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Russie et Ukraine reprennent des pourparlers sur le gaz

4 janvier 2006, 20:00

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Les livraisons de gaz russe aux pays européens sont revenus à la normale, tandis que des responsables du secteur russe de l?énergie engageaient des entretiens à Moscou avec leurs homologues ukrainiens sur un différend qui a semé l?inquiétude en Europe.

Le commissaire européen à l?Energie, Andris Piebalgs, a déclaré à Reuters que l?Ukraine et la Moldavie avaient officiellement demandé à l?UE de faciliter les négociations sur le contentieux gazier. Il a dit que l?Union serait intéressée par un tel rôle si la Russie l?acceptait, sans préciser la nature de la contribution que pourrait apporter Bruxelles.

La Russie a suspendu ses livraisons de gaz à l?Ukraine le 1er janvier en raison du refus de Kiev d?accepter un quadruplement de leur prix. L?approvisionnement de la Moldavie en a aussi été affecté, faute d?accord sur le prix avec Moscou.

Le lendemain, Moscou a toutefois dû rouvrir les vannes parce que nombre de pays européens se trouvaient pénalisés à leur tour par sa décision. La Russie accuse l?Ukraine de refuser de payer le gaz russe au même prix que ses voisins et d?avoir rejeté une offre de dernière minute du président russe Vladimir Poutine. Moscou accuse en outre Kiev depuis dimanche de voler le gaz à destination de l?Europe qui transite sur son territoire. Kiev a répliqué en taxant les autorités russes de mensonge.

L?UE refuse de faire pression sur Kiev

Les responsables des secteurs énergétiques des pays de l?UE se sont réunit hier. Les capitales européennes jugent essentiel de diversifier leurs fournisseurs d?énergie pour parer à toute carence de livraison.

L?Autriche, qui préside depuis dimanche l?Union européenne, a rejeté une requête de Moscou visant à lui faire exercer des pressions sur l?Ukraine dans le contentieux gazier. Vienne engage les deux parties à trouver une solution elles-mêmes. La plupart des pays européens, notamment la France, l?Italie ou l?Allemagne, ont fait savoir que les livraisons en provenance de Russie avaient retrouvé leur niveau normal mardi. Ce qui soulage également les Etats-Unis, qui accusaient Moscou d?utiliser l?énergie comme une arme politique.

?Nous espérons que les Russes et les Ukrainiens parviendront à un arrangement?, a dit un porte-parole de la Maison blanche. Mais Alexandre Medvedev, vice-président du monopole russe Gazprom, n?exclut pas de nouvelles perturbations. ?Le deuxième jour de janvier a été encore pire que le premier puisqu?ils (les Ukrainiens) ont volé encore plus de gaz, a-t-il dit. Et je pense que cette situation ne peut pas continuer éternellement, surtout si les conditions météorologiques changent. Cela signifierait que les prélèvements illégaux de l?Ukraine pourraient augmenter considérablement.?

Les entretiens de mardi soir entre responsables de Gazprom et de la compagnie nationale ukrainienne Naftogaz sont les premières discussions directes entre les deux parties depuis l?échec des négociations samedi soir. Mais rien ne permet de savoir si les deux voisins trouveront un accord. Kiev accuse Moscou d?utiliser le gaz comme un moyen de pression pour punir le président Victor Iouchtchenko de tenter de faire sortir l?Ukraine de la zone d?influence russe.

L?Ukraine a nié tout détournement de gaz russe en disant s?approvisionner au Turkménistan. Elle n?a cependant pas exclu de se prélever du gaz russe en cas de chute des températures. Cette crise a de nouveau fait flamber le cours du pétrole. A New York, le baril de brut a gagné 3,4 %, soit sa plus forte hausse depuis la mi-septembre, pour clôturer à 63,14 dollars. Le Brent a brièvement franchi mardi en séance la barre des 60 dollars.

Christian LOWE

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