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Santé

Tabagisme passif : plus de 2,7 milliards de personnes exposées dans le monde

8 septembre 2026, 17:45

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Tabagisme passif : plus de 2,7 milliards de personnes exposées dans le monde

La prévalence du tabagisme passif augmente en Afrique et au Moyen-Orient.

Une étude publiée hier dans The Lancet révèle l'ampleur du fardeau sanitaire lié au tabagisme passif à l'échelle mondiale, avec une exposition qui reste stable en valeur absolue mais progresse fortement dans certaines régions. Pour établir ce constat, les chercheurs ont analysé l'ensemble des travaux scientifiques recensés sur PubMed – la bibliothèque en ligne gérée par les National Institutes of Health américains – publiés entre 2010 et 2025. L'objectif : mesurer l'impact du tabagisme passif sur neuf problèmes de santé, dont l'asthme, en combinant des enquêtes en population générale et des données sur la composition des foyers, pour 204 pays et territoires sur la période 1990-2023.

Le tabagisme passif reste, selon les auteurs, un risque sanitaire «mondialement reconnu» pour lequel aucun niveau d'exposition ne peut être considéré comme sûr. Les chiffres avancés sont considérables : en 2023, environ 2,7 milliards de personnes dans le monde auraient été exposées à la fumée secondaire, parmi lesquelles 767 millions d'enfants âgés de 0 à 14 ans. Cette exposition serait à l'origine de 1,66 million de décès prématurés cette année-là, sur un total de 8 millions de morts liées au tabac. L'étude évalue également à 44,8 millions le nombre d'années de vie en bonne santé perdues dans le monde à cause du tabagisme passif, la cardiopathie ischémique – une maladie cardiaque provoquée par un apport insuffisant en oxygène au muscle cardiaque – en étant la principale responsable. Chez les enfants, 5,16 millions d'infections respiratoires seraient directement attribuables à cette exposition en 2023.

Les auteurs distinguent deux sources de fumée auxquelles sont exposés les fumeurs passifs : celle qui se dégage directement de la combustion du tabac, non filtrée, et celle exhalée par les fumeurs. La première contiendrait des concentrations plus importantes de substances toxiques et cancérigènes que la seconde. Ces expositions accroissent les risques de pathologies cardiovasculaires, respiratoires et métaboliques, les enfants étant identifiés comme une population particulièrement à risque. Fait notable souligné par l'étude : bien que la prévalence mondiale du tabagisme ait reculé de 22 % depuis 1990, le nombre total de personnes exposées à la fumée secondaire n'a pas diminué à l'échelle mondiale – il aurait même nettement augmenté en Afrique subsaharienne, ainsi qu'en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

Face à ce constat, les chercheurs appellent à un renforcement des politiques de lutte antitabac, aussi bien dans les espaces publics qu'au sein des foyers, afin de mieux protéger les femmes et les enfants – le tabagisme passif demeurant, selon eux, l'un des principaux facteurs de perte de santé dans le monde.

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