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Contrat pétrolier de Rs 30 milliards
Les échanges entre le CEO de MMG et Jugnauth-Gobin-Ganoo scrutés
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Contrat pétrolier de Rs 30 milliards
Les échanges entre le CEO de MMG et Jugnauth-Gobin-Ganoo scrutés
Pravind Jugnauth, Maneesh Gobin et Alan Ganoo sont appelés à s’expliquer sur le contrat pétrolier attribué à MMG par la STC.
L’enquête de la Financial Crimes Commission (FCC) sur le contrat pétrolier conclu entre la State Trading Corporation (STC) et Mercantile & Maritime Group (MMG) connaît une nouvelle étape avec la convocation de trois membres de l’ancien régime : Pravind Jugnauth, ancien Premier ministre (PM), Maneesh Gobin, ancien Attorney General et ancien ministre de l’Agroindustrie, ainsi qu’Alan Ganoo, ancien ministre du Transport et des Affaires étrangères.
Les trois anciens PM et ministres sont appelés à fournir des explications aux enquêteurs sur les circonstances entourant certaines démarches liées au groupe MMG, notamment les échanges ayant eu lieu avec son fondateur et Chief Executive Officer (CEO), Murtaza Ali Lakhani.
La FCC cherche notamment à établir la chronologie des événements ayant précédé l’accord conclu entre la STC et MMG, ainsi que le rôle joué par les différents intervenants publics et privés dans ce dossier.
Murtaza Ali Lakhani au cœur de l’enquête
Parmi les éléments examinés par les enquêteurs figure également le déplacement effectué à Maurice par Murtaza Ali Lakhani. Sa venue sur le sol mauricien et les rencontres qu’il aurait eues avec plusieurs représentants des autorités constituent un volet important des investigations.
La FCC tente de comprendre les raisons précises de cette visite, son contexte ainsi que la nature des discussions qui auraient eu lieu avec les responsables gouvernementaux de l’époque. Les enquêteurs cherchent notamment à déterminer si cette rencontre s’inscrivait uniquement dans le cadre de démarches commerciales liées au secteur énergétique ou si elle comportait d’autres enjeux nécessitant des éclaircissements.
Selon les éléments actuellement examinés, cette rencontre aurait eu lieu alors que Pravind Jugnauth occupait le poste de PM. Des membres de son gouvernement, dont Maneesh Gobin et Alan Ganoo, font également partie des personnalités appelées à donner leur version des faits.
Le groupe MMG, actif dans le commerce international de produits énergétiques, avait été retenu dans le cadre d’un contrat d’approvisionnement en produits pétroliers avec la STC. Cet accord, évalué à environ Rs 30 milliards, est aujourd’hui au centre des vérifications de la FCC. Les enquêteurs analysent actuellement différents documents administratifs, échanges de correspondances et éléments recueillis afin de déterminer les circonstances exactes ayant entouré la mise en place de ce contrat.
Vive réaction du côté du MSM
Les convocations de Pravind Jugnauth, Maneesh Gobin et Alan Ganoo interviennent après plusieurs mois d’investigations. L’ancien ministre des Finances, Renganaden Padayachy, ainsi que l’ancien ministre du Travail, Soodesh Callichurn, avaient déjà été arrêtés dans le cadre de cette affaire et entendus par la FCC sous une accusation provisoire de public official using office for gratification.
Du côté du Mouvement socialiste militant (MSM), ces nouvelles convocations ont provoqué une vive réaction. La direction du parti a dénoncé le calendrier choisi par la FCC, estimant que le timing des auditions intervient alors qu’un rassemblement politique est prévu le mercredi 29 juillet à Flacq.
Pravind Jugnauth avait déjà affirmé, il y a un mois, qu’il estimait faire l’objet d’une persécution politique. De son côté, Maneesh Gobin, également secrétaire général du MSM, a tenu des propos particulièrement sévères à l’égard de la procédure. Il a notamment comparé la manière dont les convocations ont été émises aux méthodes de la Gestapo, la police politique de l’Allemagne nazie entre 1933 et 1945.
L’ancien Attorney General a également critiqué la chronologie des événements, estimant que la proximité entre les convocations et les activités politiques du MSM soulevait des interrogations. «Samedi 18 juillet : réunion au Sun Trust pour décider de l’organisation du grand meeting à Flacq. Décision prise et date du mercredi 29 juillet confirmée. Lundi 20 juillet : la FCC expédie par voie ‘express’ les convocations au leader et au secrétaire général du MSM. Mercredi 22 juillet : réception des convocations par la poste, contre signatures confirmant leur réception. Convocation pour le jeudi 23 juillet.»
«Aucun agenda politique»
Malgré les critiques formulées par le MSM, la FCC a tenu à clarifier sa position dans l’enquête en cours. Dans un communiqué émis hier, l’organisme anticorruption affirme agir en toute indépendance et rejette toute allégation laissant entendre que ses actions seraient dictées par des considérations politiques.
Selon la FCC, l’évolution de l’enquête ainsi que les éléments recueillis au cours des auditions et des investigations ont conduit les enquêteurs à examiner le rôle présumé de plusieurs anciens responsables gouvernementaux dans le processus ayant mené à l’attribution de ce contrat. Dans ce contexte, des convocations ont été adressées, le lundi 20 juillet, aux trois membres de l’ancien gouvernement. Ces auditions s’inscrivent, précise la FCC, dans le cadre normal de l’enquête afin de recueillir leurs déclarations sur leurs responsabilités présumées dans cette affaire.
La commission souligne également que plus de 53 personnes ont déjà été entendues dans ce dossier, comprenant des témoins ainsi que des suspects. Elle rappelle que les investigations comportant des ramifications internationales nécessitent du temps et doivent être menées avec rigueur.
Pravind Jugnauth, Maneesh Gobin et Alan Ganoo avaient initialement été convoqués à comparaître devant la FCC le jeudi 23 juillet. Toutefois, leurs représentants légaux ont informé la commission, le mercredi 22 juillet, qu’ils n’étaient pas disponibles à cette date. Les auditions ont donc été reportées à une date ultérieure, qui sera fixée en fonction de leurs disponibilités.
Face aux critiques évoquant un éventuel calendrier politique derrière ces convocations, la FCC affirme avec fermeté que son action repose uniquement sur l’évolution de l’enquête et sur les procédures prévues par la loi. L’organisme anticorruption insiste ainsi sur le fait que ses décisions sont prises de manière indépendante, sans influence extérieure, avec pour seul objectif d’établir les faits dans cette affaire liée à un important contrat public.
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