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Rodrigues porteuse de valeurs
Rodrigues mo soley, chantera ce soir Hardy Meunier, sur la place du Caudan Waterfront à partir de 19 heures après un défilé de mode et un concert du raggaman rodriguais Snyper. Tout le week-end, à l?occasion du Festival de Rodrigues, le public est invité à reprendre ce refrain et découvrir ou redécouvrir les plaisirs et les beautés du 10e district.
Mise en bouche avec les délices épicés. Plusieurs stands du Festival proposent des mets typiques de Rodrigues, ourite grillée, (stock épuisé), piment ourite, achard limon, gâteau coco, confiture framboise et piment vert.
Il y a eu kidnapping d?ourite grillée et de piment ourite. Un vrai raz-de-marée. Au stand de Claire Izère, cuisinière bien connue, il ne reste quasiment plus rien, sinon du limon aigre-doux et un délicieux et frais jus de limon. Avec la chaleur torride de la journée, à Rs 10 le verre, on n?hésite pas une seconde.
<B>Piments, achards, ourite... </B>
Dans tous les autres stands, les connaisseurs ont déjà fait la razzia sur leurs ingrédients préférés, 3 000 pots vendus en deux jours de Festival, annonce Françoise Baptiste du comité organisateur. Mais de nouveaux stocks et de nouveaux produits de Rodrigues sont attendus pendant le week-end.
Danielle Meunier, également exposante, a aussi les mains vides. A l?occasion du Festival de Rodrigues, elle représente l?Association des artisans rodriguais et vend, pour le compte de l?association toutes sortes de variétés de piments. «Les gens ont préféré le piment ourite. Il n?y en a presque plus. Mais une nouvelle cargaison devrait arriver.»
Si Danielle vend ainsi du piment, l?une des spécialités rodriguaise, elle n?en consomme pourtant pas. Elle avoue en riant ne pas aimer les piments trop forts. «Enfin, un peu, mais pas trop fort. Je préfère les piments mélangés, les achards».
Sa spécialité à elle, c?est le travail du tissu. Originaire de Mont-Lubin, et travaillant à Port-Mathurin, elle fabrique toutes sortes de produits en tissu, des fleurs, des poupées, des sacs en tissus, des couvre-lits.
Côté artisanat, on retrouve aussi un stand de produits réalisés avec des cocos et les célèbres et indispensables chapeaux de paille, l?idéal pour se balader au Caudan, pendant le Festival de Rodrigues. «Cela protège du soleil et donne un look sympa,» argumente Arlette
<B>Colette, la fabricante. </B>
Habitante de L?Union, elle vit de ses paniers et chapeaux de paille d?aloès, de vétiver et de vacoas depuis 12 ans. «Ce que je préfère, c?est le chapeau vacoas. C?est le plus simple, le plus nature». L?espace d?un week-end, on retrouve justement la nature de Rodrigues, un vent chaud, un calme magique et des sourires de tous les côtés.
<B>De père en fils</B>
Les Rodriguais installés à Maurice viennent prendre des nouvelles de la famille. Les Mauriciens ayant eu la chance de visiter Rodrigues profitent du week-end pour goûter encore aux délices de l?île. D?autres Mauriciens viennent découvrir la culture rodriguaise et ses traditions si bien perpétuées. La culture se partage et se transmet. Les enfants apprennent les traditions des anciens avec une grande attention. La culture rodriguaise ne s?est jamais perdue et c?est aussi cette qualité que les artistes et artisans font découvrir. Marie Stéphanie Tolbize, habitante de Pointe-Tortues, propose des confitures et des achards. Elle a beaucoup appris de sa mère et après l?école, elle a suivi un cours et s?est lancée dans la production depuis deux ans. Elle a même une boutique à elle. La transmission de ces traditions est encore plus évidente avec la musique et les deux groupes rodriguais présents assurant l?animation chaque jour.
Doyal Edouard, musicien et coordonnateur des groupes, vient nous présenter les deux groupes, Ambiance Tropicale et Etoile Rouge.
Ce dernier groupe est essentiellement formé d?enfants, âgés entre 8 et 14 ans. «C?est important pour nous d?inculquer notre culture aux enfants. On a par exemple des écoles d?accordéon?» explique Doyal Edouard.
La musique de Rodrigues a su rester la même, ne subissant aucune des influences étrangères, européennes ou américaines. Les Rodriguais sont particulièrement fiers de leur musique, plus spécialement de leur séga Tambour, typiquement rodriguais. Il y a l?accordéon diatonique, du temps des colons et qui met encore et toujours l?ambiance dans les bals du dimanche. Il y a les ravanes et les tambours. Et un nouvel instrument, inventé par Tino. «C?est un bambou trois sons, pour encourager le tambour,» dit Tino Samoisy, de Ambiance Tropicale.
Il met aussi l?accent sur les instruments utilisés. Pas de synthé ou boîtes musicales. Tout est typique, tout est vrai, «à la manière de nos ancêtres».
Et la relève suit le mouvement. A l?affiche du Festival, Etoile Rouge, un groupe d?enfants qui poursuivent l??uvre de leurs aînés.
Joseph Sidney Sainte Marie, 27 ans, dirige cet ensemble et explique que les enfants sont prêts à prendre la relève. Ils sont déjà très intéressés et maîtrisent bien les danses traditionnelles.Tous sont ravis de l?accueil qui leur est accordé. Hier midi, au Caudan, les applaudissements ne se font pas attendre. Les musiciens mettent l?ambiance au son de l?accordéon, font une démonstration avant d?inviter le public à danser. L?île Maurice a, ce week-end, un petit air de Rodrigues. Enchanteur.
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