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France

Femmes évincées de la tour Eiffel : le mouvement hindou BAPS s'excuse

8 septembre 2026, 18:15

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Femmes évincées de la tour Eiffel : le mouvement hindou BAPS s'excuse

Des moines du BAPS lors d'une cérémonie religieuse devant la tour Eiffel, le 3 septembre 2023. (Crédit Photo : AFP)

Une délégation de l'organisation religieuse hindoue Bochasanwasi Akshar Purushottam Swaminarayan Sanstha (BAPS) de Paris a visité la tour Eiffel samedi matin. Selon le mouvement, cette visite avait été organisée «aux débuts des horaires habituels d'ouverture, compte tenu de la taille de notre délégation». Mais l'événement a rapidement tourné à la polémique : le personnel féminin du monument aurait été mis à l'écart pendant la présence du groupe, provoquant une grève et la fermeture complète de la tour Eiffel toute la journée de lundi. Le mouvement a fini par présenter ses excuses lundi soir : «Nous tenons à présenter nos sincères excuses à toute personne qui aurait pu être blessée ou gênée par cette situation

Cette visite intervenait à la veille de l'inauguration du tout premier temple majeur construit en France par le BAPS, situé à Bussy-Saint-Georges, en Seine-et-Marne. L'organisation, qui se revendique de l'hindouisme, entretient des liens avec le Premier ministre indien, Narendra Modi, dont l'orientation politique est décrite comme conservatrice et nationaliste.

Le personnel du site a vivement réagi dans un communiqué, dénonçant des «consignes professionnelles qui ont conduit les femmes salariées à être écartées, remplacées et rendues invisibles en raison de leur sexe». Face à cette situation, les employés ont voté la grève, entraînant la fermeture totale du monument pendant une journée entière. Dans leur témoignage, les salariés sont allés plus loin dans le détail des mesures prises : «Certaines (femmes) ont été invitées à quitter leur poste et à se mettre à l'écart dans des locaux. À certains postes, elles ont été remplacées par des hommes. Et toutes les femmes salariées ont reçu la consigne de ne pas passer ou de ne pas traverser certaines zones pendant la présence de la délégation.» Ils ont qualifié cette situation de «grave et profondément contraire aux valeurs d'égalité et de non-discrimination».

La classe politique s’empare du sujet

Si le BAPS a présenté ses excuses, l'organisation a tenu à nuancer sa position, affirmant qu'«à [sa] connaissance, à aucun moment, l'accès à la tour Eiffel n'a été refusé à qui que ce soit». Cette version contraste toutefois avec les éléments reconnus par la société d'exploitation du site touristique, qui avait admis que la délégation hindoue avait bien demandé une visite limitant les «interactions avec les femmes». Face à la polémique, le maire de Paris Emmanuel Grégoire, Parti socialiste, a annoncé qu'une enquête serait ouverte «dans les plus brefs délais».

L'affaire a rapidement suscité des réactions dans le monde politique. La ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a fermement dénoncé la situation : «En France, on ne demande pas aux femmes de s'effacer. Aucun dogme, aucune religion n'est supérieure aux lois de la République.» Du côté du Rassemblement national, la candidate à l'élection présidentielle, Marine Le Pen, a également réagi avec vigueur : «Nous n'accepterons jamais que la présence des femmes soit ‘limitée’», a-t-elle affirmé, appelant à ce que «toute la lumière» soit faite sur l'affaire. Un autre prétendant à la présidentielle, Gabriel Attal, de Renaissance, a lui aussi condamné les faits, estimant qu'«aucune culture, aucune croyance, aucun culte, rien ni personne ne peut venir dicter aux femmes leur place».

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