Publicité

Roland Armoogum acquitté en cour intermédiaire

16 mars 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>LE MAGISTRAT</B> Ohsan-Bellepeau a accordé le bénéfice du doute à Roland Armoogum. Il a été lavé de tout blâme dans l?affaire de complot en vue d?assassiner l?architecte Jacques Hyacinthe Joseph Wiehé. Le jugement a été prononcé en cour intermédiaire hier matin.

Il était reproché à l?homme d?affaires d?avoir donné des instructions à feu Bahim Coco et Afzal Chummun, deux membres de ?l?escadron de la mort?, afin de tuer l?architecte Jacques Wiehé dans son bungalow à Poste-Lafayette. Le complot aurait été ourdi en février 2000 alors que la fusillade a eu lieu en août de la même année.

Le magistrat fait ressortir qu?il ne serait pas prudent de se fier aux seules déclarations d?Afzal Ali Chummun, témoin principal dans l?affaire. Selon la cour, ces témoignages sont remplis de contradictions et peu fiables.

Dans la soirée du 17 août 2000, la famille Wiehé dînait dans son bungalow à Poste-Lafayette quand soudain retentissent des coups de feu. Johann Wiehé, fils de Jacques Wiehé, est touché lors de l?attaque.

Le père Wiehé a soutenu à la barre qu?il connaissait Roland Armoogum sous le nom de Rowland Bobat et qu?il lui avait loué un bungalow à Poste- Lafayette. Il a aussi fait ressortir qu?il a rencontré Armoogum après l?incident du 17 août. Ce dernier l?aurait alors informé que c?était lui, Jacques Wiehé, qui était la cible de la fusillade et non son fils.

Ce n?est qu?au mois de janvier 2001 que l?architecte devait apprendre, à travers un article de presse, que la véritable identité de Rowland Bobat était Roland Armoogum.

Quatre versions pour un meurtre

Dans son jugement, la cour souligne que la poursuite s?est basée sur le seul témoignage d?Afzal Ali Chummun pour mener cette affaire. Cet ex-membre de ?l?escadron de la mort? et ex-élément de la police, avait participé à la tentative d?assassinat contre Jacques Wiehé. Il avait même admis avoir tiré des coups de feu lors de cet attentat manqué.

Dans ses témoignages en cour, Afzal Chummun a donné pas moins de quatre versions pour expliquer pourquoi Armoogum avait demandé à Bahim Coco et lui-même de tuer l?architecte Jacques Wiehé. La première raison est que Wiehé était en possession d?une mallette pleine d?argent ; la deuxième est qu?Armoogum voulait s?approprier le bungalow de Wiehé ; la troisième est qu?une organisation sud-africaine souhaitait la mort de l?architecte ; enfin la dernière raison est que Wiehé était un ennemi de l?Islam.

?Les témoignages de Chummun sont inconsistants et remplis de contradictions. Le fait qu?il ait également avoué avoir menti à la police le discrédite en tant que témoin. Chummun faisait partie de ?l?escadron de la mort? alors même qu?il appartenait à la force policière?, souligne le magistrat.

C?est dans sa troisième déposition à la police qu?il a mentionné le nom d?Armoogum et ce n?est que dans sa sixième déposition qu?il se corrige afin de soutenir que le complot a eu lieu en février 2000.

Concernant la date de l?attentat manqué, Chummun avait dans un premier temps laissé entendre que Bahim Coco avait donné des instructions pour que la fusillade ait lieu fin juillet 2000. Il a ajouté ensuite que c?est Armoogum qui a donné les instructions une semaine avant le 17 août 2000.

?Il serait donc très imprudent de se fier à des déclarations aussi contradictoires venant d?un tel témoin. Ce dernier a rectifié ses versions à la police à maintes reprises et a lui-même admis, sous serment, être un criminel, un complice et un menteur. Dans ces circonstances, j?accorde le bénéfice du doute à Armoogum?, a déclaré le magistrat en prononçant l?acquittement.

Publicité