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Roger, bien reçu !
Dimanche, Andy Roddick, ?Arodd? pour ses supporters américains, le colosse US aux bras comme des battoirs et à l?engagement supersonique, a baissé la tête en un signe d?allégeance à peine voilé à son vainqueur du jour, Roger Federer. Pour la septième fois en huit confrontations face au joueur suisse, Roddick était contraint d?endosser le costume du vaincu. Contraint et plus que jamais... forcé.
Un an après sa victoire en finale de ce même Masters Series du Canada, titre sur la route duquel il avait dominé Federer en demi-finale ? sa seule et unique victoire à ce jour face au Suisse ? l?Américain ne peut aujourd?hui que constater son impuissance face à l?extraordinaire domination exercée par son rival suisse. Et la naissance d?un complexe du numéro un US face au Suisse semble cette fois bien réel...
<B>Comme Borg ! </B>
A la veille de ses 23 ans ? il pourrait les fêter dimanche prochain en finale du Masters Series de Cincinnati ? Roger Federer impose sur le circuit un joug digne des plus grands maîtres du jeu. Auteur dimanche face à Roddick de sa 23e victoire de rang, le récent vainqueur de Wimbledon repousse cette saison un peu plus loin chaque semaine les limites de ses capacités. Au point de faire tomber records et autres chiffres vertigineux. Ce succès à Toronto fait simplement de Federer le premier joueur depuis Borg en 1979 à glaner quatre titres de rang trois surfaces différentes.
Et à voir Roddick, qui apparaissait jusqu?à dimanche après sa formidable résistance de Wimbledon comme le seul interlocuteur en mesure de rivaliser avec le Suisse, Federer balayer en deux sets l?Américain, ex-roi de la tournée d?été américaine conclue la saison dernière sur le titre à l?US Open, les perspectives font froid dans le dos.
Federer pouvait bien tout au long de son parcours canadien cette semaine avoir étaler ici des sautes de concentration face à Arazi, là un agacement inhabituel face à Santoro ou un réel coup de moins bien en demi-finale face au revenant Johansson, sa capacité à évoluer à son meilleur niveau en finale laisse rêveur. Chemin bien inverse pour un Roddick redoutable pour rejoindre la finale mais plus traqueur que jamais sur les points essentiels de ce duel face au numéro un mondial. A l?image de ses trois balles de break obtenues à quatre jeux partout dans le premier set et non converties ou plutôt effacées par les trois aces d?un Federer décidé à répliquer par l?arme préférée de son adversaire. Le Suisse, lui, ne tremblait pas pour profiter de la baisse de régime de Roddick sur son engagement et conclure la première manche (7-5).
<B>Effrayante désinvolture</B>
L?ace que claquait le Suisse pour repousser dès l?entame du second set une balle de break n?indiquait rien de bon. Et à trois jeux partout, un Federer colossal déballait un sublime jeu blanc, sept points d?affilée pour mener 4 jeux à 3, 40-0 sur le service malmené comme jamais de Roddick. Sous le choc, le central de Toronto pouvait s?enflammer pour une volée grandiose de l?Américain qui sauvait la deuxième balle de break mais rien, ni personne ne pourrait quoi que ce soit sur la troisième convertie sur un passing infernal.
A 5 jeux à 3, service à suivre, avec un bilan de 14 aces à son actif dimanche contre seulement quatre pour sa victime, le roi Federer pouvait conclure en douceur cette mise au pas du dernier de ses contestataires. La balle de match, un revers qui crucifiait Roddick, pourtant auteur d?une attaque lourde et profonde dont il a le secret, avait par sa désinvolture et sa facilité des allures d?écrasante chape de plomb (7-5, 6-4). Non content d?avoir rejoint Borg à Toronto, c?est un autre monstre du jeu que Federer tentera de rejoindre lundi, à Cincinnati: Sampras et ses 24 victoires consécutives conquises en 1999. Le successeur est là!
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