Publicité

«Mauritius Cleanup Day 2026»

Tous appelés à se lever et à prendre leurs déchets en main

8 septembre 2026, 18:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Tous appelés à se lever et à prendre leurs déchets en main

Une vaste opération de nettoyage aura lieu à travers l’île le dimanche 20 septembre dans le cadre de la «Mauritius Cleanup Day».

L’appel est lancé. Les organisateurs de la Mauritius Cleanup Day 2026, Clean Moris, en collaboration avec plusieurs organismes, donnent rendez-vous à tous pour une vaste opération de nettoyage à travers l’île le dimanche 20 septembre. Écoles, hôtels, organisations non gouvernementales, collectivités locales et communautés sont invités à participer à cette initiative qui débouchera sur la publication d’un rapport d’impact en équivalent CO2 et dont les résultats seront vérifiés de manière indépendante. Un des objectifs est de mesurer l’impact environnemental de cette mobilisation et d’en faire un rendez-vous annuel.

La Journée mondiale du nettoyage à la mauricienne sera cette année placée sous le signe d’actions XXL : la première initiative d’une telle envergure avec la quasi-totalité des associations de protection de la nature de l’île en action, des opérations de nettoyage partout – sur les plages, le long des routes, dans les villages, du Nord au Sud – et plusieurs milliers de participants attendus. L’approche se veut également familiale et pédagogique. Les organisateurs espèrent que des familles entières consacreront leur dimanche au bien-être collectif tout en montrant aux plus jeunes que donner de leur temps et ramasser des ordures va au-delà de ce que les manuels scolaires enseignent sur l’écoresponsabilité.

L’initiative permettra de constater de visu l’ampleur des dégâts causés par la population, alors que certains lieux, aussi bien publics, privés que naturels, ressemblent étrangement à la Cour des miracles. Il est ainsi peu étonnant de voir des rivières, des plages ou encore des terrains inoccupés où l’on jette tout, du simple sachet en plastique aux appareils électroménagers, en passant par des contenants de plats à emporter, des canettes de boissons et même des couches pour bébé souillées. L’express avait même publié, en septembre 2025, la photo d’un canapé abandonné qui a été mis au jour dans un Midlands Dam asséché. L’incivisme règne et beaucoup ont tendance à fermer les yeux. Pas tous, heureusement.

Sensibiliser et informer

L’accès à l’information fait intrinsèquement partie de la sensibilisation. Stéphane Doré, de Protez Moris, souligne : «Un déchet jeté à terre ne reste pas à terre. Il voyage. La pluie, les ravines, le vent, les canalisations… tout converge vers un même point. Environ 30 % de ce qui est abandonné dans les terres finit dans la mer. Une canette jetée à Curepipe a rendez-vous avec le lagon.» Il est ainsi crucial de se rendre compte qu’une bouteille met environ 450 ans à se dégrader et qu’un mégot met dix à 12 ans.

Entre-temps, ces débris deviennent des microplastiques, invisibles, qui s’installent dans le lagon et n’en sortent plus, étouffant les poissons, détruisant les coraux, affaiblissant les récifs et contribuant à l’érosion des plages. Les moustiques et les rats occupent, eux, les endroits insalubres à terre et les maladies comme la leptospirose et le chikungunya prolifèrent. De même, la saturation de Mare-Chicose n’est plus à prouver. Selon Statistics Mauritius, le volume de déchets enfouis est passé de 498 309 tonnes en 2024 à 582 798 tonnes en 2025 (+17 %), deux stations de transfert ayant fermé ou étant perturbées en 2024.

Nettoyer oui mais pas que

Malgré le travail quotidien des autorités, les besoins de nettoyage ne se tarissent pas. On pollue encore et toujours plus chaque jour, rendant le processus digne d’un travail de Sisyphe. Voir ce qui est fait à la nature et aux espaces urbains comme ruraux sera aussi une façon de désamorcer le manque de culpabilité de certains et de se remettre en question. Une façon aussi de rompre avec la mentalité qui consiste à rejeter la faute sur les autorités, sur autrui, et de dire avec conviction «pa mwa sa, li sa».

En attendant le 20 septembre…

Que peut-on déjà faire ? Ne pas jeter ses ordures à tout-va, utiliser les poubelles publiques, ne pas utiliser de plastiques à usage unique (qui sont d’ailleurs interdits par la législation mauricienne) et penser au recyclage sont autant de gestes du quotidien qui n’ont pas besoin d’attendre une journée dédiée au nettoyage.

Par exemple, l’upcycling n’est pas qu’un concept de bobos. Les objets pre-loved peuvent devenir des trésors à re-love. Ceci, alors que Maurice génère plus de 116 000 tonnes de déchets plastiques par an, soit environ 14,5 % du volume total, mais que moins de 8 % de l’ensemble des déchets sont recyclés, le reste finissant à Mare-Chicose.

La journée du 20 septembre sera l’occasion de constater sur le terrain et d’être des témoins de l’étendue des différents types de pollution mais aussi d’agir. Néanmoins, on peut tout aussi bien commencer maintenant, chez soi, à petite échelle.

Publicité