM, ?cette couverture? dont bénéficie Prem Raddhoa qui l?autorise ?à se montrer arrogant?. ?C?est cette bénédiction du PM qui permet à un Raddhoa de défier et d?insulter la justice et de continuer à croire qu?il est au-dessus de la loi?, ajoute Pravind Jugnauth qui réitère son souhait de voir un rappel de l?Assemblée nationale. Il a également invité ?la MBC à prendre ses responsabilités?.

Jean-Claude Bibi <I>avocat</I>

?Le plus important, c?est de ne pas trop personnaliser la situation. Le débat se situe au niveau de la fréquence de la brutalité policière. Surtout quand on voit le nombre de cas allégués l?année dernière et en ce début d?année. Ce qui s?est passé est une brèche dans la politique d?impunité qui est en vigueurà la police. Il est triste de voir que malgré des informations probantes, la Commission des droitsde l?homme n?a pas pu agir à temps. J?attendsla suite.?

Rajee Pyneeandy <I>présidente d?Amnesty International (Maurice) </I>

?Le cas Ramlogun est un cas de trop. Le Premier ministre doit envoyer un message fort et jusqu?à l?heure, nous n?avons rien reçu. Ce silence peut donner à croire à certains officiers qu?ils ne sont pas passibles de sanctions. Nous lançons un appel au PM et au ministre de la Justice pour l?institution immédiate d?une commission indépendante et impartiale pour faire la lumière sur la mort de Rajesh Ramlogun. Nous avons l?impression que la police est mal guidée. Elle n?est pas là pour chercher les coupables, c?est à la cour de trancher. Il faut revoir le Human Rights Act de 1998 pour donner plus de maniabilité à la Commission des droits de l?homme. Financièrement parlant, l?argent de la commission vient du State Law Office. L?indépendance passe par les fonds, ceux qui donnent les moyens d?opérer. La police ne peut pas enquêter sur la police, il faut créer de nouvelles institutions pour cela, sinon, la confiance ne sera pas instaurée. Certaines personnes pensent que l?utilisation de la force peut mettre fin au sentiment d?insécurité qui prévaut dans le pays. Ils devraient savoir que tout acte de brutalité contre un suspect est illégal. ?

Lindsey Collen <I>Lalit</I>

?La procédure normale dans les cas de brutalités policières, c?est qu?il y ait arrestation de l?officier en charge. Montrer que l?on veut situer les responsabilités dans ces cas- là, c?est un signe de progrès. Cela fait sept ans que Kaya est mort. Le détonateur des événements a été l?allégation de brutalités policières. La population ressent un sentiment de répugnance face à la violence. A l?arrivée du nouveau gouvernement, le Premier ministre a réhabilité Prem Raddhoa malgré les conclusions de la Commission des droits de l?homme. Navin Ramgoolam a une responsabilité assez directe dans ce qui arrive. Il existe la perception d?une certaine efficacité de ce type de méthode. C?est le signe d?une grave dérive morale. Rezilta kan servi bate li pa meyer. ?

Lindsay Morvan <I>président de la Commission Justice et Paix</I>

?Les mesures qui ont été prises ? je parle du mandat d?arrêt ? doivent s?accompagner de dispositions des décideurs politiques pour plus de transparence. Sans préjuger sur le déroulement de l?enquête, que se passe-t-il dans le cas où le su-rintendant Raddhoa est interrogé par l?un de ses subordonnés ? Quelle formation a la police pour combattre le crime efficacement, sans brutalité ? Est-ce qu?il faut qu?il y ait mort d?homme pour que la situation évolue ? Il faut que l?enquête de la police puisse se baser sur des méthodes scientifiques et que les enquêteurs ne deviennent pas des extracteurs de vérité, avec toutes les conséquences que cela implique. C?est pour cela que nous proposons que l?Etat demande de l?aide auprès des Nations unies pour un rapporteur spécial sur la torture. Pas comme un blâme pour le gouvernement, mais pour mettre le doigt dans la plaie. ?

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